Juillet 1929
– Le Mercure de France du 15 mai contient une remarquable étude de M. Paul Vulliaud sur Gioberti et l’Impérialisme italien.
– Le Compagnonnage (n° de mai) continue la publication d’une étude sur l’Origine préhistorique du Compagnonnage ; il y aurait beaucoup à dire pour et contre. Notons-y seulement, pour le moment tout au moins, un point qui soulève une question intéressante : il s’agit du « bâton de commandement », dont la signification symbolique et initiatique serait en effet à étudier de plus près, à l’aide des analogies qu’on pourrait trouver dans de nombreuses formes traditionnelles d’époques et de contrées fort diverses.
– Dans La Rose-Croix (avril-mai-juin), M. Jollivet-Castelot donne la suite d’un travail dans lequel il oppose « théodicée » à « théologie » ; sans entrer dans le fond du sujet, nous nous permettrons cette simple remarque : pourquoi dire que « la théodicée » enseigne telle ou telle chose, alors que, en fait, il s’agit uniquement des conceptions personnelles de l’auteur ?
– Les Annales Initiatiques publient une bonne étude générale sur le Soufisme, par notre collaborateur J. H. Probst-Biraben.
– La Science Spirituelle (avril-mai) donne, sur Édouard Schuré et ses rapports avec Rudolf Steiner, un article qui contient quelques documents inédits.
– Atlantis, dans son n° de mai, reproduit la plus grande partie d’une remarquable conférence de Mario Meunier sur « la formation et le rôle de l’élite ». Dans le n° de juin, nous notons un curieux article de M. Paul Le Cour sur cette étrange école d’ésotérisme catholique que fut le Hiéron du Val d’Or de Paray-le-Monial. À propos d’un autre article où il est question de l’ouvrage de de Grave, La République des Champs-Elysées, qui aurait été démarqué récemment par un certain M. Marcel Pollet, signalons qu’il semble exister en Belgique toute une école « celtisante » à laquelle se rattachent, non seulement les théories de de Grave, mais aussi celles de Cailleux, dont M. Le Cour ne parle pas ; il y aurait peut-être, surtout pour ceux qui se spécialisent dans l’étude des traditions occidentales, des recherches assez intéressantes à faire de ce côté. Dans le n° de juillet-août, nous relevons une note, accompagnée de figures, sur les « graffites » de la cathédrale de Strasbourg.
– Le Compagnonnage (n° de juillet) publie un discours prononcé par M. J. Pradelle, aux cours professionnels de Montauban, et qui est une éloquente protestation contre l’invasion des méthodes industrielles, d’importation américaine, désignées par les mots barbares de « standardisation », « taylorisation », « rationalisation », menaçant de ruiner ce qui subsiste encore des anciennes traditions corporatives. Il semble malheureusement bien difficile de remonter le courant qui, partout, tend à la substitution de la « quantité » à la « qualité » ; mais il n’y en a pas moins là des vérités qu’il serait bon de répandre, ne serait-ce que pour tenter de sauver ce qui peut l’être encore au milieu de la confusion actuelle.
– Dans Le Symbolisme (n° de mai), un article de M. Armand Bédarride, intitulé Les Idées de nos Précurseurs, expose, à propos des anciens Maçons opératifs, et particulièrement des constructeurs de cathédrales, des vues intéressantes, quoiqu’incomplètes à bien des égards et parfois contestables ; peut-être aurons-nous l’occasion d’y revenir. Le n° de juin contient deux articles d’Oswald Wirth, l’un sur Le Sacerdoce, l’autre sur La Science traditionnelle, dont les intentions sont certainement excellentes, mais dont l’inspiration est bien fâcheusement « rationaliste » ; pourquoi ne pas laisser aux « profanes » cette tournure d’esprit qui convient essentiellement à leur condition d’êtres non « illuminés » ? Réduire tout à des proportions purement humaines, au sens le plus étroit de ce mot, c’est se fermer à la connaissance de toute vérité profonde ; au point de vue initiatique, le sacerdoce est bien autre chose que cela, et la science traditionnelle aussi ; nous nous sommes toujours, pour notre part, montré assez sévère à l’égard de tout « occultisme » plus ou moins fantaisiste pour n’être pas suspect en formulant cette affirmation. Nous préférons un autre article d’Oswald Wirth, sur La mission religieuse de la Franc-Maçonnerie (n° de juillet), qui, sans se placer non plus sur le terrain vraiment initiatique, laisse du moins certaines possibilités ouvertes pour ceux qui voudraient aller plus loin.
– Le Grand Lodge Bulletin d’Iowa (n° de mai et juin) donne une étude sur les deux colonnes, plus historique à vrai dire que symbolique, mais qui contient, en dehors des références proprement bibliques, des détails intéressants et dont certains sont assez peu connus. Ainsi, sait-on que le signe usuel du dollar est une figuration schématique des « colonnes d’Hercule » réunies par une sorte de banderole, et que cette figuration, empruntée aux monnaies espagnoles, se trouvait déjà, dans l’antiquité, sur celles de Tyr ?
Июль 1929 г.
(перевод на русский язык отсутствует)