Paris, 16 juillet 1920
Chère Mademoiselle,
Nous avons regretté de ne pas vous voir avant votre départ, et nous espérons que l’état de santé de votre frère François ne s’est pas aggravé. Au moment où nous avons reçu votre lettre nous allions, de notre côté, vous écrire pour vous prier de nous excuser, car Françoise était au lit depuis le dimanche avec la rougeole, et nous aurions eu peur de vous porter cette maladie.
Nous avons communiqué vos renseignements à notre cousine, nous ne savons pas encore ce qu’elle va faire.
Dès le retour de Lévy-Brühl, je lui ai parlé de mon travail ; il m’a presque détourné d’Alcan, m’affirmant que celui-ci, même avec sa recommandation, ne voudrait pas se charger de faire les frais de l’édition. Je me suis donc adressé à Rivière, qui n’a pas refusé en principe, et à qui le sujet semble même plaire ; je lui ai remis mon manuscrit aujourd’hui, mais il demande quelque temps pour réfléchir et prendre conseil de différentes personnes, notamment du P. Peillaube. Croyez-vous qu’un mot de vous à ce dernier pourrait l’influencer favorablement ? Si oui, je vous prierais de bien vouloir le faire. Je ne sais pas quelles sont les autres personnes que Rivière à l’habitude de consulter ; je me doute un peu que Maritain doit en être, mais je n’ai pas de certitude comme pour le P. Peillaube. Je dois retourner voir Rivière dans une quinzaine, et je voudrais bien avoir une réponse définitive à cette époque.
Savez-vous si Germain s’est présenté à l’agrégation ? Pour nous, nous nous demandons s’il existe encore ; depuis un mois et demi que nous ne l’avons même pas aperçu.
Je pense que, si vous avez déjà quitté Saint-Germain, ma lettre vous parviendra quand même. Nous avons toujours l’intention de partir pour Blois dans les premiers jours du mois d’août.
Croyez, Chère Mademoiselle, pour vous et votre famille, à notre souvenir bien affectueux
René Guénon
Nous irons entendre la “Légende de saint Christophe” mercredi. – J’ai toujours le numéro des “Lettres” et le livre de Pécoul que vous m’aviez prêtés : vont-ils vous faire défaut ?
Париж, 16 июля 1920 г.
(перевод на русский язык отсутствует)