Paris, le 27 novembre 1920
Chère Mademoiselle,
Nous vous remercions des renseignements que vous nous avez envoyés au sujet des tableaux ; nous allons nous occuper de cette affaire, et nous vous dirons si nous avons abouti. Nous n’avons encore rien pu faire jusqu’ici, parce que nous avons tous été très fortement enrhumés, grippés même, et aussi à cause des préparatifs pour le mariage ; ce sont les mêmes raisons qui m’ont empêché de vous écrire plus tôt. Nous sommes revenus d’Angers hier soir, assez fatigués par le voyage ; enfin, nous serons un peu plus tranquilles maintenant, et nous espérons bien avoir le plaisir de vous voir d’ici peu.
J’ai été chez le P. Peillaube, qui m’a reçu fort aimablement, et qui m’a offert lui-même d’intervenir auprès de Rivière pour l’histoire de la thèse. Je pense qu’il a dû le faire, car, quand j’ai revu Rivière, celui-ci ne m’a plus fait d’objections et m’a dit seulement qu’on s’arrangerait par la suite pour les exemplaires à fournir (il en faut 67) ; il m’a annoncé en même temps que l’imprimeur venait enfin de mettre le travail en train. C’était bien vrai cette fois, car le commencement des épreuves est arrivé avant hier. – D’autre part, tout est réglé du côté de la Sorbonne : j’ai enfin pu rencontrer Sylvain Lévy, qui m’a donné son approbation écrite ; le doyen a accordé immédiatement son autorisation et j’ai fait enregistrer le titre de la thèse au secrétariat. Il n’y a donc plus qu’à attendre, et je pense qu’à moins d’incidents tels qu’une nouvelle grève des imprimeurs, tout pourra être prêt vers le mois de février.
J’ai commencé à préparer mon article pour la revue du P. Peillaube, je le lui porterai dès que ce sera terminé.
Étant toujours sans nouvelle de Germain, je vais me décider à lui écrire pour savoir ce que signifie son silence prolongé. Je vais tâcher d’obtenir qu’il me renvoie enfin l’article qu’il a depuis si longtemps, et alors je vous le communiquerai ; peut-être, quand vous en aurez pris connaissance, aurez-vous une idée au sujet de son utilisation.
J’ai retrouvé quelques numéros de la revue de Pécoul, que j’ai mis de côté à votre intention.
Je n’ai pas encore pu aller voir Bernoville ; peut-être pourrais-je tout de même y arriver un de ces jours ; je voudrais bien avoir quelque explication au sujet des controverses interrompues.
Croyez, Chère Mademoiselle, à nos sentiments les plus sympathiques.
René Guénon
Avez-vous pu obtenir quelques renseignements au sujet de Mère-Marie-Louise ?
Париж, 16 декабря 1920 г.
(перевод на русский язык отсутствует)