Janvier 1938
Janvier 1938 Vladimir Pozner. Le Mors aux dents. (Éditions Denoël, Paris). – Ce livre est un récit « romancé » et très « poussé au noir » par un évident esprit d’hostilité partisane, de la carrière mouvementée du baron von Ungern-Sternberg, dont il avait été déjà question autrefois, sous un aspect différent du reste, dans l’ouvrage de M. Ferdinand Ossendowski, Bêtes, Hommes et Dieux. Ce qui est vraiment assez curieux, c’est que l’existence même du personnage fut alors mise en doute par certains, et que la même chose s’est reproduite encore cette fois ; il appartenait cependant à une famille balte très connue, et apparentée à celle du comte Hermann Keyserling, dont une lettre est d’ailleurs reproduite dans le présent livre. Il peut n’être pas sans intérêt, pour ceux qui auront eu connaissance de celui-ci, de remettre un peu les choses au point et d’élucider une histoire qui semble avoir été obscurcie à plaisir ; nous citerons donc à ce propos, comme étant ce qui nous paraît en donner l’idée la plus juste, les principaux passages de lettres écrites en 1924, par le major Antoni Alexandrowicz, officier polonais qui avait été, comme commandant de l’artillerie mongole, sous les ordres directs du baron von Ungern-Sternberg en 1918 et 1919 :
« Le baron Ungern était un homme extraordinaire, une nature très compliquée, aussi bien au point de vue psychologique qu’au point de vue politique. Pour donner d’une façon simple ses traits caractéristiques, on pourrait les formuler ainsi : 1° il était un adversaire acharné du bolchévisme, dans lequel il voyait un ennemi de l’humanité entière et de ses valeurs spirituelles ; 2° il méprisait les Russes, qui à ses yeux avaient trahi l’Entente, ayant rompu pendant la guerre leur serment de fidélité envers le tsar, puis envers deux gouvernements révolutionnaires, et ayant accepté ensuite le gouvernement bolchéviste ; 3 ° il ne tendait guère la main à aucun russe, et il fréquentait seulement les étrangers (et aussi les Polonais, qu’il estimait à cause de leur lutte contre la Russie) ; parmi les Russes, il préférait les gens simples aux intellectuels, comme étant moins démoralisés ; 4° c’était un mystique et un Bouddhiste ; il nourrissait la pensée de fonder un ordre de vengeance contre la guerre ; 5° il envisageait la fondation d’un grand empire asiatique pour la lutte contre la culture matérialiste de l’Europe et contre la Russie soviétique ; 6° il était en contact avec le Dalaï-Lama, le « Bouddha vivant » et les représentants de l’Islam en Asie, et il avait le titre de prêtre et de Khan mongol ; 7° il était brutal et impitoyable comme seul un ascète et un sectaire peut l’être ; son manque de sensibilité dépassait tout ce qu’on peut imaginer, et semblerait ne pouvoir se rencontrer que chez un être incorporel, à l’âme froide comme la glace, ne connaissant ni la douleur, ni la pitié, ni la joie, ni la tristesse ; 8° il avait une intelligence supérieure et des connaissances étendues ; il n’y avait aucun sujet sur lequel il ne put donner un avis judicieux ; d’un coup d’œil, il jugeait la valeur d’un homme qu’il rencontrait… Au début de juin 1918, un Lama prédit au baron Ungern qu’il serait blessé à la fin de ce même mois, et qu’il trouverait sa fin après que son armée serait entrée en Mongolie et que sa gloire se serait étendue sur le monde entier. Effectivement, à l’aube du 28 juin, les bolchévistes attaquèrent la station de Dauria… et le baron fut blessé d’une balle au côté gauche, au-dessus du cœur. En ce qui concerne sa mort également, la prédiction s’est réalisée : il mourut au moment où la gloire de sa victoire emplissait le monde entier ».
La dernière phrase est peut-être excessive, à en juger par les discussions auxquelles nous faisions allusion au début ; mais ce qui paraît certain, c’est qu’il ne fut nullement capturé par les bolchévistes et que, quoique très jeune encore, il mourut de mort naturelle, contrairement à la version de M. Vladimir Pozner. Les lecteurs de celui-ci pourront voir aussi, d’après ces indications authentiques, si un personnage de cette sorte put n’être au fond, comme il l’insinue, qu’un simple agent au service du Japon, ou s’il ne fut pas plus vraisemblablement mû par des influences d’un tout autre ordre ; et nous ajouterons encore, à ce propos, qu’il n’était pas précisément ce qu’on pourrait appeler un « néo-bouddhiste », car, d’après des informations que nous avons eues d’une autre source, l’adhésion de sa famille au Bouddhisme remontait à la troisième génération. D’autre part, on a signalé récemment que des phénomènes de « hantise » se produisaient au Château d’Ungern ; ne s’agirait-il pas de quelque manifestation de « résidus psychiques » en connexion plus ou moins directe avec toute cette histoire ?
I Protocolli dei Savi Anziani di Sion. Versione italiana con appendice e introduzione. (La Vita Italiana, Roma). – La traduction italienne des fameux Protocoles des Sages de Sion, publiée en 1921, par le Dr Giovanni Preziosi, directeur de la Vita Italiana, vient d’être rééditée avec une introduction de M.-J. Evola, qui essaie de mettre un peu d’ordre dans les interminables discussions auxquelles ce « texte » a donné et donne encore lieu, en distinguant deux questions différentes et qui ne sont pas nécessairement solidaires, celle de l’authenticité et celle de la « véridicité », dont la seconde serait, selon lui, la plus importante en réalité. L’authenticité n’est guère soutenable, pour de multiples raisons que nous n’examinerons pas ici ; à cet égard, nous appellerons l’attention sur un point qu’on paraît ne pas prendre suffisamment en considération, et qui pourtant est peut-être le plus décisif : c’est qu’une organisation vraiment et sérieusement secrète, quelle qu’en soit d’ailleurs la nature, ne laisse jamais derrière elle de documents écrits. D’autre part, on a indiqué les « sources » auxquelles de nombreux passages des Protocoles ont été empruntés à peu près textuellement : le Dialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu, de Maurice Joly, pamphlet dirigé contre Napoléon III et publié à Bruxelles, en 1865, et le discours attribué à un rabbin de Prague dans le roman Biarritz, publié en 1868, par l’écrivain allemand Hermann Goedsche sous le pseudonyme de sir John Retcliffe. Il y a encore une autre « source » qui, à notre connaissance, n’a jamais été signalée : c’est un roman intitulé Le Baron Jéhova, par Sidney Vigneaux, publié à Paris en 1886, et dédié, ce qui est assez curieux, « au très gentilhomme A. de Gobineau, auteur de l’Essai sur l’inégalité des races humaines, entré au Walhalla le 13 octobre 1882 ». Il est à noter aussi que, d’après une indication donnée dans les Mémoires d’une aliénée, de Mlle Hersilie Rouy, publiés par E. Le Normant des Varannes (Paris, 1886, pp. 308-309), Sidney Vigneaux était, ainsi que ce dernier, un ami du Dr Henri Favre, dont nous avons parlé plus haut ; il s’agit là d’une étrange histoire où apparaît également le nom de Jules Favre, qu’on retrouve d’ailleurs mêlé à tant de choses du même genre qu’il est difficile de n’y voir qu’une simple coïncidence… Il se trouve dans Le Baron Jéhova (pp. 59 à 87) un soi-disant « Testament d’Ybarzabal » qui présente des similitudes tout à fait frappantes avec les Protocoles, mais avec cette particularité remarquable que les Juifs y apparaissent seulement comme l’instrument d’exécution d’un plan qui n’a été ni conçu, ni voulu par eux. On a noté encore des traits de ressemblance avec l’introduction du Joseph Balsamo, d’Alexandre Dumas, bien qu’ici il ne soit plus aucunement question des Juifs, mais d’une assemblée maçonnique imaginaire ; nous ajouterons que cette assemblée n’est pas non plus sans rapport avec le « Parlement » pseudo-rosicrucien décrit, à peu près exactement à la même date, par l’écrivain américain George Lippard dans Paul Ardenheim, the Monk of the Wissahickon, dont cette partie a été reproduite par le Dr Swinburn Clymer dans The Rosicrucian Fraternity in America. Il n’est pas douteux que tous ces écrits, sous leur forme plus ou moins « romancée », tirent en somme leur inspiration générale d’un même « courant » d’idées, que d’ailleurs leurs auteurs approuvent ou désapprouvent ces idées, et qu’en outre, suivant leurs tendances ou leurs préventions particulières, ils en attribuent à tort et à travers l’origine aux Juifs, aux Maçons ou à d’autres encore ; l’essentiel dans tout cela, en définitive, et ce qui, peut-on dire, en constitue l’élément de « véridicité », c’est l’affirmation que toute l’orientation du monde moderne répond à un « plan » établi et imposé par quelque organisation mystérieuse ; on sait ce que nous pensons nous-même à cet égard, et nous nous sommes déjà assez souvent expliqué sur le rôle de la « contre-initiation » et de ses agents conscients ou inconscients pour n’avoir pas besoin d’y insister davantage. À vrai dire, il n’était aucunement nécessaire d’être « prophète » pour s’apercevoir de ces chose à l’époque où les Protocoles furent rédigés, probablement en 1901, ni même à celle où remontent la plupart des autres ouvrages que nous venons de mentionner, c’est-à-dire vers le milieu du XIXe siècle ; alors déjà, bien qu’elles fussent moins apparentes qu’aujourd’hui, une observation quelque peu perspicace y suffisait ; mais ici nous devons faire une remarque qui n’est pas à l’honneur de l’intelligence de nos contemporains : si quelqu’un se contente d’exposer « honnêtement » ce qu’il constate et ce qui s’en déduit logiquement, personne n’y croit ou même n’y prête attention : si, au contraire, il présente les mêmes choses comme émanant d’une organisation fantaisiste, cela prend aussitôt figure de « document » et, à ce titre, met tout le monde en mouvement : étrange effet des superstitions inculquées aux modernes par la trop fameuse « méthode historique » et qui font bien partie, elles aussi, des suggestions indispensables à l’accomplissement du « plan » en question ! Il est encore à remarquer que, d’après l’« affabulation » des Protocoles eux-mêmes, l’organisation qui invente et propage les idées modernes, pour en arriver à ses fins de domination mondiale, est parfaitement consciente de la fausseté de ces idées : il est bien évident qu’en effet, il doit en être réellement ainsi, car elle ne sait que trop bien à quoi s’en tenir là-dessus ; mais alors il semble qu’une telle entreprise de mensonge ne puisse pas être, en elle-même, le véritable et unique but qu’elle se propose, et ceci nous amène à considérer un autre point qui, indiqué par M. Evola dans son introduction, a été repris et développé, dans le numéro de novembre de la Vita Italiana, dans un article signé « Arthos » et intitulé Transformazioni del « Regnum ». En effet, il n’y a pas seulement, dans les Protocoles, l’exposé d’une « tactique » destinée à la destruction du monde traditionnel, ce qui en est l’aspect purement négatif et correspondant à la phase actuelle des événements ; il y a aussi l’idée du caractère simplement transitoire de cette phase, et celle de l’établissement ultérieur d’un Regnum supra-national, idée qui peut être regardée comme une déformation de celle du « Saint Empire » et des autres conceptions traditionnelles analogues qui, comme le rappelle l’auteur de l’article, ont été exposées par nous dans Le Roi du Monde. Pour expliquer ce fait, « Arthos » fait appel aux déviations, allant même jusqu’à une véritable « subversion », que peuvent subir certains éléments, authentiquement traditionnels à l’origine, qui se survivent en quelque sorte à eux-mêmes, lorsque l’« esprit » s’en est retiré ; et il cite, à l’appui de cette thèse, ce que nous avons dit récemment ici au sujet des « résidus psychiques » ; les considérations qu’on trouvera d’autre part, sur les phases successives de la déviation moderne et sur la constitution possible, comme dernier terme de celle-ci, d’une véritable « contre-tradition », dont le Regnum dénaturé serait précisément l’expression dans l’ordre social, pourront peut-être contribuer encore à élucider plus complètement ce côté de la question qui, même tout à fait en dehors du cas spécial des Protocoles, n’est certes pas dépourvu d’un certain intérêt.
Январь 1938 г.
Владимир Познер. «Закусив удила» [Le Mors aux dents]. (Издательство Éditions Denoël, Париж). Эта книга представляет собой «романизированный» и, в силу очевидной партийной враждебности, и весьма «сгущающий краски» рассказ о бурной карьере барона фон Унгерн-Штернберга, о котором уже шла речь ранее, впрочем, в несколько ином ракурсе, в труде г-на Фердинанда Оссендовского «И звери, и люди, и боги». Действительно любопытно, что само существование прототипа героя тогда ставилось некоторыми под сомнение, и это же мы видим и здесь; тем не менее, он принадлежал к очень известной балтийской семье и состоял в родстве с семьей графа Германа Кейзерлинга, письмо которого, к тому же, приведено в книге. Для тех, кто с ней ознакомился, может быть небезынтересно несколько прояснить ситуацию и осветить историю, которая, кажется, была намеренно затемнена; поэтому мы приведем здесь, в качестве материала, который на наш взгляд даёт о нём наиболее точное представление, главные отрывки из писем, написанных в 1924 году майором Антонием Александровичем, польским офицером, который, будучи командиром монгольской артиллерии, находился под непосредственным командованием барона фон Унгерн-Штернберга в 1918 и 1919 годах:
«Барон Унгерн был человеком необычайным, натурой очень сложной как с психологической, так и с политической точки зрения. Дабы вкратце охарактеризовать его отличительные черты, их можно было бы сформулировать так: 1) он был яростным противником большевизма, в котором видел врага всего человечества и его духовных ценностей; 2) он презирал русских, которые, в его глазах, предали Антанту, нарушив во время войны клятву верности царю, затем двум революционным правительствам, а затем приняв большевистское правительство; 3) он почти никому из русских не подавал руки и общался только с иностранцами (а также с поляками, которых уважал за их борьбу против России); среди русских он предпочитал простых людей интеллектуалам, считая их менее деморализованными; 4) он был мистиком и буддистом; он вынашивал мысль об основании ордена мщения против войны; 5) он планировал создание великой азиатской империи для борьбы против материалистической культуры Европы и против советской России; 6) он поддерживал контакты с Далай-ламой, «живым Буддой» и представителями ислама в Азии, и носил титул жреца и монгольского хана; 7) он был жесток и безжалостен, как может быть только аскет и сектант; его бесчувственность превосходила все мыслимые пределы и, казалось бы, могла встретиться лишь у бестелесного существа с холодной как лед душой, не знающего ни боли, ни жалости, ни радости, ни грусти; 8) он обладал превосходным умом и обширными знаниями; не было вопроса, по которому он не мог бы высказать здравое суждение; с первого взгляда он оценивал достоинства человека, которого встречал… В начале июня 1918 года один лама предсказал барону Унгерну, что в конце того же месяца он будет ранен, и что конец его наступит после того, как его армия войдет в Монголию, а его слава распространится по всему миру. И действительно, на рассвете 28 июня большевики атаковали станцию Даурия… и барон был ранен пулей в левый бок, над сердцем. Что касается его смерти, то и это предсказание сбылось: он умер в тот момент, когда слава его победы заполняла весь мир».
Последняя фраза, возможно, преувеличена, судя по спорам, о которых мы упоминали в начале; но совершенно несомненно то, что он не был захвачен большевиками и будучи ещё очень молодым умер естественной смертью, вопреки версии г-на Владимира Познера. Из этих достоверных сведений читатели смогут также увидеть, мог ли персонаж подобного рода в действительности быть, как он намекает, обычным агентом на службе у Японии, или же им двигали влияния совершенно иного порядка; в этой связи мы добавим ещё, что он не был в строгом смысле тем, кого можно было бы назвать «необуддистом», ибо, согласно сведениям, полученным нами из другого источника, принадлежность его семьи к буддизму восходила к третьему поколению. С другой стороны, недавно сообщалось о призрачных явлениях в замке Унгерн; не идёт ли здесь речь о каком-то проявлении «психических остатков», находящихся в более или менее прямой связи с описываемыми событиями?
«Протоколы сионских мудрецов. Итальянская версия с дополнением и введением» [I Protocolli dei Savi Anziani di Sion. Versione italiana con appendice e introduzione]. (La Vita Italiana, Рим). Итальянский перевод знаменитых «Протоколов сионских мудрецов», опубликованный в 1921 г. д-ром Джованни Прециози, директором La Vita Italiana, недавно был переиздан с предисловием Юлиуса Эволы, который попытался внести некоторый порядок в нескончаемые дискуссии, которые этот «текст» вызывал и до сих пор вызывает, разделив при этом два различных и необязательно солидарных между собой вопроса — об «аутентичности» и о «правдивости», из которых второй, по его мнению, на самом деле является более важным. Подлинность поддерживать вряд ли возможно по множеству причин, которые мы не будем здесь рассматривать; в связи с этим мы обратим внимание на один момент, который, по-видимому, не принимают в достаточной степени в расчет, но который, тем не менее, является, пожалуй, самым решающим: некая действительно серьезная тайная организация, какова бы ни была её природа, никогда не оставляет после себя письменных документов. С другой стороны, были указаны «источники», из которых многие пассажи «Протоколов» были позаимствованы почти дословно: «Диалог в аду между Макиавелли и Монтескье» Мориса Жоли, памфлет, направленный против Наполеона III и опубликованный в Брюсселе в 1865 г., и речь, приписываемая одному пражскому раввину в романе «Биарриц», опубликованном в 1868 г. немецким писателем Германом Гёдше под псевдонимом сэр Джон Ретклифф. Есть ещё один «источник», который, насколько нам известно, никогда прежде не указывался: это роман под названием «Барон Иегова» Сиднея Винье, опубликованный в Париже в 1886 г. и посвященный, что достаточно любопытно, «благороднейшему А. де Гобино, автору "Опыта о неравенстве человеческих рас", вступившему в Вальхаллу 13 октября 1882 г.». Стоит отметить также, что согласно указанию, данному в «Воспоминаниях сумасшедшей» мадемуазель Эрсилии Руи, опубликованных Э. Ле Норманом де Варанном (Париж, 1886 г., стр. 308–309), Сидней Винье был, как и этот последний, другом д-ра Анри Фавра, о котором мы упоминали выше; речь идёт о странной истории, в которой также появляется имя Жюля Фавра, которого к тому же обнаруживают замешанным в таком количестве дел подобного рода, что трудно видеть в этом простую случайность... В книге «Барон Иегова» находится (стр. 59–87) так называемое «Завещание Ибарзабаля», которое обнаруживает совершенно поразительное сходство с «Протоколами», но с той примечательной особенностью, что евреи фигурируют там лишь как орудие выполнения плана, который ими не был ни задуман, ни желаем. Были также отмечены черты сходства со введением к «Жозефу Бальзамо» Александра Дюма, хотя здесь речь вообще не идёт о евреях, но о некоем вымышленном масонском собрании; мы добавим, что это собрание также не лишено связи с псевдорозенкрейцеровским «Парламентом», описанным практически точно в это же время американским писателем Джорджем Липпардом в Paul Ardenheim, the Monk of the Wissahickon, часть которого была воспроизведена д-ром Р. Суинберном Клаймером в The Rosicrucian Fraternity in America. Несомненно, что все эти писания в их более или менее «романизированной» форме черпают в конечном счете свое общее вдохновение из одного и того же «течения» идей (независимо от того, одобряют ли сами авторы эти идеи или нет) и что, кроме того, следуя своим тенденциям или частным предубеждениям, они наобум приписывают их происхождение евреям, масонам или кому-либо еще; в конечном счете, самое главное во всем этом и то, что, можно сказать, составляет элемент их «правдивости», — это утверждение о том, что вся ориентация современного мира отвечает некоторому «плану», установленному и навязанному какой-то таинственной организацией; известно, что мы сами думаем по этому поводу, и мы уже достаточно часто высказывались о роли «контринициации» и её сознательных или бессознательных агентов, чтобы не иметь необходимости настаивать на этом подробнее. По правде говоря, не было никакой необходимости быть «пророком», чтобы заметить эти вещи в ту эпоху, когда были составлены «Протоколы», то есть, вероятно, в 1901 г., ни даже в ту, к которой восходит большинство других упомянутых нами произведений, то есть около середины XIX века; уже тогда, хотя они и были менее очевидны, чем сегодня, для этого было достаточно более или менее проницательного наблюдения; но здесь мы должны сделать замечание, не делающее чести уму наших современников: если кто-то довольствуется тем, что «честно» излагает то, что он констатирует, и то, что из этого логически вытекает, никто ему не верит или даже не обращает на это внимания; если же, напротив, он представляет те же самые вещи как исходящие от некой фантастической организации, это сразу же принимает вид «документа» и на этом основании приводит всех в движение: странный эффект суеверий, внушенных современным людям слишком знаменитым «историческим методом» и которые сами тоже входят в состав внушений, необходимых для осуществления рассматриваемого «плана»! Следует ещё заметить, что согласно «фабуле» самих «Протоколов», организация, которая изобретает и распространяет современные идеи для достижения своих целей мирового господства, прекрасно осознает ложность этих идей: совершенно очевидно, что в действительности это должно быть так, ибо она слишком хорошо знает, как с этим обстоит дело; но тогда кажется, что подобное предприятие лжи не может быть, само по себе, истинной и единственной целью, которую она перед собой ставит, и это подводит нас к рассмотрению ещё одного момента, который, будучи отмеченным г-ном Эволой в его введении, был затем подхвачен и развит в ноябрьском номере La Vita Italiana, в статье, подписанной Arthos и озаглавленной Transformazioni del «Regnum». В самом деле, в «Протоколах» присутствует не только изложение «тактики», направленной на разрушение традиционного мира, что является её чисто негативным аспектом, соответствующим текущей фазе событий; там есть также идея просто преходящего характера этой фазы и идея последующего установления наднационального Regnum, идея, которую можно рассматривать как искажение идеи «Священной Империи» и других аналогичных традиционных концепций, которые, как напоминает автор статьи, были изложены нами в «Царе Мира». Чтобы объяснить этот факт, «Артос» апеллирует к отклонениям, доходящим даже до подлинной «субверсии», которым могут подвергнуться некоторые изначально подлинно традиционные элементы, как бы переживающие самих себя, когда «дух» из них удалился; и он ссылается, в подтверждение этого тезиса, на то, что мы недавно говорили здесь по поводу «психических остатков»; соображения, которые можно будет найти в другом месте, касающиеся последовательных фаз современного отклонения и возможного образования, в качестве его завершающего этапа, настоящей «контртрадиции», для которой извращенный Regnum оказался бы как раз выражением в социальном порядке, смогут, вероятно, способствовать ещё более полному прояснению этой стороны вопроса, которая, даже совершенно абстрагируясь от особого случая «Протоколов», определенно не лишена известного интереса.