Le Caire, 6 janvier 1948
Cher Monsieur,
Votre mot vient de me parvenir, et je suis très heureux d’avoir ainsi de vos nouvelles après si longtemps, car je me demandais souvent où vous pouviez être maintenant ; je ne pensais pas que vous étiez retourné dans l’Amérique du Sud.
Quant à moi, comme vous le voyez, mon adresse n’a pas changé, et je n’ai jamais bougé d’ici pendant toutes ces années. Les communications avec presque tous les pays ayant été interrompues du fait de la guerre, j’ai profité de ce que j’avais ainsi tout mon temps libre, sans correspondance ni articles à écrire, pour préparer quatre nouveaux livres, qui ont paru successivement en 1945 et 1946. Maintenant, on s’occupe de la réédition de mes anciens ouvrages qui étaient tous épuisés depuis longtemps déjà. – La revue Études Traditionnelles, qui avait naturellement cessé sa publication, l’a reprise à la fin de 1945.
Vous avez peut-être su, puisque ce n’est pas très loin de vous, qu’une traduction espagnole de l’Introduction générale avait paru à Buenos Aires pendant la guerre. D’autre part, une traduction portugaise de La Crise du Monde moderne doit être sortie ces jours-ci à Sâo Paulo.
J’espère, d’après ce que vous me dites, avoir bientôt d’autres nouvelles de vous, et je pourrai alors, moi aussi, vous récrire à mon tour plus longuement que je ne le fais aujourd’hui, ayant voulu du moins ne pas tarder à vous répondre.
Je vous remercie de vos bons vœux, et je vous adresse tous les miens en retour, regrettant seulement qu’ils ne puissent vous parvenir que quelque peu tardivement.
Croyez toujours, je vous prie, cher Monsieur, à mes sentiments les meilleurs.
René Guénon
Каир, 6 января 1948 г.
(перевод на русский язык отсутствует)