Blois, 18 septembre 1926
Cher Monsieur et ami,
Voilà déjà quelque temps que je voulais, quand j’ai reçu votre lettre, vous écrire d’abord pour vous dire combien nous avions été heureux des bons moments passés avec vous, et ensuite pour vous donner la traduction de la phrase grecque dont j’avais pris note et que vous me rappelez ; mais, depuis notre retour ici, j’ai été très pris par mes leçons et n’ai pu arriver à m’occuper d’autre chose, si ce n’est, ces deux ou trois derniers jours, de la préparation d’un article pour “Regnabit”.
La phrase en question est très claire, à part un seul mot, φλάμουρων, que je n’ai pas pu trouver dans le dictionnaire ; il n’y a même rien qui y ressemble de près ou de loin, si bien que je me demande s’il n’y aurait pas là une erreur de lecture ; êtes-vous sûr du texte, et, sinon, vous serait-il possible de vérifier ? Il se peut aussi qu’il s’agisse d’un terme n’existant pas dans la langue classique, et, en ce cas, je me demande où on pourrait bien en trouver la signification.
Pour le reste, voici la traduction mot à mot, avec la transcription du grec en caractères latin :
to phlamouronle ?basilikonroyalsunêtheshabituelêtoilsavoir (ou c’est-à-dire)ton stauronla croixmetaavecpurekbolôndes briquets
(Meta signifie “avec” quand il est suivi du génitif comme ici, tandis qu’il signifie “au delà” quand il est suivi de l’accusatif.)
Je traduis πυρεχβόλα par “briquets”, qui est évidemment le sens qui convient ici ; la traduction littérale du mot serait “lance-feu”. Ce sens de “briquet” ne figure pas dans le dictionnaire, qui donne seulement : πυρεχβόλα ou πυροβόλα…
Блуа, 18 сентября 1926 г.
(перевод на русский язык отсутствует)