Décembre 1929
– La Revue Internationale des Sociétés secrètes poursuit la publication de la série intitulée Diana Vaughan a-t-elle existé ? (nos des 29 septembre et 20 octobre) : on s’attache à montrer la concordance de certaines assertions contenues dans les « Mémoires » avec divers livres anciens et plus ou moins rares sur les Rose-Croix ; la conclusion qui nous paraîtrait s’en dégager le plus naturellement, c’est que l’auteur des « Mémoires », quel qu’il ait été, connaissait aussi bien que le rédacteur de la revue les livres en question ; mais ce serait probablement trop simple, et en tout cas trop peu satisfaisant pour la thèse qu’il s’agit de soutenir coûte que coûte. Dans le numéro du 6 octobre est inséré, sans rectification ni commentaire, un article d’un correspondant de Pologne qui a pris un temple des Old Fellows pour une Loge maçonnique ; admirons une fois de plus la compétence de ces « spécialistes » ! Dans le numéro du 27 octobre, un article intitulé La Mode du Triangle nous rappelle certaines élucubrations taxiliennes sur le symbolisme maçonnique de la Tour Eiffel ; il paraît que les grands magasins vendent des poupées « qui ont été soumises dans les Hautes Loges, à des incantations et à des envoûtements » ; il paraît aussi que le triangle est « le symbole de la religion de Satan », ce dont nous ne nous serions certes pas douté à le voir figurer dans tant d’églises catholiques. Les gens qui sont capables d’écrire de pareilles choses, s’ils sont sincères, sont de véritables obsédés qu’il faut plaindre, mais qu’on devrait bien empêcher de propager leur manie éminemment contagieuse et de détraquer d’autres esprits faibles. – Dans le même numéro, un autre article présente comme un « Sage hindou » Sundar Singh, qui est un Sikh converti au protestantisme, donc doublement « non-hindou » ; notons à ce propos que sâdhou (et non sanhou) n’a jamais voulu dire « moine brâhmane », expression qui ne correspond d’ailleurs à aucune réalité ; qu’il est donc facile d’émettre des affirmations sur des sujets dont on ignore le premier mot ! – La « partie occultiste » (n° du 1er octobre) est consacrée cette fois principalement à défendre l’Élue du Dragon contre les Jésuites des Études et de la Civiltà Cattolica, en leur opposant certains de leurs anciens confrères qui ont eu, paraît-il, une façon de voir toute différente (ce qui n’implique pas nécessairement qu’elle ait été plus juste). À cet effet, M. A. Tarannes évoque L’« Hydre aux trois têtes » du R. P. Rinieri, S. J., brochure dans laquelle il n’est d’ailleurs question en réalité ni d’hydre ni de dragon, si ce n’est dans un sens tout figuré. Ensuite viennent Trois lettres du R. P. Harald Richard, S. J., sur l’occultisme contemporain ; leur auteur est ce Jésuite qu’on prétend avoir copié et annoté les manuscrits originaux de Clotilde Bersone ; la première de ces lettres parle de quelques guérisseurs plus ou moins spirites, et tout son intérêt consiste en ce que certains prélats, voire même un cardinal, y sont accusés d’aller trouver lesdits guérisseurs, « non seulement pour se faire soigner, mais pour leur demander conseil sur toutes les grandes affaires ». Une phrase du préambule nous laisse rêveur : il est dit que ces lettres ont été « compilées à l’aide de nombreuses confidences à des familiers » ; alors, est-ce que ce sont bien vraiment des lettres ? Nous saurons peut-être un jour ce qu’il en est, si l’on met à exécution la menace de « donner des fac-similé des pièces authentiques, où apparaîtront plus clairement des noms et des jugements auxquels certaines personnalités ecclésiastiques et religieuses n’ont rien à gagner » ; que tout cela est donc édifiant !
Декабрь 1929 г.
(перевод на русский язык отсутствует)