Avril 1939
– Dans les Cahiers Astrologiques (n° de mars-avril), M.-K.-E. Krafft, dans un article intitulé Astrologie traditionnelle et traditions astrologiques, soutient la thèse parfaitement juste que « l’astrologie traditionnelle est perdue », et qu’elle n’avait rien de commun avec les soi-disant « traditions astrologiques », qu’il vaudrait d’ailleurs mieux appeler, comme il le dit, « astromantiques », puisqu’elles se limitent exclusivement au seul point de vue « divinatoire ». Malheureusement, la façon dont il soutient cette thèse laisse fort à désirer, et il y manque trop évidemment une connaissance effective des doctrines traditionnelles en général ; il est tout à fait exact que les anciennes sciences cosmologiques n’étaient pas constituées à l’aide de méthodes analytiques et empiriques, qui ne sont que celles de la science profane, mais l’intuition « supra-humaine » dont elles procédaient, en tant qu’application des principes transcendants, n’avait certes rien à voir non plus avec des visions de « sujets médianimiques » ! D’autre part, il n’y a pas de « double origine des traditions » ; il y a seulement, d’un côté, les traditions orthodoxes et régulières, qui dérivent toutes d’une unique source primordiale, et, de l’autre, tout ce qui n’en est qu’amoindrissement ou déformation à un degré ou à un autre, et aussi, dans les temps modernes, contrefaçon pure et simple. Quant à l’« inversion » intentionnelle, qui existe aussi, mais qui est fort loin de se trouver partout où M, Krafft semble croire la découvrir, il serait en tout cas bien excessif d’y rattacher les prétendues « traditions astrologiques », qui, en fait, sont tout simplement des débris d’une connaissance traditionnelle perdue en grande partie et désormais incomprise ; il est d’ailleurs curieux de remarquer à ce propos, que tous les ouvrages astrologiques connus appartiennent à des périodes de décadence traditionnelle, que ce soit la fin de l’antiquité gréco-latine ou l’époque de la Renaissance. Laissons de côté certaines considérations linguistiques par trop fantaisistes, et disons seulement que des séries de parallèles et d’oppositions comme celles que l’auteur veut établir risquent bien souvent de ne représenter que de fausses symétries ; au surplus, la part de vérité qu’elles contiennent s’explique presque toujours par le double sens que les symboles présentent dans leur interprétation la plus strictement orthodoxe, et c’est là encore un point sur lequel l’auteur ne semble guère se douter de ce qu’il en est réellement.
Апрель 1939 г.
(перевод на русский язык отсутствует)