Le Caire, 10 mars 1938
Cher Monsieur,
J’ai répondu ces jours derniers à M. Vâlsan ; mais voilà qu’aujourd’hui il arrive encore quelque chose de nouveau : une troisième lettre recommandée d’Avramescu, qui naturellement se plaint fort de mon silence, et qui déclare qu’il ne me récrira plus s’il n’obtient pas de réponse cette fois ; espérons-le ! – Mais ce qu’il y a de plus intéressant dans sa lecture est ceci : il paraît que D. lui a dit que je l’ai traité de “farceur” dans plusieurs des lettres que je vous ai écrites, et aussi, de plus, que je vous ai écrit “qu’il faudrait faire tout le possible pour l’empêcheur (Avramescu) de s’intéresser à l’ésotérisme”. Or je n’ai rien écrit de tout cela ; alors, je me demande plus que jamais qui, de D. ou d’Avramescu, est le plus menteur ! Il y a une seule chose exacte dans ce que D. a dit : c’est la réflexion que je vous ai faite (ou à M. Vâlsan, je ne sais plus exactement) au sujet de la note “comminatoire” insérée dans le n° 2 de “Memra”… Quoi qu’il en soit, je vous prierai très instamment de ne plus communiquer à D. rien de ce que je vous écris (à part ce que je vous ai demandé de lui dire de ma part, bien entendu), puisque je vois qu’il n’a rien de plus pressé que d’aller le rapporter à Avramescu en le déformant et en y ajoutant ses propres inventions. Pourtant, si je n’ai pas traité Avramescu de “farceur”, D., lui, l’a traité d’“escroc” tout au long de la lettre qu’il m’a écrite… grâce à l’adresse qu’il s’est fait donner par lui ! À mon avis, les deux personnages se valent à peu près, et c’est bien pourquoi je pense que le mieux est de les tenir à distance aussi bien l’un que l’autre ; autrement, il n’y aurait aucune raison pour qu’on arrive jamais à voir la fin de tous ces racontars plus que déplaisants…
En hâte, avec mes sentiments les meilleurs.
René Guénon
Каир, 10 марта 1938 г.
(перевод на русский язык отсутствует)