Janvier 1940
– Dans le Speculative Mason (numéro de juillet), dans la suite de The Preparation for Death of a Master Mason, l’auteur insiste sur la nécessité, pour le développement spirituel, d’envisager toutes choses avec une autre signification que celle qu’on leur donne d’ordinaire, c’est-à-dire en somme sous le point de vue « sacré », et il montre l’application de cette méthode dans le cas du symbolisme maçonnique. Un autre article revient sur la question des deux colonnes et sur quelques-unes des confusions qui se sont produites à leur sujet ; un des plus curieuses est celle qui, de colonnes sur lesquelles étaient gravés les principes des sciences traditionnelles, comme celles dont il est question dans la légende d’Hénoch, a fait des colonnes creuses destinées à contenir à leur intérieur les archives de la Maçonnerie ! – Dans le numéro d’octobre, une note sur les « vertus cardinales » montre que, chez Platon et Plotin, celles-ci avaient un sens tout autre que simplement « moral » et beaucoup plus profond ; une autre, sur le « pouvoir de la pensée », est trop visiblement influencée par les théories psychologiques modernes, qui sont bien éloignées de toute donnée authentiquement initiatique sur ce sujet.
– Dans le Grand Lodge Bulletin d’Iowa (numéro de septembre), un article précise la position des deux colonnes du Temple de Salomon, qui a donné lieu à d’interminables discussions, alors qu’il aurait en somme suffi de se reporter aux textes bibliques et de savoir les lire ; le point important, et qui est bien établi ici, c’est que, dans ces textes, la « droite » et la « gauche » désignent respectivement, et d’une façon constante, le Sud et le Nord, c’est-à-dire les points qu’on a à sa droite et à sa gauche quand on se tourne vers l’Orient.
– Dans le Symbolisme (numéros de mai et juin), G. Persigout, revenant sur la figure d’Éliphas Lévi qu’il avait déjà étudiée dans son précédent article, parle de L’Hexagramme pentalphique et magique ; il essaie d’interpréter l’énigmatique Sator arepo tenet opera rotas, inscrit dans le « carré magique » qui en forme le centre, mais cette interprétation ne paraît pas moins hypothétique que tant d’autres qui en ont été proposées. Au surplus, il montre, dans toute cette étude, une forte tendance à « noircir » les choses, parlant d’« Hexagramme dévoyé » et de « Binaire impur », et s’attardant au sens le plus inférieur au lieu de rechercher des significations plus élevées et en même temps plus « légitimes » ; l’influence de la psychanalyse se fait vraiment un peu trop sentir là-dedans, et nous y voyons même aussi, par moments, planer l’ombre inquiétante de feu H. de Guillebert des Essarts… – Dans le numéro de mai, une étude sur L’Épée flamboyante, par Marius Lepage, tourne quelque peu autour du sujet, si l’on peut dire, plutôt qu’elle n’y pénètre véritablement ; la plus grande partie, en effet, ne se rapporte en réalité qu’au symbolisme général de l’épée. – Dans le numéro de juillet, G. Persigout étudie Le symbolisme du Sceau de Salomon ; nous retrouvons ici le mélange de « documentation » traditionnelle et profane que nous avons déjà noté chez lui à diverses reprises, et qui ne contribue pas précisément à éclairer les questions ; la conception qu’il se fait de l’« Androgynat » primordial, en particulier, est loin de se dégager avec toute la netteté désirable. – Dans le numéro d’août-septembre, un article sur Les Nombres en Architecture opérative, par Morvan Marchal, contient de fort judicieuses réflexions sur l’art traditionnel de l’antiquité et du moyen âge, sur sa supériorité par rapport à l’« académisme » et au « désarroi architectural actuel », et sur le caractère de « décadence » d’un art qui « prétend relever de la libre fantaisie individuelle et du seul domaine subjectif » ; pourquoi faut-il que tout cela soit gâté, à la fin, par un passage où il est question de l’« animalité ancestrale », et dont le ton « progressiste » est en étrange contradiction avec les considérations qui précèdent ?
Январь 1940 г.
(перевод на русский язык отсутствует)