Le Caire, 28 avril 1938
Cher Monsieur,
J’ai reçu avant-hier votre lettre du 7 avril, et juste en même temps m’est arrivée la publication du British Museum sur “The Babylonian Legend of the Creation” ; merci d’avoir écrit de nouveau pour me la faire envoyer. – Pour le symbole solaire en question, la forme des rayons ondulés
est bien en effet, comme vous me l’aviez dit, celle qui sert généralement à figurer l’eau ; il y a, à cet égard, une différence à noter avec les figurations du moyen-âge occidental où ces rayons se terminent en pointe aussi bien que les rayons droits avec lesquels ils alternent, c’est-à-dire que leur forme
est exactement celle de l’épée flamboyante. – Je vois là aussi d’autres symboles curieux, mais qui malheureusement ne semblent pas tous faciles à interpréter ; la tradition chaldéenne est, au fond, presque aussi énigmatique que la tradition égyptienne, bien que certains rapprochements avec la tradition hébraïque permettent peut-être tout de même d’y voir un peu plus clair sur certains points…
C’est bien en effet surtout à la forme du ventre de Ganesha que j’avais pensé en parlant d’un rapprochement avec Kuvera, et par conséquent avec les Yakshas. Quant à la question des changements de têtes, j’avoue que je n’avais pas envisagé ce que vous me signalez; sans doute cela s’appliquerait-il également au cas de Daksha. Mais il y a un point qui ne me paraît pas tout à fait clair : la nouvelle tête est d’une autre sorte que l’ancienne, ce qui fait une différence avec le rite du sacrifice ; comment cela peut-il s’interpréter ?
Je suis heureux de votre accord avec ce que j’ai écrit encore au sujet de la caverne ; il est bien certain que cette question est de celles qu’il n’est jamais possible de traiter complètement ; j’envisagerai du reste encore quelques autres points y touchant dans les deux ou trois articles suivants ; je ne pensais pas, en commençant, que cela prendrait tout ce développement, et je dois dire que vos remarques y ont bien été pour quelque chose... – Au sujet du stûpa comme demeure et tombeau à la fois, ce même double sens est bien donné, dans les églises chrétiennes, au tabernacle placé sur l’autel, mais je ne sais pas s’il a été quelquefois étendu à l’église tout entière, ce qui en tout cas semblerait logiquement justifié.
Le mot “dîkshâ” est certainement celui qui correspond exactement à “initiation”, au sens le plus strict ; quant à “upanayana”, je me suis souvent posé aussi la même question que vous à cet égard : il me semble qu’on peut, à cause de l’exclusion des Shûdras, comme vous le dites, parler aussi d’initiation dans ce cas, en un sens plus large, mais il serait assurément préférable d’employer deux termes distincts ; ce qui fait la difficulté d’en trouver un autre ici, c’est qu’en somme l’upanayana n’a pas d’équivalent, même approximatif, dans les formes traditionnelles occidentales...
J’ai votre article sur El-Khidr devant moi pour ne pas l’oublier, et je vous récrirai d’ici peu à ce sujet ; le temps passe si vite qu’il va déjà falloir bientôt penser à la préparation de ce nº spécial !
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes biens cordiaux sentiments.
René Guénon
действительно, как вы и говорили, соответствует форме, которая обычно служит для обозначения воды; в этом отношении следует отметить различие с изображениями западного Средневековья, где эти лучи заканчиваются острием так же, как и прямые лучи, с которыми они чередуются, то есть их форма
в точности соответствует форме пламенеющего меча. — Я вижу там и другие интересные символы, но не все из них, к сожалению, легко интерпретировать; халдейская традиция, в сущности, почти так же загадочна, как и египетская, хотя некоторые параллели с еврейской традицией, возможно, всё же позволяют создать какую-то ясность в отдельных вопросах...