74 Rue du Foix, Blois Blois, 17 septembre 1920
Chère Mademoiselle,
Votre lettre est venue me retrouver chez ma belle-mère, où nous avons passé trois semaines ; nous sommes rentrés à Blois mercredi dernier, et c’est pourquoi je ne vous ai pas répondu plus tôt. Je pense que vous êtes maintenant de retour à Saint-Germain ; quant à nous, nous serons à Paris dans les premiers jours d’octobre.
Je suis en effet très satisfait de la lettre du P. Peillaube que vous m’avez communiquée, et j’accepte bien volontiers la proposition d’écrire quelques articles pour la “Revue de Philosophie”. Cela me va tout à fait de faire quelque chose contre la théosophie ; je m’y mettrai dès mon retour à Paris, car ici il ne m’est pas facile de travailler, et d’ailleurs je n’ai pas mes documents sous la main. J’espère comme vous que cela réussira mieux qu’avec les milieux universitaires, et, à ce point de vue, il vaut peut-être mieux que mon livre paraisse chez Rivière que chez Alcan. – Il n’y a qu’une chose qui m’ennuie : le P. Peillaube dit que Rivière n’est jamais prêt, et je m’en aperçois bien, car il m’a promis les premières épreuves à la fin d’août, et je n’ai encore rien reçu ; aussi je lui écris aujourd’hui pour tâcher de l’activer un peu car je voudrais bien que le volume puisse paraître avant la fin de l’année comme c’était convenu.
Je viens également d’écrire à Germain pour lui demander ce qu’il devient, car je n’ai pas eu de ses nouvelles depuis le commencement d’août, son état de santé est véritablement inquiétant, et il est malheureusement peu probable qu’il puisse faire quelque chose à la rentrée.
J’ai lu le premier volume du manuel de Maritain, que Germain m’avait prêté avant notre départ de Paris, et qui m’a intéressé en effet ; mais je trouve que c’est vraiment un peu compliqué pour être mis entre les mains des élèves. À part ce reproche général, il y a aussi dans l’introduction historique certaines choses dont je vous reparlerai lorsque nous aurons le plaisir de nous voir.
Croyez, je vous prie, Chère Mademoiselle, à nos sentiments bien sympathiques.
René Guénon
Париж, 22 октября 1920 г.
(перевод на русский язык отсутствует)