Novembre 1938
– Les Cahiers Astrologiques (n° de septembre-octobre) publient un article, signé Pierre Orletz, sur Le sang et le vin et leurs rapports avec l’astrologie, qui contient des considérations intéressantes, mais aussi, peut-être, trop d’allusions à de multiples questions qui, faute de développement, demeurent plutôt énigmatiques. Au point de vue des correspondances astrologiques indiquées, on pourrait remarquer que les choses sont plus complexes en réalité, car le sang n’est pas seulement en rapport avec l’eau, en tant que liquide, mais aussi avec le feu, en tant que véhicule de la chaleur vitale ; sa couleur rouge constitue d’ailleurs une « signature » caractéristique sous ce dernier rapport. D’autre part, il est tout à fait exact que le rôle reconnu au sang par les sciences traditionnelles tient essentiellement à ce qu’il est le support corporel du principe vital, et c’est là aussi ce qui rend ses usages « magiques » particulièrement dangereux ; mais nous ne comprenons pas très bien que, au point de vue rituel (et dans un domaine tout autre que celui de la magie), on parle d’une « substitution du vin au sang dans la communion », car, en fait, le vin est ici le substitut du soma, ce qui est très différent. À ce propos, il est à regretter que l’auteur se soit borné à faire appel à des références exclusivement « judéo-chrétiennes », car une comparaison avec les données d’autres traditions eût pu éclairer davantage ce côté de son sujet ; et en outre, même sans sortir de la tradition hébraïque, il est étonnant qu’il n’ait pas même mentionné la signification du vin comme symbole de la doctrine ésotérique (yaïn = sôd) ; sur ce point encore, son symbolisme s’éloigne beaucoup de celui du sang, qui, pour autant que nous sachions, n’a jamais eu nulle part une telle signification. En somme, c’est seulement dans la mesure où le vin est mis en relation avec l’idée de la vie qu’un rapprochement avec le sang est possible et justifié, car c’est le seul aspect qu’ils ont réellement en commun ; encore y a-t-il lieu de tenir compte de la différence de modalité qui existe entre la vie animale et la vie végétale, bien que les caractères de l’espèce soient naturellement toujours subordonnés à ceux du genre, de sorte que toute modalité vitale peut être prise pour symboliser la vie entendue dans toute son extension, mais considérée cependant alors principalement sous tel ou tel point de vue qui a dans cette modalité son expression plus particulière ; du reste, si l’équivalence était complète, quelle différence pourrait-il bien y avoir, pour nous en tenir aux exemples bibliques, d’une part, entre le sacrifice d’Abel et celui de Caïn, et aussi, d’autre part, entre le sacerdoce d’Aaron et celui de Melchissédec ?
Ноябрь 1938 г.
(перевод на русский язык отсутствует)