Paris, 15 janvier 1920
Chère Mademoiselle,
Nous avons trouvé votre lettre à notre retour à Paris, bien sûr votre silence est tout excusé, et d’ailleurs nous pensions bien qu’il ne vous serait guère possible de venir nous voir au moment des fêtes. Ce sera donc pour mardi prochain 20 janvier, ainsi que vous me le proposez ; nous n’avons aucun empêchement pour ce jour là, et je serai très heureux de pouvoir parler avec vous ; j’espère donc qu’il vous sera possible de venir de bonne heure.
Pour la revue, j’aimerais à savoir d’une façon un peu plus nette quelle est l’idée qui, comme vous dites, lui sert de doctrine ; ce que j’en sais jusqu’ici est encore bien vague, mais je pense que vous pourrez me donner des renseignements plus précis à cet égard. Y a-t-il actuellement un programme plus ou moins défini, ou quelque chose qui en tienne lieu ? En tout cas, je croirais volontiers qu’il sera plus facile pour moi d’y faire quelque chose que dans les revues d’esprit universitaire ; la question est surtout de savoir ce qui sera susceptible d’intéresser les lecteurs auxquels cet organe s’adressera.
Quant à mes travaux en train, voila quinze jours que je n’ai pas pu m’en occuper, mais je compte bien m’y remettre au plus tôt ; cela ne marchait pas trop mal avant notre absence.
Croyez, Chère Mademoiselle, à notre souvenir le meilleur.
René Guénon
Париж, 15 января 1920 г.
(перевод на русский язык отсутствует)