Mars 1931
– Dans le Grand Lodge Bulletin d’Iowa (numéro de décembre), notons un article sur la question des « bijoux mobiles et immobiles », où les rituels anglais et américain sont fort loin d’être d’accord, l’un qualifiant de « mobile » ce que l’autre appelle « immobile » et inversement.
– Nous avons signalé précédemment l’apparition d’un organe intitulé La Flèche, qui, dès le premier abord, nous avait paru assez suspect ; nous n’avons pas vu le numéro 2, qui, paraît-il, aurait été saisi ; mais le numéro 3 (15 décembre) contient une profession explicite de « luciférianisme », voire de « satanisme » rédigée en des termes qui semblent empruntés en grande partie aux élucubrations taxiliennes ou à l’Élue du Dragon ; nous ne pouvons assurément prendre ces histoires au sérieux, mais l’intention n’en vaut pas mieux pour cela. Le véritable ésotérisme et la tradition initiatique n’ont absolument rien à voir avec ces divagations malsaines ; et le fait qu’on prétend les y mêler nous amène à nous demander si nous ne serions pas en présence d’un nouveau coup monté à la façon de Diana Vaughan…
– Le numéro du 1er décembre (« partie occultiste ») de la Revue Internationale des Sociétés Secrètes contient un article de M. de Guillebert sur la traduction du Siphra di-Tzeniutha de M. Vulliaud ; cet article, dont le ton uniformément élogieux nous a quelque peu surpris, débute par des souvenirs sur feu Le Chartier et son entourage (ce qui nous reporte encore à l’affaire Taxil) ; nous savions depuis fort longtemps que M. de Guillebert avait effectivement été en relations avec cet étrange milieu, mais c’est la première fois, sauf erreur, que nous en trouvons l’aveu sous sa plume ; et pourquoi, lui qui a fort bien connu Jules Doinel, éprouve-t-il le besoin d’en faire un « vintrasien » ? D’autre part, il est curieux de constater que, tandis que cet article affirme tout au moins le sérieux des études kabbalistiques, une note placée à la fin du même numéro parle des « grossières superstitions de la cabale » (sic) ; les rédacteurs devraient bien tâcher de se mettre un peu d’accord entre eux ? Dans ce même numéro encore, un article du Dr Mariani sur Un guérisseur : le « Professeur » Michaux, critique assez amusante et en grande partie justifiée, est suivi des appendices annoncés précédemment à l’article sur Le Christ Roi et le Roi du Monde ; ces appendices, sur l’Asgard des Dialogues philosophiques de Renan et sur le Mundus Subterraneus du P. Kircher, n’ajoutent pas grand’chose à l’article lui-même. – Dans le numéro du 1er janvier (« partie occultiste » également), M. de Guillebert intitule son article Ésotérisme, Érotisme ; il s’agit de l’affaire de La Flèche, qu’on va évidemment exploiter dans le sens des thèses spéciales soutenues par la R.I.S.S. ; mais quel rapport cela a-t-il avec les recherches chimiques ou « hyperchimiques » si l’on veut, de M. Jollivet-Castelot ? Vient ensuite un article de M. Gustave Bord sur Le Serpent Vert de Goethe, essai d’interprétation peut-être plus obscur que le conte lui-même ; nous croyons y comprendre que son auteur s’efforce de ramener tout le symbolisme à une signification exclusivement politique ou sociale, mais nous n’arrivons pas à savoir finalement s’il admet ou n’admet pas l’existence réelle d’un « secret de la Maçonnerie ».
Март 1931 г.
(перевод на русский язык отсутствует)