Octobre 1933
– Dans le Grand Lodge Bulletin d’Iowa (n° de juin), fin de l’étude déjà signalée sur le cable-tow.
– Dans le numéro de juin du Symbolisme, Oswald Wirth intitule son article L’Erreur occultiste ; ce titre est excellent, et nous l’avions nous-même envisagé depuis longtemps pour un livre qui eût été en quelque sorte parallèle à L’Erreur spirite, mais que les circonstances ne nous laissèrent jamais le loisir d’écrire. Malheureusement, le contenu de l’article vaut beaucoup moins que le titre ; il se réduit à de vagues généralités qui ne prouvent pas grand’chose, si ce n’est que l’auteur se fait de l’initiation une idée qui, pour être différente de celle des occultistes, n’est pas beaucoup plus exacte ; il va même jusqu’à écrire qu’« il a bien fallu que le premier initié s’initie lui-même », ce qui indique une totale méconnaissance de l’origine et de la nature « non-humaines » de l’initiation. – Il aggrave d’ailleurs singulièrement son cas dans l’article suivant (n° de juillet), qui a pour titre La Vertu des Rites, et où il déclare tout net que « l’initiation est humaine et ne se donne pas comme d’institution divine » ; et, pour mieux montrer qu’il n’y entend rien, il dit encore que « les rites initiatiques sont laïques » (!), ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas d’ajouter, quelques lignes plus loin, et sans souci de la contradiction, que « les initiations sacerdotales ont joué un grand rôle dans le passé ». Il s’imagine, au surplus, que les « Grands Mystères » de l’antiquité étaient « ceux de l’au-delà », ce qui ressemble un peu trop au spiritisme, et que, à Éleusis, il s’agissait du « salut de l’âme après la mort », ce qui, sans même parler de l’anachronisme de l’expression, est uniquement l’affaire de la religion exotérique. Il confond encore magie et religion, deux choses qui n’ont aucun rapport entre elles ; et il paraît aussi confondre « sacerdoce » avec « clergé », ce qui, après tout, est peut-être sa meilleure excuse… Nous nous en voudrions d’insister davantage : ce qui est dit de la transmission initiatique et de l’« influence spirituelle » témoigne d’une incompréhension qu’il serait difficile de pousser plus loin ; il y a là des négations qui sont vraiment terribles… mais seulement pour leur auteur ; et, en lisant certaines phrases sur les « rites laïquement accomplis » (nous traduirons volontiers : « accomplis par des ignorants », ce qui, hélas ! serait aussi conforme à la vérité qu’au sens originel du mot), nous ne pouvons nous empêcher de penser que M. Homais n’est pas mort ! – Dans le numéro d’août-septembre, un autre article intitulé Le Signal de la Tour, par W. Nagrodski, fait encore écho aux précédents, mais sur un ton quelque peu équivoque ; il est assez difficile, en effet, de savoir exactement ce que veut dire quelqu’un qui, se croyant capable de juger de ce qu’il ignore d’après ce qu’il connaît, met sur le même plan des choses fort différentes ; en tout cas, la façon haineuse dont il est parlé de la « tradition », et l’insistance toute « primaire » avec laquelle le mot « cerveau » revient à tout propos, indiquent suffisamment de quel esprit procèdent ces réflexions… Mais nous nous demandons si c’est sans malice et par simple inadvertance que l’auteur, en terminant, met « Maître Oswald Wirth » en contradiction avec lui-même, en rappelant assez inopportunément qu’il a recommandé dans ses propres livres, à titre de « choix de lectures », nombre d’ouvrages de ces mêmes occultistes qu’il dénonce aujourd’hui avec tant de véhémence dans le Symbolisme ! – Notons encore, dans ce dernier numéro, sous le titre de Mysticisme et Philosophie et la signature de « Diogène Gondeau », un dialogue… qui n’a certes rien de platonicien : comparaisons de caserne, éloge non déguisé du « terre-à-terre », platitudes et pauvretés sur toute la ligne…
– La Revue Internationale des Sociétés Secrètes, dans son numéro du 1er juin, annonce la suppression de sa « partie occultiste », faute d’abonnés… et de rédacteurs ; elle évoque à cette occasion le souvenir « des deux collaborateurs de grand talent et particulièrement compétents en occultisme, M. H. de Guillebert et le Dr Mariani, qui assuraient à eux seuls la composition de ce supplément, et qui malheureusement disparurent en 1932 ». Franchement, il faut un certain… courage, après ce que savent nos lecteurs au sujet de cette histoire, pour oser rappeler ainsi la « disparition » de l’« ex-Mariani » ! D’autre part, le « supplément » avait bien continué à paraître pendant plus d’un an sans les deux collaborateurs susdits ; et ceci nous amène à constater qu’il est encore une autre disparition plus récente, mais dont on ne souffle mot… Aussi nous risquerons-nous à poser une question, peut-être fort indiscrète dans sa simplicité : qu’est donc devenu M. Raymond Dulac ?
Октябрь 1933 г.
(перевод на русский язык отсутствует)