Juillet 1932
Olivier Leroy. Les Hommes Salamandres (Desclée de Brouwer et Cie). – Le titre de ce petit livre, qui peut sembler assez étrange, est expliqué par le sous-titre : « recherches et réflexions sur l’incombustibilité du corps humain ». L’auteur expose des faits de cet ordre qui se rattachent à des catégories fort diverses, depuis les saints jusqu’aux médiums, en se limitant d’ailleurs à ceux qui sont garantis par des témoignages sérieux. Quant aux explications possibles, il se montre fort prudent, et, tout en réservant la part du surnaturel dans certains cas, il semble voir surtout dans l’invulnérabilité de l’homme, d’une façon générale, une marque de sa nature spéciale, quelque chose qui « lui fait, plus que l’intelligence, une place à part » dans le monde. « L’homme seul, dit-il en terminant, aspire à ces paradoxes à ne plus peser, être insensible au feu, et l’on voit par instants la matière obligée de se plier en bougonnant à ses caprices. »
Marcel Lallemand. Notes sur l’Occultisme (Éditions de la Nouvelle Équipe, Bruxelles). – Dans cette brochure, qui est la reproduction d’une étude parue d’abord dans la revue belge Nouvelle Équipe (janvier-mars 1932), l’auteur examine des questions d’ordre assez divers, mais que certains réunissent sous le vocable d’« occultisme », que d’ailleurs il n’accepte pas lui-même, comme il a soin de le faire remarquer dès le début. La première partie se rapporte aux phénomènes métapsychiques et donne un résumé de leur classification, ainsi que des différentes explications qui en ont été proposées, à l’intention des lecteurs peu au courant de ces questions ; mais ce qui vient ensuite est, pour nous, beaucoup plus digne d’intérêt. Il s’agit en effet de l’ésotérisme ; or, catholique et écrivant dans une revue catholique, M. Lallemand ne craint pas de montrer fort clairement combien il est loin de partager à cet égard les préjugés haineux de certains. Il précise que l’ésotérisme « ne doit nullement être confondu avec l’occultisme, qui n’en est le plus souvent qu’une déformation moderne », une véritable « caricature » ; il affirme « l’unité des doctrines traditionnelles », en insistant spécialement sur le symbolisme, qui « est totalement ignoré de la philosophie moderne, mais fut connu de toute l’antiquité, occidentale et orientale, des Pères de l’Église et des grands théologiens médiévaux ». Il proclame hautement l’existence de l’ésotérisme dans le Christianisme aussi bien que partout ailleurs ; et, parlant de l’attitude de ceux qui le nient, il dit : « C’est là une tendance aussi antitraditionnelle que le modernisme, et, à ce point de vue, la théologie n’a pas été à l’abri des influences qui, depuis la Renaissance, entraînèrent l’intellectualité de l’Occident vers les ténèbres ». On ne saurait mieux dire ; il y a d’ailleurs là des pages qui seraient à citer tout entières, et que nous recommandons tout particulièrement à l’attention de certains de nos adversaires… de même que nous signalons ce qui est dit du Voile d’Isis à ceux qui s’obstinent, avec la plus insigne mauvaise foi et en dépit de toute évidence, à le qualifier de « revue occultiste ». M. Lallemand, et aussi la revue qui a publié son étude, ont fait preuve d’un courage trop rare actuellement, et dont on ne saurait trop les féliciter.
Июль 1932 г.
(перевод на русский язык отсутствует)