Le Caire, 15 juin 1947
[…] Je vous remercie de m’avoir fait part de votre dernière réponse à Clavelle ; celui-ci m’a en effet tenu au courant de votre correspondance avec lui jusque là, mais je suis un peu étonné qu’il ne me parle pas de cette réponse dans une lettre que je viens justement de recevoir de lui. Il est vrai qu’il croit peut-être l’avoir déjà fait, car il ne m’avait pas écrit depuis longtemps, et cette lettre, assez courte, est surtout destinée à s’excuser de ce qui pourrait paraître de la négligence, mais qui, assure-t-il, n’est dû qu’aux préoccupations causées par sa situation, et qui malheureusement semblent toujours ne pas diminuer… J’avais remarqué aussi sa crainte au sujet du rattachement à la Shariy’ah pour les candidats à l’initiation maçonnique, et je lui avais dit de vous poser nettement la question ; voilà donc encore une difficulté, ou soi-disant telle, qui se trouve maintenant dissipée. Le principal inconvénient d’une loge non fédérée aurait été que, avec l’organisation actuelle (c’est-à-dire celle qui remonte à 1717), les membres qui auraient reçu l’initiation auraient été considérés en fait, bien qu’à tort, comme des Maçons « irréguliers » (sans pourtant qu’on conteste la validité de leur initiation même), et que, par conséquent, ils n’auraient pu pénétrer nulle part ni exercer une action plus étendue sur le milieu maçonnique. Quant au point de vue catholique et à la question de compétence qu’il soulève, je ne crois vraiment pas qu'il soit possible d'ajouter quelque chose à ce que vous en avez dit…
Pour ce qui est de l’invocation d’un nom divin et de la façon dont celui-ci pourrait être « donné » pour que cette invocation soit pleinement valable, je suis naturellement tout à fait de votre avis ; il y aurait lieu seulement de préciser dans quelles conditions la chose serait possible, et je pense aussi qu’elle devrait être réservée à une sorte de « cercle intérieur ». Le Nom El Shaddaï est, vous le savez, celui qu’on dit avoir été invoqué plus particulièrement par Seyidna Ibrahim [Abraham] ; il est plus que probable que, en général, on ne doit guère comprendre quel rapport il peut y avoir entre celui-ci et les rites des constructeurs (je n’ai d’ailleurs jamais vu soulever cette question nulle part) ; mais ne pourrait-on pas dire que ce rapport résulte de ce qu’il bâtit de ses mains la Kaabah avec Seyidna Ismaîl ? En ce cas, il y aurait là encore un lien assez remarquable avec l’Islam, et qui serait même de nature à justifier encore plus complètement la communication du Nom, comme vous l’envisagez, par des membres d’une organisation islamique. […]
Каир, 15 июня 1947 г.
(перевод на русский язык отсутствует)