Le Caire, 12 novembre 1936
Cher Monsieur,
Je reçois votre lettre en même temps qu’une de Clavelle qui me parle aussi de votre article sur le Boroboudour comme devant paraître dans le nº de décembre, pour lequel je viens moi-même d’expédier mon travail hier. – Je me félicite d’avoir eu l’idée de vous signaler les travaux de M. Mas, à la suite de ce que m’en avait dit Coomaraswamy.
J’ai eu aussi de vos nouvelles, ces temps derniers, par M. Charbonneau, qui m’a dit avoir eu votre visite à Loudun. J’apprends que, malgré un nouveau retard de Desclée, le prospectus de son ouvrage vient enfin de paraître ; l’annonce faite dans les « E.T. » a déjà produit quelques résultats ; espérons qu’il viendra encore d’autres souscriptions…
Pour la réunion de vos articles en volume, je suis un peu embarrassé pour vous donner un avis, et voici pourquoi : en principe, je n’aime pas beaucoup les livres composés d’articles rassemblés tels quels, parce qu’on a toujours l’impression que cela manque d’unité et ne fait pas vraiment un « tout », et aussi parce que la forme même des articles est forcément quelque peu différente de celle du livre ; mais, d’un autre côté, je comprends trop bien que vous soyez quelque peu effrayé par l’idée d’un remaniement complet… Alors, il me semble que le mieux serait encore la solution intermédiaire que vous énumérez en dernier lieu : vous pourriez, dans ces conditions, faire dans le texte même les quelques modifications qui vous paraîtraient nécessaires pour que les différents chapitres se relient davantage entre eux, et aussi, bien entendu, ajouter un avant-propos et une conclusion de nature à accentuer davantage l’unité en faisant ressortir les « idées directrices » de votre travail. Quant à l’ordre même à adopter pour les chapitres, c’est naturellement vous qui pouvez vous rendre compte de ce qui conviendra le mieux. Voilà en somme, après y avoir réfléchi, ce qui me semble devoir permettre d’en tirer le meilleur parti possible ; mais il va de soi que, si vous trouviez quelque autre idée préférable, ce que je vous dis là ne devrait en aucune façon vous empêcher de la suivre…
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes bien cordiaux sentiments.
René Guénon
Каир, 12 ноября 1936 г.
(перевод на русский язык отсутствует)