Mars 1938
Mars 1938 Upton Sainclair. Comment je crois en Dieu. Traduit de l’anglais par Henri Delgove et R. N. Raimbault. (Éditions Adyar, Paris). – La conception « religieuse » de l’auteur, qu’on ne peut d’ailleurs, consentir à appeler ainsi qu’à la condition de spécifier qu’il s’agit de simple « religiosité » et non de religion proprement dite, cette conception, disons-nous, est, au fond, un mélange assez typiquement américain d’« idéalisme » et de « pragmatisme » : il éprouve le besoin de croire à un « idéal », ce qui est bien vague, et, en même temps, il veut que cet « idéal », qu’il convient d’appeler « Dieu » tout en avouant qu’il ne sait pas ce que celui-ci est véritablement, lui « serve » pratiquement en toute sorte de circonstances ; il doit lui servir notamment, semble-t-il, à se guérir quand il est malade, car les histoires de « guérisons mentales » et de « religions guérisseuses » occupent dans le livre une place particulièrement importante (remarquons à ce propos que la « formation » d’Émile Coué n’était peut-être pas si différente qu’il le croit de celle de Mme Baker Eddy, car, fait qu’il ignore probablement, Émile Coué, avant de fonder sa propre école d’« autosuggestion », avait été le disciple de Victor Segno et des « mentalistes » américains, qui ont bien des points communs avec la Christian Science). Par son côté « idéaliste », cette façon de voir se rattache manifestement à ce que nous avons appelé le « psychologisme », car il est évident que la valeur ou l’efficacité d’un « idéal » comme tel ne peut être que purement psychologique (et d’ailleurs il pousse cette tendance jusqu’à vouloir expliquer psychologiquement, en les assimilant à de simples suggestions, des faits qui appartiennent au domaine de la magie ou de la sorcellerie) ; mais, par surcroît, comme il arrive trop souvent aujourd’hui en pareil cas, il y intervient aussi bien des éléments qui relèvent d’un « psychisme » assez suspect, puisque, au fond, il s’agit surtout, en tout cela, de faire appel au « subconscient », en quoi l’auteur ne fait d’ailleurs que suivre William James, son maître en « pragmatisme » ; il est tout disposé à attribuer à des phénomènes psychiques tels que la télépathie et la clairvoyance, une valeur « spirituelle », ce qui est une bien fâcheuse illusion ; et l’on peut même se demander si, en définitive, ce qu’il « déifie » n’est pas tout simplement son propre subconscient… – Il y a dans la traduction quelques fautes de langage vraiment bizarres : ainsi, les cellules du cerveau sont en réalité des cellules « cérébrales », et non pas « cervicales », ce qui veut dire des cellules du cou ; et « sectataire » est un assez joli barbarisme, apparemment formé par une confusion de « sectateur » avec « sectaire » !
Март 1938 г.
(перевод на русский язык отсутствует)