Paris, 13 mars 1926
Cher Monsieur,
La brochure sur Saint-Nectaire m’est parvenue presque en même temps que votre lettre. Ce n’est pas la peine de vous excuser de ne pas me l’avoir renvoyée plus tôt, car cela n’avait rien de particulièrement urgent. Vous me direz si vous avez une réponse de l’auteur et si elle vous satisfait.
Ce matin, j’ai reçu les épreuves de vos clichés ; tous mes remerciements pour avoir fait cela si promptement. L’article n’est même pas encore rédigé ; il va falloir que je m’y mette sans tarder pour pouvoir l’envoyer au P. Anizan avant le 25 comme je lui ai promis. Les clichés sont tout à fait nets ; je vois que vous avez un peu modifié la disposition que vous m’indiquiez dans votre lettre, mais cela n’a aucune importance, et c’est très bien ainsi. Merci aussi de vous être donné la peine de refaire les roues, malgré tout le travail que vous avez.
Je suis heureux de savoir que vos deux mémoires pour le Congrès des Sociétés savantes sont acceptés ; serait-il indiscret de vous demander quels en sont les sujets ? Vous m’aviez parlé, pour l’un, des signes des Carmes ; l’autre se rapporte-t-il aussi à une question du même genre ?
Je suis heureux aussi de ce que vous me dites sur la façon très favorable dont mes articles sont appréciés par vos amis ; j’espère que la suite leur donnera également satisfaction. De mon côté, j’ai déjà obtenu quelques abonnements et je pense en avoir d’autres.
Ce que vous me dites à propos du Cœur rayonnant et du Cœur enflammé concorde tout à fait avec mon interprétation, et cela me fait penser que peut-être pourriez-vous donner à mon article un complément, au point de vue plus spécialement iconographique et héraldique ; il me semble que ce serait une excellente chose. – Que faites-vous donc avec les lions pour avril ? Cela m’intrigue un peu…
Je n’ai pas encore reçu le n° de mars ; il y a bien du retard ce mois-ci.
Ce n’est pas facile en effet de lire dans les rues de Paris, mais on lit surtout dans le métro et les autobus ; il faut songer qu’ici bien des gens n’ont guère de temps libre et utilisent ainsi celui qu’ils passent en allées et venues forcées. – Comme vous le dites, il faudrait voir si l’économie réalisée par l’augmentation du format en vaudrait vraiment la peine et compenserait les inconvénients de ce changement ; je vous avoue que je n’ai là-dessus aucune donnée précise.
J’ai écrit il y a quelques jours au P. Anizan ; il m’avait communiqué la suggestion de M. Foussier, de remplacer “Sacré Cœur” par “Cœur Sacré” dans le titre de la Société. Pour ma part, je ne vois pas bien l’avantage de cette modification, qui ne serait guère comprise, et je ne crois pas que ce soit cela qui puisse dissiper certains préjugés ; il faut plutôt compter sur ce que nous ferons pour parvenir à ce résultat. Qu’en pensez-vous ?
Genty m’a signalé, à votre intention, l’“Histoire de Dieu” de Didron, où sont reproduites, paraît-il, un grand nombre de figurations des trois personnes de la Trinité, ensemble et isolément ; peut-être connaissez-vous cet ouvrage. – Connaissez-vous aussi “Les Symboles de la Croix”, par l’abbé Boiteux ? On m’a seulement indiqué le titre de ce livre, de sorte que je ne sais pas s’il contient quelque chose de vraiment intéressant, ni même à quel point de vue le sujet est traité.
Voilà déjà quelque temps que j’oublie de vous demander si vous connaissez des ouvrages sur S t
Bernard ; on m’a demandé un petit travail sur celui-ci, pour un recueil de vies de saints qui doit paraître vers la fin de cette année, et je tâche de me procurer des renseignements de divers côtés, car il faudra que je m’occupe de cela après les vacances de Pâques. Le P. Anizan m’a signalé l’ouvrage de Vacandard ; peut-être pourrez-vous me donner quelque autre information.
Il paraît que décidément le “Mercure de France” ne veut plus accepter les articles de M. Le Cour; celui-ci accuse un de nos compatriotes blésois de l’avoir desservi auprès de la direction ; je ne sais si cela est vrai ou si c’est encore un effet de sa trop riche imagination. Êtes-vous toujours en correspondance avec lui, et continue-t-il à s’indigner de nos “révélations” intempestives ?
Ces dames vous offrent leurs meilleurs compliments, et moi, cher Monsieur, je vous prie de croire à mes sentiments bien cordiaux.
René Guénon
Париж, 13 марта 1926 г.
(перевод на русский язык отсутствует)