Le Caire, 28 février 1936
Monsieur,
Je viens de recevoir votre lettre, transmise par M. Chacornac ; et, tout d’abord, je vous remercie de ce que vous voulez bien me dire au sujet de mes ouvrages.
Merci aussi de votre communication ; je connaissais déjà cette brochure, et j’y ai même consacré une note dans un de mes comptes rendus du Voile d’Isis, dans le n° de novembre dernier. Tout ce que vous me dites n’est que trop vrai, et plusieurs autres personnes m’ont déjà fait part de réflexions semblables à ce sujet. Je dois dire d’ailleurs que ce n’est là qu’un symptôme parmi beaucoup d’autres du même genre ; bien des choses s’agitent en ce moment plus que jamais, qui sont certes fort peu rassurantes... et qui en effet ne justifient que trop ce que j’ai écrit !
Je vois que l’adresse du “Secrétariat belge des Artisans de l’Ère Nouvelle” a été ajoutée après coup ; elle ne figure pas sur l’exemplaire que j’avais. Ne savez-vous rien sur les personnages qui dirigent ce groupement, et qui doivent vous connaître, à en juger par l’envoi qu’ils vous ont fait ? – Il faut dire d’ailleurs qu’il y a dans toutes ces choses bien des gens qui sont simplement inconscients, ceux qui inspirent tout cela ne paraissent même jamais à l’extérieur ; et il est très possible que Mrs. Bailey elle-même ne se doute pas de ce qui la mène.
Croyez, je vous prie, Monsieur, à mes très distingués sentiments.
René Guénon
Каир, 28 февраля 1936 г.
(перевод на русский язык отсутствует)