Chapitre XXVIII Les étapes de L’action antitraditionnelle
Après les considérations que nous avons exposées et les exemples que nous avons donnés jusqu’ici, on pourra mieux comprendre en quoi consistent exactement, d’une façon générale, les étapes de l’action antitraditionnelle qui a véritablement « fait » le monde moderne comme tel ; mais avant tout, il faut bien se rendre compte que, toute action effective supposant nécessairement des agents, celle-là ne peut, pas plus qu’une autre, être une sorte de production spontanée et « fortuite » et que, s’exerçant spécialement dans le domaine humain, elle doit forcément impliquer l’intervention d’agents humains. Le fait que cette action concorde avec les caractères propres de la période cyclique où elle s’est produite explique qu’elle ait été possible et qu’elle ait réussi, mais il ne suffit pas à expliquer la façon dont elle a été réalisée et n’indique pas les moyens qui ont été mis en œuvre pour y parvenir. Du reste, il suffit, pour s’en convaincre, de réfléchir quelque peu à ceci : les influences spirituelles elles-mêmes, dans toute organisation traditionnelle, agissent toujours par l’intermédiaire d’êtres humains qui sont les représentants autorisés de la tradition bien que celle-ci soit réellement « supra-humaine » dans son essence ; à plus forte raison doit-il en être de même dans un cas où n’entrent en jeu que des influences psychiques et même de l’ordre le plus inférieur, c’est-à-dire tout le contraire d’un pouvoir transcendant par rapport à notre monde, sans compter que le caractère de « contrefaçon » qui se manifeste partout dans ce domaine et sur lequel nous aurons encore à revenir exige encore plus rigoureusement qu’il en soit ainsi. D’autre part, comme l’initiation, sous quelque forme qu’elle se présente, est ce qui incarne véritablement l’« esprit » d’une tradition et aussi ce qui permet la réalisation effective des états « suprahumains », il est évident que c’est à elle que doit s’opposer le plus directement (dans la mesure toutefois où une telle opposition est concevable) ce dont il s’agit ici, et qui tend au contraire, par tous les moyens, à entraîner les hommes vers l’« infrahumain » ; aussi le terme de « contre-initiation » est-il celui qui convient le mieux pour désigner ce à quoi se rattachent, dans leur ensemble, et à des degrés divers (car comme dans l’initiation encore, il y a forcément là des degrés), les agents humains par lesquels s’accomplit l’action antitraditionnelle ; et ce n’est pas là une simple dénomination conventionnelle employée pour parler plus commodément de ce qui n’a vraiment aucun nom, mais bien une expression qui correspond aussi exactement que possible à des réalités très précises.
Il est assez remarquable que dans tout l’ensemble de ce qui constitue proprement la civilisation moderne, quel que soit le point de vue sous lequel on l’envisage, on ait toujours à constater que tout apparaît comme de plus en plus artificiel, dénaturé et falsifié ; beaucoup de ceux qui font aujourd’hui la critique de cette civilisation en sont d’ailleurs frappés, même lorsqu’ils ne savent pas aller plus loin et n’ont pas le moindre soupçon de ce qui se cache en réalité derrière tout cela. Il suffirait pourtant, nous semble-t-il, d’un peu de logique pour se dire que si tout est ainsi devenu artificiel, la mentalité même à laquelle correspond cet état de choses ne doit pas l’être moins que le reste, qu’elle aussi doit être « fabriquée » et non point spontanée ; et dès qu’on aurait fait cette simple réflexion, on ne pourrait plus manquer de voir les indices concordants en ce sens se multiplier de toutes parts et presque indéfiniment ; mais il faut croire qu’il est malheureusement bien difficile d’échapper aussi complètement aux « suggestions » auxquelles le monde moderne comme tel doit son existence même et sa durée, car ceux mêmes qui se déclarent le plus résolument « antimodernes » ne voient généralement rien de tout cela, et c’est d’ailleurs pourquoi leurs efforts sont si souvent dépensés en pure perte et à peu près dépourvus de toute portée réelle.
L’action antitraditionnelle devait nécessairement viser, à la fois, à changer la mentalité générale et à détruire toutes les institutions traditionnelles en Occident puisque c’est là qu’elle s’est exercée tout d’abord et directement, en attendant de pouvoir chercher à s’étendre ensuite au monde entier par le moyen des Occidentaux ainsi préparés à devenir ses instruments. D’ailleurs, la mentalité étant changée, les institutions, qui dès lors ne lui correspondaient plus, devaient par là même être facilement détruites ; c’est donc le travail de déviation de la mentalité qui apparaît ici comme véritablement fondamental, comme ce dont tout le reste dépend en quelque façon et, par conséquent, c’est là-dessus qu’il convient d’insister plus particulièrement. Ce travail, évidemment, ne pouvait pas être opéré d’un seul coup, quoique ce qu’il y a peut-être de plus étonnant soit la rapidité avec laquelle les Occidentaux ont pu être amenés à oublier tout ce qui, chez eux, avait été lié à l’existence d’une civilisation traditionnelle ; si l’on songe à l’incompréhension totale dont les XVIIe et XVIIIe siècles ont fait preuve à l’égard du moyen âge, et cela sous tous les rapports, il devrait être facile de comprendre qu’un changement aussi complet et aussi brusque n’a pas pu s’accomplir d’une façon naturelle et spontanée. Quoi qu’il en soit, il fallait tout d’abord réduire en quelque sorte l’individu à lui-même, et ce fut là surtout, comme nous l’avons expliqué, l’œuvre du rationalisme qui dénie à l’être la possession et l’usage de toute faculté d’ordre transcendant ; il va de soi, d’ailleurs, que le rationalisme a commencé à agir avant même de recevoir ce nom avec sa forme plus spécialement philosophique, ainsi que nous l’avons vu à propos du Protestantisme ; et du reste, l’« humanisme » de la Renaissance n’était lui-même rien d’autre que le précurseur direct du rationalisme proprement dit, puisque qui dit « humanisme » dit prétention de ramener toutes choses à des éléments purement humains, donc (en fait tout au moins, sinon encore en vertu d’une théorie expressément formulée) exclusion de tout ce qui est d’ordre supra-individuel. Il fallait ensuite tourner entièrement l’attention de l’individu vers les choses extérieures et sensibles afin de l’enfermer, pour ainsi dire, non pas seulement dans le domaine humain mais, par une limitation beaucoup plus étroite encore, dans le seul monde corporel ; c’est là le point de départ de toute la science moderne qui, dirigée constamment dans ce sens, devait rendre cette limitation de plus en plus effective. La constitution des théories scientifiques, ou philosophico-scientifiques si l’on veut, dut aussi procéder graduellement ; et (nous n’avons, ici encore, qu’à rappeler sommairement ce que nous avons déjà exposé) le mécanisme prépara directement la voie au matérialisme qui devait marquer, d’une façon en quelque sorte irrémédiable, la réduction de l’horizon mental au domaine corporel considéré désormais comme la seule « réalité » et d’ailleurs dépouillé lui-même de tout ce qui ne pouvait pas être regardé comme simplement « matériel » ; naturellement, l’élaboration de la notion même de « matière » par les physiciens devait jouer ici un rôle important. On était dès lors entré proprement dans le « règne de la quantité » ; la science profane, toujours mécaniste depuis Descartes, et devenue plus spécialement matérialiste à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, devait, dans ses théories successives, devenir de plus en plus exclusivement quantitative, en même temps que le matérialisme, s’insinuant dans la mentalité générale, arrivait à y déterminer cette attitude, indépendante de toute affirmation théorique, mais d’autant plus diffusée et passée finalement à l’état d’une sorte d’« instinct » que nous avons appelée le « matérialisme pratique », et cette attitude même devait être encore renforcée par les applications industrielles de la science quantitative qui avaient pour effet d’attacher de plus en plus complètement les hommes aux seules réalisations « matérielles ». L’homme « mécanisait » toutes choses, et finalement il en arrivait à se « mécaniser » lui-même, tombant peu à peu à l’état des fausses « unités » numériques perdues dans l’uniformité et l’indistinction de la « masse », c’est-à-dire en définitive dans la pure multiplicité ; c’est bien là, assurément, le triomphe le plus complet qu’on puisse imaginer de la quantité sur la qualité.
Cependant, en même temps que se poursuivait ce travail de « matérialisation » et de « quantification » – qui du reste n’est pas encore achevé et ne peut même jamais l’être puisque la réduction totale à la quantité pure est irréalisable dans la manifestation – un autre travail, contraire en apparence seulement, avait déjà commencé, et cela, rappelons-le, dès l’apparition même du matérialisme proprement dit. Cette seconde partie de l’action antitraditionnelle devait tendre, non plus à la « solidification », mais à la dissolution ; mais bien loin de contrarier la première tendance, celle qui se caractérise par la réduction au quantitatif, elle devait l’aider lorsque le maximum de la « solidification » possible aurait été atteint, et que cette tendance, ayant dépassé son premier but en voulant aller jusqu’à ramener le continu au discontinu, serait devenue elle-même une tendance vers la dissolution. Aussi est-ce à ce moment que ce second travail, qui d’abord ne s’était effectué, à titre de préparation, que d’une façon plus ou moins cachée et en tout cas dans des milieux restreints, devait apparaître au jour et prendre à son tour une portée de plus en plus générale, en même temps que la science quantitative elle-même devenait moins strictement matérialiste, au sens propre du mot, et finissait même par cesser de s’appuyer sur la notion de « matière », rendue de plus en plus inconsistante et « fuyante » par la suite même de ses élaborations théoriques. C’est là l’état où nous en sommes présentement : le matérialisme ne fait plus que se survivre à lui-même, et il peut sans doute se survivre plus ou moins longtemps, surtout en tant que « matérialisme pratique » ; mais en tout cas il a désormais cessé de jouer le rôle principal dans l’action antitraditionnelle.
Après avoir fermé le monde corporel aussi complètement que possible, il fallait, tout en ne permettant le rétablissement d’aucune communication avec les domaines supérieurs, le rouvrir par le bas, afin d’y faire pénétrer les forces dissolvantes et destructives du domaine subtil inférieur ; c’est donc le « déchaînement » de ces forces, pourrait-on dire, et leur mise en œuvre pour achever la déviation de notre monde et le mener effectivement vers la dissolution finale, qui constituent cette seconde partie ou cette seconde phase dont nous venons de parler. On peut bien dire, en effet, qu’il y a là deux phases distinctes bien qu’elles aient été en partie simultanées car, dans le « plan » d’ensemble de la déviation moderne, elles se suivent logiquement et n’ont que successivement leur plein effet ; du reste, dès que le matérialisme était constitué, la première était en quelque sorte virtuellement complète et n’avait plus qu’à se dérouler par le développement de ce qui était impliqué dans le matérialisme même ; et c’est précisément alors que commença la préparation de la seconde, dont on n’a encore vu actuellement que les premiers effets, mais pourtant des effets déjà assez apparents pour permettre de prévoir ce qui s’ensuivra, et pour qu’on puisse dire, sans aucune exagération, que c’est ce second aspect de l’action antitraditionnelle qui, dès maintenant, passe véritablement au premier plan dans les desseins de ce que nous avons d’abord désigné collectivement comme l’« adversaire », et que nous pouvons, avec plus de précision, nommer la « contre-initiation ».
Глава XXVIII Этапы антитрадиционного действия
После приведенных выше примеров и наблюдений становится более понятным, каковы вообще этапы той антитрадиционной деятельности, которая поистине «создала» современный мир как таковой; но прежде всего, необходимо отдавать себе отчет в том, что любое фактическое действие обязательно предполагает агентов действия; оно не может быть, как и всякое другое, чем-то вроде спонтанного и «случайного» результата, и поскольку оно осуществляется в человеческой сфере, то неизбежно предполагает человеческого субъекта действия. Тот факт, что эта деятельность согласуется с собственными чертами того циклического периода, в который она производится, объясняет её возможность и успех, но его недостаточно для объяснения того способа, с помощью которого она была реализована, и он не указывает на те средства, которые были использованы для её исполнения; впрочем, для того, чтобы убедиться в этом, достаточно немного подумать о следующем: сами по себе духовные влияния во всякой традиционной организации действуют всегда через посредство человеческих существ, законных представителей традиции, хотя реально в своей сущности она «сверхчеловеческая»; с ещё большим основанием так должно быть в том случае, когда в игру вступают только психические влияния, пусть даже самого низшего порядка, то есть совершенно противоположные силе, трансцендентной нашему миру, не говоря уже о том, что характер «подделки», повсюду обнаруживающийся в этой области, к которому мы вернемся, ещё более настоятельно требует, чтобы это было именно так. С другой стороны, поскольку именно инициация, в какой бы форме она ни существовала, есть то, что на самом деле воплощает «дух» традиции, а также то, что позволяет достичь эффективной реализации «сверхчеловеческих» состояний, то очевидно, что именно ей наиболее непосредственным образом должно противостоять (в той мере, в которой постижимо это противостояние) то, о чем здесь идёт речь и что стремится, напротив, всеми имеющимися средствами увлечь человека в, «инфрачеловеческое»; термин «контринициация» лучше подходит для обозначения того, с чем оказываются связанными вообще все вместе и по различным степеням (как и в самой инициации, здесь обязательно есть степени) те человеческие субъекты действия, через которых исполняется антитрадиционная деятельность; и это не просто условное наименование, используемое для удобного разговора о том, что на самом деле вообще не имеет никакого имени, но выражение, которое соответствует очень конкретной реальности настолько точно, насколько это возможно.
Довольно замечательно, что во всем том, что составляет современную цивилизацию в собственном смысле слова, под каким бы углом зрения её ни рассматривали, мы всегда вынуждены констатировать, что все предстаёт более и более искусственным, извращенным и фальсифицированным; многие из тех, кто сегодня подвергает критике эту цивилизацию, оказываются пораженными этим, даже когда они не могут идти дальше и не имеют ни малейшей догадки о том, что в реальности за всем этим кроется. Нам кажется, что было бы достаточно иметь немного логики, чтобы сказать, что если все стало искусственным, то сама ментальность, которой соответствует такое состояние вещей, должна быть, как и все остальное, «сфабрикованной», а вовсе не спонтанной; и после этого простого размышления уже больше нельзя не видеть соответствующих признаков, умножающихся со всех сторон и почти бесконечно; но надо думать, что, к несчастью, также очень трудно совершенно избежать тех «внушений», которым обязан современный мир самим своим существованием и своей длительностью, поскольку даже те, кто объявляет себя самым решительным образом «антимодернистом», вообще ничего этого не видят; вот почему их усилия так часто растрачиваются понапрасну и лишены почти всякого реального значения.
Антитрадиционная деятельность должна была стремиться с необходимостью одновременно изменить общую ментальность и разрушить все традиционные институты на Западе, поскольку именно там она непосредственно и прежде всего осуществляется в ожидании возможности распространяться затем в целом мире с помощью западных людей, приготовленных таким образом для того, чтобы стать её инструментами. Впрочем, раз ментальность изменилась, то те установления, которые больше ей не соответствуют, должны тем самым с легкостью разрушиться; следовательно, поистине фундаментальной здесь является работа по извращению ментальности, потому что от этого тем или иным образом зависит все остальное и, следовательно, на этом следует настаивать особо. Очевидно, что эта работа не может быть произведена одним ударом, хотя самым удивительным является та быстрота, с которой западные люди смогли прийти к полному забвению того, что у них имело отношение к опыту традиционной цивилизации; если подумать о том всеобщем непонимании, свидетельством которого были XVII и XVIII века по отношению к Средневековью, и непонимании во всем, то можно легко понять, что такое полное внезапное изменение не могло совершиться естественным и спонтанным образом. Как бы то ни было, прежде всего следовало свести индивида лишь к нему самому каким-нибудь образом, и в этом, в особенности, как мы уже объясняли, и состояла работа рационализма, который отрицал за человеком обладание и использование любой способности трансцендентного порядка; само собою разумеется, что рационализм начал действовать до того, как он получил это имя, в своей специальной философской форме, так же, как мы видели это в случае с протестантизмом; в конце концов, и сам «гуманизм» Ренессанса был не что иное, как прямой предшественник рационализма, собственно говоря, потому что тот, кто говорит «гуманизм», высказывает тем самым претензию все свести к чисто человеческим элементам, следовательно, (по крайней мере фактически, если ещё и не в специально сформулированной теории) исключить всё то, что относится к сверхиндивидуальному порядку. Затем надо было полностью обратить внимание индивида к внешним и чувственным вещам, чтобы, так сказать, запереть его не только в человеческой области, но и через ещё гораздо более узкое ограничение, в одном только телесном мире; в этом состоит отправная точка всякой современной науки, которая, двигаясь постоянно в этом направлении, должна сделать это ограничение все более и более эффективным. Учреждение научных теорий или, если угодно, философско-научных, также должно было происходить постепенно; и (мы должны здесь обобщенно напомнить то, что уже говорили) механицизм прямо уготовил путь материализму, который должен был отметить, в некотором роде неисцелимым образом, редукцию ментального горизонта к телесной области, рассматриваемой с этих пор как единственная «реальность», к тому же лишённая всего того, что могло бы рассматриваться как нечто просто «материальное»; естественно, выработка самого понятия «материи» физиками играло в этом важную роль. С этого времени, собственно говоря, мы вступили в «царство количества»; профанная наука, всегда бывшая, начиная с Декарта, механицистской, со второй половины XVIII века ставшая более специально материалистической, должна была в своих последовательно возникающих теориях становиться все более и более количественной, в то время как материализм, внедрившись в общий менталитет, стал насаждать там эту установку, независимо от всякого теоретического утверждения, но тем более диффузным образом, перешедшим в конце концов в нечто вроде «инстинктивного» состояния, которое мы назвали «практическим материализмом», и сама установка должна была быть ещё усилена промышленными приложениями количественной науки, результатом чего было все более и более полное прикрепление людей к одним только «материальным» реализациям. Человек «механизировал» все вещи, и в результате он пришел к «механизации» самого себя, впадая мало-помалу в состояние ложных нумерических «единств», теряющихся в единообразии и неразличимости «массы», то есть, в конце концов, во множественности; в этом состоит, конечно, самая полная победа, какую только можно вообразить, количества над качествам.
Однако, одновременно с тем, как происходила эта работа «материализации» и «квантификации», которая, впрочем, ещё не закончена и, может быть, даже никогда не будет закончена, потому что тотальная редукция к чистому количеству нереализуема в проявлении, уже началась другая работа, лишь по видимости противоположная первой, и началась она, напомним, вместе с появлением материализма, собственно говоря. Эта вторая часть антитрадиционного действия должна стремиться не к «отвердению», но к растворению, разложению; отнюдь не противореча первой тенденции, которая характеризуется редукцией к количественному, тогда, когда максимум возможного «отвердения» будет достигнут, эта тенденция должна способствовать тому, чтобы она, превзойдя свою первоначальную цель и стремясь привести непрерывность к прерывности, стала бы сама тенденцией к разложению. Эта вторая работа, которая осуществлялась как более или менее скрытая подготовка, по крайней мере, посреди ограничений, в это время также должна выйти на свет и, в свою очередь, приобрести все более и более важное значение, в то время как сама количественная наука становится менее строго материалистической в собственном смысле слова и, в конце концов, перестаёт опираться на понятие «материи», становящееся все более и более неосновательным и «ускользающим» вследствие самих теоретических разработок.
После полного, насколько возможно, закрытия телесного мира, нужно было, не позволяя восстановить никакой связи с высшими сферами, открыть его снизу, чтобы дать доступ деструктивным и разлагающим силам из низшей тонкой области; именно «развязывание», можно сказать, этих сил и их введение в действие для завершения извращения нашего мира и приведения его действительно к окончательному разложению и составляет эту вторую часть или вторую фазу, о которой мы только что говорили. Можно даже сказать, что, в действительности, здесь есть две отдельные фазы, хотя частично они и одновременны, так как в «плане» всего ансамбля современного извращения они логически следуют друг за другом и полностью осуществляются лишь последовательно; впрочем, как только материализм был конституирован, первая фаза виртуально, в определённом роде, была уже выполнена и должна была лишь развернуться через развитие того, что уже имплицитно содержалось в самом материализме; и как раз тогда началась подготовка второй фазы, лишь только первые следствия которой видны в настоящее время, но однако, следствия эти достаточно уже явны для того, чтобы предвидеть то, что из этого последует, и чтобы можно было сказать, без всяких преувеличений, что именно этот второй аспект антитрадиционной деятельности с настоящего момента выходит на первый план на самом деле в намерениях того, что мы общим образом обозначили вначале как «противник» и что мы можем более точно назвать «контринициацией».