Paris, 13 janvier 1924
Cher Monsieur,
Je ne veux pas, cette fois, être si longtemps avant de vous répondre, d’autant plus que je vois que vous avez l’intention de commencer très prochainement la publication de votre Revue. Je me rends bien compte qu’il me serait tout à fait impossible de préparer quelque chose en temps voulu, mais la proposition que vous me faites vient heureusement me tirer d’embarras. J’accepte donc bien volontiers que vous donniez, pour commencer, une traduction de mon article sur “l’enseignement initiatique” ; je crois qu’il n’y aura aucun inconvénient à supprimer toute indication de date et de provenance, car il n’est pas utile que les lecteurs sachent que c’est un article déjà ancien et qui n’a pas été écrit spécialement pour la Revue.
D’une façon générale, il me semble que le mieux sera que vous fassiez la traduction des articles comme vous me l’offrez ; s’ils étaient publiés en français, il y aurait sans doute trop de lecteurs qui ne comprendraient pas entièrement.
Je tiens à vous redire encore combien je vous approuve de faire une revue entièrement indépendante, et aussi d’être bien décidé, comme je le vois, à écarter tous les éléments peu sérieux et peu intéressants. Je veux aussi vous remercier de votre aimable intention de publier une étude sur mes ouvrages.
Je n’ai pas reçu de lettre de Mikulski ; s’il l’a envoyée à une autre adresse, il est bien probable qu’elle ne me parviendra pas, et je le regrette vivement, car j’aurais été heureux de recevoir de ses nouvelles directement. Lorsque vous aurez l’occasion de le revoir, vous serez bien aimable de le lui dire et de lui transmettre, à lui aussi, toutes mes amitiés. Je me permettrai même, si ce n’est abuser de votre obligeance, de vous donner encore une autre commission pour lui : notre ami Faugeron, qui était toujours resté en correspondance assez suivie avec lui, et qui n’a plus reçu aucune lettre depuis longtemps déjà, et il craint d’avoir oublié de lui faire connaître sa nouvelle adresse lorsqu’il a changé de domicile, de sorte que peut-être des lettres se sont égarées ou ont été retournées. Voici donc l’adresse actuelle de Faugeron : 29, quai d’Anjou (IVe
) ; voudrez-vous bien la donner à Mikulski en lui disant que lui aussi serait très content d’avoir de ses nouvelles ? Et vous pourrez lui dire en même temps que, quant à moi, mon adresse n’a jamais changée, et qu’elle est bien exactement celle où vous m’avez écrit.
Merci d’avance, cher Monsieur, et veuillez croire à mes sentiments très distingués.
René Guénon
P.S. Le dernier numéro de la “Gnose” qui ait paru est bien celui de Février 1912.
Париж, 13 января 1924 г.
(перевод на русский язык отсутствует)