Paris, 19 février 1924
Cher Monsieur,
J’ai encore mis un peu de retard à répondre à votre dernière lettre, mais vous avez bien dû penser, en ne recevant rien de moi, que je n’avais aucune objection à faire contre la traduction que vous m’indiquiez pour le passage dont nous avions parlé. Je trouve même que ce que vous avez ajouté est tout à fait bien, et qu’ainsi cela ne pourra soulever aucune difficulté.
Il faut espérer que vos ennuis et vos retards pour le transport du papier et l’impression vont être bientôt terminés, et que le premier numéro pourra enfin paraître avant la fin de ce mois. Je vois que c’est partout la même chose : pour mon livre, je croyais pouvoir compter qu’il paraîtrait le 15 février, d’après la promesse que m’avait faite l’éditeur, mais j’ai revu celui-ci il y a quelques jours, et il paraît que maintenant c’est encore remis au 1er mars ! Sera-ce au moins cette fois la date définitive?
Bien que je ne sache pas assez l’italien pour l’écrire d’une façon correcte, je le comprends et le lis très couramment ; je pourrai donc prendre connaissance de tout ce qui sera publié dans “Atanòr”.
Je pense avoir quelques notes sur l’ésotérisme de Dante ; si cela est susceptible de vous intéresser comme je le pense, je pourrai les mettre en ordre et les développer quand j’aurai un peu de temps libre, et vous les envoyer ensuite.
Hélas! ce n’est pas cette année encore que nous pouvons songer à aller en Italie ; les voyages sont trop coûteux en ce moment. Mais Mikulski, de son côté, nous avait fait espérer, dans la lettre qu’il avait écrite à Faugeron, qu’il aurait peut-être bientôt l’occasion de venir à Paris ; en a-t-il toujours le projet ? Quand vous le reverrez, vous serez bien aimable de lui dire que, quoique j’aie de ses nouvelles par vous, je compte bien qu’il ne tardera pas trop à m’en redonner directement.
Recevez, cher Monsieur, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
René Guénon
Париж, 19 февраля 1924 г.
(перевод на русский язык отсутствует)