Le Caire, 6 xxx 1947
Cher Monsieur et ami,
J’ai reçu avant-hier votre lettre du […] merci tout d’abord pour le compte rendu […] qui y étaient joints. – En même [temps, j’en] ai reçu une d’Allar, écrite la veille [de son] départ pour Bruxelles ; comme vous, je [pense que l’]installation de sa mère chez lui ne soit [pas sans] quelques inconvénients, mais, d’un autre [côté, peut-être] que cela lui évitera ces allées et venues [qui] finissaient par lui prendre une grande [partie de] son temps.
Merci pour l’envoi du chèque […] me dit aussi l’avoir bien reçu. – […] marque au sujet de votre compte : le […] Desclée représente le solde du “Théosophisme” [et de] celui de “S t
Bernard”. Celui-ci aura […] adressé par les éditions Publiroc, de […] vant ce que je leur avais demandé, […] qu’elles n’en aient rien fait ; cela […] d’ailleurs qu’à 783 fr., ce qui est peu […] il aurait tout de même mieux valu […] aussi soit réglé définitivement x
. – […] Chacornac, après prélèvement des 16.300 fr. […] par ailleurs, il ne restait plus […] 723 fr. à la fin de décembre ; il n’y [a plus] qu’à attendre que cela se monte à une […] importante. D’après ce qu’il me disait […] lettre, la vente des “Aperçus” et celle […] “orientale” se poursuivent toujours avec […] régularité, et il est à prévoir que le […] d’ici la fin de cette année ; il est […] n’ait pas tiré à un plus grand nombre…
Allar a joint à sa lettre celle de Rouhier dont vous me parlez ; je vais tâcher d’y répondre aujourd’hui même en lui donnant les explications qu’il demande. En réalité, la seule difficulté là-dedans porte sur l’équivalence en francs de cette somme de 50000 lires ; comme l’Université de Bordeaux a touché cette somme en lires et n’a pas fait le versement avant la dévaluation du franc, il me semble bien, et Allar est aussi de cet avis, que c’est avec elle que la chose devrait être discutée, et non avec Laterza qui n’y est évidemment pour rien, et qui croyait d’ailleurs que les fonds avaient été envoyés à Rouhier depuis plusieurs mois déjà !
Pour les affaires de Blois, j’ai écrit il y a un certain temps à M e
Perruchot pour lui demander qu’il m’envoie un relevé de ses comptes, car je n’en ai eu aucun depuis le versement qu’il vous avait fait ; il m’a répondu par un mot disant seulement qu’il allait s’occuper de faire établir ledit relevé, et je l’attends encore… Tous ces gens, à Blois, sont d’une négligence et d’une inertie inimaginables ; cela a d’ailleurs toujours été ainsi, et on ne peut même pas arriver à tirer d’eux un renseignement quelconque. Aussi je crois comme vous que nous ne pourrons avoir de nouvelles précisions sur bien des points que quand il vous sera possible de faire un autre voyage… Il est tout de même étonnant que M e
Bounion ne vous réponde pas non plus ; je me rappelle qu’autrefois il y avait en effet une étude d’huissier dans la rue des Bureaux, et, d’après ce que vous me dites, ce doit être la sienne ; mais, avec tous ces changements récents dans les noms des rues, je ne m’y reconnais plus du tout.
Je vois que la situation financière en France est décidément fort peu rassurante ; je n’en suis pas très surpris, mais, tout de même, je ne croyais pas que les choses en étaient à ce point. J’avais appris ce qui s’était produit pour les billets de 5000 fr. (je ne comprends pas bien pourquoi ceux-là plutôt que les autres), mais ce qui me paraît surtout à craindre, c’est qu’un jour ou l’autre la monnaie française ne soit changée complètement, comme cela a déjà été fait pour celle de certains autres pays, notamment la Grèce et la Roumanie… Quant aux divers impôts et emprunts successifs, je me demande comment on peut arriver à s’y retrouver au milieu de toutes ces complications qui n’en finissent pas ; sûrement, il ne doit pas être facile de trouver un peu de tranquillité d’esprit avec tout cela !
Pour la vente éventuelle des immeubles, vos réflexions sont sans doute justes, mais, malheureusement, je ne vois toujours pas de solution satisfaisante ; pour ce que vous envisagez à ce sujet, il ne faut pas oublier que certaines choses qui paraissent tout à fait normales en Europe ne le sont pas du tout ici. D’abord, au point de vue sharaïte
, les placements en titres ne sont pas admis ; ensuite, je ne sais pas si le transfert de titres serait plus possible que celui de l’argent, mais en tout cas, en admettant qu’il le soit, il me serait absolument impossible de les négocier moi-même. De plus, si je venais à disparaître entre temps (car il faut tout prévoir), ce ne pourrait être qu’une cause de très graves embarras, et même, ces titres constituant un élément tout à fait insolite dans une succession soumise au droit islamique, il est fort probable que l’État égyptien s’en emparerait purement et simplement… – Bien entendu, tout cela n’empêche que, si vous allez à Blois, vous voyiez ce M. Gruais pour savoir exactement quelles seraient ses intentions ; je me doutais bien que vous ne deviez pas avoir visité la maison en question, mais je ne crois pas que de toutes façons elle puisse avoir besoin de tant de réparations qu’il semblait vouloir le dire, probablement pour pouvoir l’acquérir à meilleur compte.
Je ne sais pas si Allar aura pu passer à la B. N. C. I. avant son départ comme il me disait en avoir l’intention ; si les titres en question n’ont à peu près aucune valeur, comme c’est probable, il vaudra sans doute mieux trouver un moyen de s’en débarrasser d’une façon quelconque, afin que cette affaire encore soit liquidée une fois pour toutes.
Pour passer à des questions d’un autre ordre, je pense comme vous qu’il n’y a qu’à continuer à m’envoyer les brochures concernant les œuvres de Milton, de façon à ce que je puisse arriver à en avoir finalement la collection complète.
Je suis très heureux de ce que vous me dites de votre voyage à Lausanne ; Allar m’avait d’ailleurs déjà dit que vous en étiez revenu très satisfait. – J’ai appris par Clavelle que J.-A. Cuttat était venu dernièrement à Paris, mais Allar ne m’en a pas parlé, de sorte que je me demande si cela ne s’est pas trouvé pendant une de ses absences.
Pour la “Grande Triade”, j’ai entendu dire que Cerf aurait l’intention d’aller en Suisse avec Clavelle, mais je ne sais pas quand ce projet devrait se réaliser. Je me demande d’ailleurs si, pour diverses raisons, il n’y aurait pas intérêt à attendre, pour faire quelque chose dans ce sens, que Clavelle, Maridort et Maugy soient parvenus au grade de Maître ; l’ennui est que les délais ont été considérablement augmentés par les règlements actuels ; mais je viens d’apprendre que Cerf avait réussi à les faire réduire pour eux et qu’ils devaient recevoir le grade de Compagnon ce mois-ci ; si une dispense semblable est accordée aussi pour le grade de Maître, ils pourraient l’avoir dès l’été prochain, au lieu d’être obligés d’attendre encore un an comme il en aurait été en appliquant strictement la règle générale.
Vous avez toujours oublié de me reparler, comme vous me l’aviez promis, de Swinburne Clymer et de Deb., de sorte que je ne sais toujours pas si leur entrevue a eu lieu ; tâchez d’y penser une prochaine fois. À ce propos, j’ai été assez surpris de voir le nom de Deb. mentionné avec celui de Dupont comme co-successeurs (si l’on peut s’exprimer ainsi) de feu Chevillon à la tête du groupement lyonnais ; ce renseignement, donné par J. Chaboseau dans sa lettre de démission de la Grande-Maîtrise de l’“Ordre Martiniste Traditionnel” (un des groupements concurrents), est-il bien exact ?
Bien cordialement à vous.
René Guénon
——————————[x] Je n’en ai eu aucune autre nouvelle depuis ce temps, et je ne sais pas du tout où peut en être la réimpression de la brochure qu’ils disaient alors devoir être faite incessamment ; pensez-vous que je devrais leur récrire ?
Каир, 5 июля 1948 г.
(перевод на русский язык отсутствует)