Le Caire, 6 juillet 1938
Cher Monsieur,
Je vous ai écrit avant-hier, et aujourd’hui je reçois votre lettre du 20 juin. Je veux croire que maintenant vous ne vous ressentez plus du tout de votre blessure à la main, car c’est là une chose bien gênante pour quelqu’un qui a toujours beaucoup à écrire, comme c’est notre cas !
Je vous remercie bien vivement d’accepter toutes les modifications proposées pour votre article ; juste en même temps, je reçois un mot de M. Préau me disant que vous lui avez annoncé l’envoi de celui-ci. Comme, d’après ce qu’il me dit, vous pensiez qu’il avait déjà connaissance des modifications en question, je vais lui en envoyer tout de suite la copie que j’ai gardée, afin de lui éviter tout retard pour sa traduction.
Je vous renouvelle encore mes remerciements pour le livre de Radin, puisque c’est bien à vous que j’en dois l’envoi, ce que d’ailleurs j’avais bien pensé aussitôt que je l’ai reçu.
Encore une question : comment peut-on interpréter le fait que Sanatkumâra, qui est considéré en quelque sorte comme le Guru suprême, est parfois (quoique non pas toujours) identifié à Skanda ? Je pense à cela depuis hier sans arriver à trouver une explication vraiment satisfaisante, car il y a là quelque chose qui ne semble pas s’accorder très bien avec le rôle propre de Skanda et ses rapports avec Ganêsha...
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes biens cordiaux sentiments.
René Guénon