Avril 1938
Avril 1938 – D’un certain côté où l’on semble, depuis quelque temps, prendre à tâche de rassembler les débris épars de l’ancien « mouvement » occultiste, il se produit une attaque vraiment curieuse contre la nécessité d’une transmission initiatique effective et régulière, évidemment fort gênante pour quiconque ne peut invoquer rien de mieux qu’un rattachement « idéal » aussi vague qu’inefficace ! On y parle, pour déprécier ce qu’on ne peut se vanter de posséder, d’« initiation exotérique », ce qui est une contradiction dans les termes ; tout rite initiatique est, par nature et par définition même, un rite ésotérique ; seulement, pour le comprendre, il faudrait d’abord ne pas confondre la transmission initiatique avec une transmission exotérique telle que celle des ordinations ecclésiastiques ; ce sont là des choses qui ne sont aucunement du même ordre, bien que d’ailleurs, chacune dans son domaine propre, elles soient également indispensables. Pour augmenter encore la confusion, on met sur le même plan les organisations initiatiques authentiques et quelques-uns des pires exemples de « pseudo-initiation » qui se puissent trouver… Mais le plus beau est que cette fureur négatrice va jusqu’à contester l’existence de la Tradition primordiale elle-même, et nous devinons bien pourquoi : c’est la filiation même des traditions orthodoxes qui est gênante au fond, parce que c’est elle qui implique essentiellement, dans l’ordre initiatique, cette « chaîne » dont on prétend se passer. Nous pouvons, sans aucune exagération, appliquer aux gens de cette sorte ce qu’eux-mêmes disent de l’étude des doctrines traditionnelles, préférant sans doute demeurer dans leur ignorance, ce qui est en effet plus commode et moins fatigant pour eux : tout ce qu’ils peuvent faire pour chercher une prétendue initiation dans les nuées de l’« invisible » ou dans… le monde de la Lune, en dehors de toute « lignée » terrestre, « n’est qu’un effort vain, un travail ineffectif, une titubation dans l’obscurité et un enfantillage mental » !
Апрель 1938 г.
(перевод на русский язык отсутствует)