Paris, 4 mars 1922
Chère Mademoiselle,
Je viens de voir Massis, qui, comme moi a reçu votre lettre hier soir ; il m’a chargé de vous transmettre les explications qu’il m’a données. Donc, voici la chose en deux mots : comme Johannet n’a traité que le point de vue politique, son article n’est pas considéré comme constituant un compte-rendu de mon livre, et il n’empêchera nullement le vôtre de paraître. Massis n’a pas encore vu votre article, mais il ne pense pas (et moi non plus) que vous vous soyez étendue sur le coté politique de la question ; si toutefois vous en avez parlé incidemment, il vous demanderait simplement de supprimer le passage qui pourrait faire double emploi avec ce qui a déjà été dit. Voilà ce qu’il a répondu à Maritain, qui, de son côté, lui a aussi écrit à ce sujet. En somme, tout s’arrange donc pour le mieux ; votre lettre m’avait inquiété ; je me demandais ce qu’il pouvait y avoir là-dessous, et j’ai voulu tirer tout de suite la chose au clair. Si j’ai ainsi deux articles au lieu d’un, je n’aurais pas à m’en plaindre.
Johannet doit me faire aussi un compte-rendu dans les “Lettres” ; il n’y a encore rien dans le numéro de mars, que j’ai reçu ce matin ; ce sera sans doute pour le mois prochain. D’autre part, il a parlé de moi dans un article de la “Revue Française”, toujours à propos des dessous politiques du Théosophisme. J’ai eu deux très bons articles, l’un de Gonzague Truc dans l’“Epi ion”, l’autre d’Eugène Tavernier dans la “Libre Parole”. – Ces jours derniers, Daudet a reparlé à Massis de mes deux volumes ; il a toujours l’intention de faire quelque chose à ce sujet ; c’est dommage qu’il soit si occupé.
Nous espérons bien que, malgré tout ce que vous avez à faire, vous pourrez trouver quelques instants pour venir nous voir avant les vacances de Pâques, que nous irons passer à Blois comme d’habitude. Je souhaite que vous arriviez bientôt à terminer votre thèse ; ce sera une préoccupation de moins pour vous.
Pour ce qui est de Germain, il ne nous a pas donné le moindre signe de vie, malgré ses promesses, depuis le jour ou il est venu avec vous. C’est à se demander s’il est encore à Boulogne ; c’est vraiment inquiétant en effet.
Croyez, chère Mademoiselle, à nos sentiments les plus sympathiques.
René Guénon
Париж, 24 апреля 1922 г.
(перевод на русский язык отсутствует)