1er juin 1925
[…] Le double serpent appelé en grec “amphisbène” – qui marche des deux côtés – est pour moi équivalent aux deux serpents qui s’enroulent autour du caducée d’Hermès ; il réunit donc en lui les deux esprits opposés du symbole, et cela correspond exactement à l’interprétation que vous indiquez : le Christ en haut, l’Antéchrist ou Satan en bas ou bien chez les néoplatoniciens d’Alexandrie l’Agathodaemon (Αγαθοδαιμων) et le Χαχοδαιμων.J’ajoute que le signe Ƶ qui peut être regardé comme la réunion des deux lettre IS peut aussi représenter en même temps le serpent percé d’une flèche, autre symbole qui a été d’un usage assez fréquent.
[…] L’équivalence de l’ibis, de la cigogne et du héron ne me paraît pas douteux ; quant à leur ancienneté respective, elle n’est pas très facile à déterminer. En tout cas, la figure de l’ibis chez les égyptiens remonte très loin ; mais pour le héron, je ne crois pas qu’on puisse savoir, même approximativement, quand a commencé son usage hiéroglyphique chez certains peuples américains.
[…] Le rapprochement que vous envisagez entre l’ ouroboros et la roue symbolique (figure très généralement répandue puisqu’elle se trouve chez les celtes aussi bien que dans l’Inde) est tout à fait exact, à la condition, bien entendu, d’assimiler le serpent à la circonférence seule de la roue ; les rayons selon leur nombre et leur disposition ajoutent quelque chose à la signification du symbole (qui a aussi une relation avec certaines représentations du lotus et de la rose en Occident, et également avec les rosaces des églises).
À propos des roues, il y en a de très curieuses sur la façade de l’ancienne église St Maxime de Chinon.
1 июня 1925 г.
(перевод на русский язык отсутствует)