Février 1931
Février 1931 – Dans la Revue Caodaïste (n° de septembre), nous voyons que, outre la secte dont elle est l’organe, plusieurs autres (Minh-Ly, Minh-Tân, Min-Thiên), en Indo-Chine également, sont « nées du spiritisme depuis ces dernières années ». Nous savons d’autre part que, en Chine et au Japon, quelques religions bizarres ont aussi vu le jour sous l’influence d’idées occidentales ; où ce désordre s’arrêtera-t-il ? Le numéro d’octobre nous prouve d’ailleurs à quel point les « Caodaïstes » sont occidentalisés : il contient un article sur Quan-An, fait entièrement d’après des orientalistes européens, et un autre très bref sur le Tao, où les citations de Lao-Tseu sont tirées de la moins sérieuse de toutes les traductions françaises ! – Nous avons entre les mains les premiers numéros du Bulletin des Polaires, qui a commencé à paraître en mai dernier ; leur contenu est parfaitement insignifiant, et si c’est là le résultat de communications avec des « grands initiés » de l’Himâlaya ou d’ailleurs, c’est plutôt pitoyable. Nous n’en aurions même pas parlé si nous n’avions appris qu’on a, dans cette organisation, une fâcheuse tendance à invoquer notre nom comme recommandation auprès des personnes qu’on veut y attirer, et ceci nous oblige à mettre les choses au point. En fait, nous avons quelque peu suivi les manifestations de la méthode divinatoire dite « oracle de force astrale » en un temps où il n’était nullement question de fonder un groupement basé sur les « enseignements » obtenus par ce moyen ; comme il y avait là des choses qui semblaient assez énigmatiques, nous avons tâché de les éclaircir en posant certaines questions d’ordre doctrinal, mais nous n’avons reçu que des réponses vagues et échappatoires, jusqu’au jour où une nouvelle question a enfin amené, au bout d’un temps d’ailleurs fort long en dépit de notre insistance, une absurdité caractérisée ; nous étions dès lors fixé sur la valeur initiatique des hypothétiques inspirateurs, seul point intéressant pour nous dans toute cette histoire. C’est précisément, si nous nous souvenons bien, dans l’intervalle qui s’est écoulé entre cette dernière question et la réponse qu’il a été parlé pour la première fois de constituer une société affublée du nom baroque de « Polaires » (si l’on peut parler de « tradition polaire » ou hyperboréenne, on ne saurait sans ridicule appliquer ce nom à des hommes, qui, au surplus, ne paraissent connaître cette tradition que par ce que nous en avons dit dans nos divers ouvrages) ; nous nous sommes formellement refusé, malgré maintes sollicitations, non seulement à en faire partie, mais à l’approuver ou à l’appuyer d’une façon quelconque, d’autant plus que les règles dictées par la « méthode » contenaient d’incroyables puérilités. Nous avons appris depuis lors que les quelques personnes sérieuses qui avaient tout d’abord donné leur adhésion n’avaient pas tardé à se retirer ; et nous ne serions pas surpris si tout cela finissait pas sombrer dans le vulgaire spiritisme. Nous regrettons que quelques-unes des idées traditionnelles que nous avons exposées dans Le Roi du Monde soient mêlées dans cette affaire, mais nous n’y pouvons rien ; quant à la « méthode » elle-même, si l’on a lu ce que nous avons écrit plus haut sur la « science des lettres », on pourra facilement se rendre compte qu’il n’y a là rien d’autre qu’un exemple de ce que peuvent devenir des fragments d’une connaissance réelle et sérieuse entre les mains de gens qui s’en sont emparés sans y rien comprendre.
Февраль 1931 г.
(перевод на русский язык отсутствует)