Le Caire, 27 août 1934
Mon cher ami,
Voilà déjà bien longtemps que j’ai reçu votre lettre, puis votre carte réexpédiée par Chacornac ; que devez-vous penser de mon retard à vous répondre cette fois ? Toute une série de circonstances m’en ont empêché jusqu’ici, et m’ont d’ailleurs mis en retard pour tout... D’abord, j’ai été assez fatigué pendant quelque temps, comme presque tout le monde ici, par de brusques variations de température assez désagréables ; heureusement, il n’y paraît plus maintenant. La chaleur est vraiment forte ici cette année et se prolonge plus qu’à l’ordinaire ; il faudrait pouvoir aller tout au moins passer quelque temps à Alexandrie, comme le font beaucoup de gens depuis que la crise ne leur permet plus de faire les frais d’un voyage en Europe pendant l’été ; mais, pour ma part, je ne bouge toujours pas du tout, et c’est moins que jamais le moment de faire des dépenses extraordinaires. C’est que je me suis décidé à faire comme vous : me voilà marié depuis un mois, et je dois dire que, à tous les points de vue, je me trouve fort heureux de ce changement d’existence. Il me devenait de plus en plus difficile de vivre ainsi seul ; ma santé même est déjà beaucoup meilleure ; et je vais certainement pouvoir m’organiser bien mieux maintenant pour travailler. Peut-être pourrai-en enfin bientôt mettre un nouveau livre en train ; mais il faut d’abord que je liquide l’arriéré, et je vous assure qu’il y en a : correspondance, lectures, j’avais dû tout négliger ces temps derniers, et je commence seulement à m’y reconnaître un peu...
Et vous, comment allez-vous ? J’espère que votre séjour en Bretagne vous aura fait du bien à tous ; vous me direz cela dans votre prochaine lettre, et aussi si vous avez vu cette année des choses intéressantes.
J’ai reçu le nº 2 de la revue astrologique ; cette fois encore, il n’y a rien de bien sensationnel ; mais Chacornac dit que tout ce qui touche à l’astrologie se vend actuellement plus que n’importe quoi ; cette vogue est vraiment une chose bien curieuse, et je me demande ce qui peut l’expliquer ; avez-vous quelque idée là-dessus ?
Clavelle a dû vous parler de l’histoire de Chamuel et de la résurrection de l’“Initiation” annoncée pour octobre ; je n’y reviens donc pas ; je ne sais si ce projet aboutira plus que tant d’autres... Malgré ses protestations de bonne confraternité envers le “Voile”, l’intention de faire concurrence à celui-ci ne paraît guère douteuse ; mais, à vrai dire, je ne crois pas que cette concurrence puisse être bien redoutable.
Vous devez aussi avoir vu le dernier livre de Pouvourville ; que cela est donc lamentable, et qu’il est triste de le voir en arriver là !...
Chacornac m’a envoyé le livre de Papus sur les Nombres, mais je n’ai pas encore eu le temps de le lire ; Clavelle m’a dit en effet tout le mal qu’il avait eu à arranger ce gâchis ; mais, pour tout le monde, c’est Chacornac qui aura fait ce travail !
Vous serez bien aimable, quand vous en aurez l’occasion, de rappeler encore à Tamos sa promesse de rechercher ce que je vous ai demandé au sujet du St Graal, car sans cela je crains qu’il ne faille attendre longtemps... Quant au livre de Hucher, s’il ne vaut pas plus de 30f. vous pourrez demander de ma part à Chacornac de se le procurer et de me l’envoyer ; il prélèvere cela sur ce qui reste encore du compte de la “Gnose”.
Pour votre dernier article du “Voile”, je me permettrai de faire encore la même critique à peu près que pour votre travail sur la Pierre : il y a dans tout cela des choses très intéressantes, mais qui auraient besoin d’être davantage ordonnées et clarifiées ; je reconnais d’ailleurs que ce ne doit pas être très facile, puisqu’il semble que les données mêmes soient plus ou moins contradictoires sur certains points. C’est tout de même curieux que tout ce qui touche aux traditions occidentales soit si obscur ; on dirait vraiment que tout cela a été embrouillé volontairement ; mais quand et par qui ?
Votre façon d’envisager l’incompatibilité de l’ésotérisme et du mysticisme est tout à fait exacte ; quant à prétendre comme Sédir que le Christianisme doit forcément être mystique, c’est là une véritable absurdité ; sans même sortir du domaine de l’exotérisme, je me demande ce que deviendrait en ce cas toute la théologie !
À propos du Sinaï, j’ai vu dernièrement quelque chose d’assez curieux : Dionysos est le “dieu de Nysa” ; or Diodore de Sicile situe Nysa entre la Phénicie et l’Égypte ; ce serait donc le Sinaï, dont le nom est d’ailleurs l’anagramme de Nysa ; et cela ferait en quelque sorte du Sinaï une des “localisations” du Mêru ; que pensez-vous de cela ?
Pour votre question au sujet de la Maç∴ et du Comp∴, on peut dire ceci : la transmission initiatique est assurée par les rites ; peu importe, à cet égard, que ceux-ci soient accomplis par des ignorants qui n’y comprennent rien ou même qui ne croient pas à leur vertu ; la force inhérente aux rites n’en subsiste pas moins pour cela, et l’“influence spirituelle” pourra toujours produire son effet quand elle atteindra par ce moyen quelqu’un qui est “qualifié” pour la recevoir. C’est exactement la même chose que, au point de vue religieux, pour les sacrements dont la validité est indépendante des dispositions du prêtre qui les administre ; au fond, c’est toujours l’histoire de “l’âne qui porte les reliques”...
Il y a encore en Angleterre 4 LL∴ travaillant “from time immemorial” et qui ont toujours refusé de se rattacher à la G∴ L∴ ; mais il n’existe rien de tel en France.
“Derush” en hébreu est la même chose que “dars” en arabe, qui signifie “leçon” ou “étude” ; je ne crois pas qu’on puisse trouver un rapport de sens entre ces mots et le sanscrit “drish”, qui signifie “voir” et d’où est dérivé “darshana”.
Ce qui correspond le plus exactement à l’Adam Qadmon dans la doctrine hindoue, c’est le Mahâ-Purusha dont il est question notamment dans le Purusha-Sûkta du Rig-Vêda ; mais il ne peut pas être assimilé purement et simplement à Îshwara, bien qu’on puisse sans doute dire qu’il en représente un aspect.
Je ne vois pas trop comment on pourrait établir une assimilation entre Askhenazim et Sephardim d’une part, Juifs palestiniens et alexandrins de l’autre ; pourriez-vous me dire ce qui vous a donné cette idée ?
Cette histoire de montagnes plus hautes que l’Everest dans le sud-est de l’Inde me paraît bien invraisemblable ; où donc avez-vous vu cela ? – Je pense à ce propos à une autre chose : qu’est-ce que ces “monts de la Lune” qui, dans les anciennes cartes, figuraient au centre de l’Afrique, et qui semblent avoir complètement disparu depuis ? Je me rappelle avoir vu cela autrefois, mais sans pouvoir préciser davantage à quoi cela se rapporte et quelle était l’origine de cette histoire...
Je vois que ce pauvre Faugeron en est toujours au même point, et malheureusement il est bien probable que maintenant il ne sortira jamais de là. Quant à ses expériences, je doute fort qu’il arrive jamais à un résultat ; je connais, même ici, des gens qui, avec des choses de ce genre, n’ont réussi qu’à se mettre dans la pire misère, ce qui d’ailleurs ne les empêche pas de continuer, car, une fois que cette passion les tient, ils sont véritablement incorrigibles !
Non, je ne savais pas que la L. martiniste de Chamuel et Michelet tenait ses réunions chez les Polaires, mais cela ne me surprend pas outre mesure. À ce propos, il semble que le Bulletin des Polaires ait cessé de paraître, et nous nous demandons si Chamuel ne compte pas sur ce milieu pour recruter des abonnés pour l’“Initiation”.
La diminution du nombre des abonnements au “Voile” n’est tout de même pas si sensible qu’on aurait pu le craindre au début de l’année ; d’après ce que Chacornac m’a dit dans sa dernière lettre, on est maintenant tout près d’atteindre les 500.
Je vois que vous faites justement allusion à l’histoire de Pouvourville vers la fin de votre lettre (je ne m’en étais pas aperçu en commençant à vous écrire) ; il est bien possible en effet que ce ne soit pas sans rapport avec les réunions chez Gary. J’ignorais tout à fait la mort de celui-ci ; c’est Clavelle qui me l’a apprise à la suite d’une réflexion que j’avais faite sur un passage de la lettre de Chamuel qui, à cause de cela, était incompréhensible pour moi ; sans doute aviez-vous oublié de m’en parler au moment. – Pour en revenir à Pouvourville, j’ai remarqué une chose vraiment singulière : son avant-dernier livre avait pour conclusion une réclame pour les sociétés financières indo-chinoises ; le dernier se termine par un appel aux souscriptions pour la construction de la basilique de Lisieux ; tout cela, hélas ! ne semble pas entièrement désintéressé...
Je n’avais jamais entendu parler de ce Navarre ; qu’est-ce donc au juste ? Je me demande ce qu’il faut croire de ce qu’il vous a raconté au sujet du card. V. ; pour les ouvrages modifiés ou supprimés, il me semble que cela devrait pouvoir être vérifié assez facilement, et la chose en vaudrait vraiment la peine... Il n’y a qu’une chose sympathique là-dedans : c’est le refus de faire des concessions aux exégètes modernes ; aujourd’hui, les catholiques en sont empoisonnés tout comme les autres, témoin les travaux de l’École biblique de Jérusalem.
Vous avez sans doute appris la disparition de Mme Britt ; je me demande quelles vont en être les conséquences... Il fallait que cela finisse ainsi un jour ou l’autre : tous ces gens l’ont exploitée tant qu’ils ont pu, mais ils sont allés trop loin et elle a fini par s’en apercevoir ; la pauvre femme n’a vraiment pas de chance, et cela montre qu’une fortune comme la sienne n’est pas toujours une chose enviable ; mais, tout de même, quel joli monde que toute cette bande Br., R. et Cie !
Je suis enfin sorti de mes tracas avec l’affaire de la faillite Bossard ; au bout de près d’un an, et après toutes sortes de difficultés dues à la mauvaise volonté du syndic, on a réussi à sortir mes livres de là, ce qui a été pour moi un véritable soulagement, car je commençais à craindre sérieusement qu’ils ne soient perdus ; ils ont été repris par Denoël et Steele.
Je ne vois plus rien d’intéressant pour aujourd’hui ; j’espère que vous ne ferez pas comme moi et que vous me donnerez bientôt de vos nouvelles ; je pense du reste que les raisons auxquelles est dû mon retard seront une excuse suffisante pour que vous ne m’en teniez pas rigueur...
Bien cordialement à vous.
René Guénon
Каир, 27 августа 1934 г.
Мой дорогой друг,
Прошло уже много времени с тех пор, как я получил ваше письмо, а затем и вашу открытку, пересланную Шакорнаком. Что вы должны думать о моей задержке с ответом на этот раз? До сих пор мне мешал целый ряд обстоятельств, которые, кстати, задержали меня со всем... Сначала я некоторое время был довольно уставшим, как и почти все здесь, из-за довольно неприятных резких перепадов температуры; к счастью, сейчас этого уже не видно. В этом году здесь действительно сильная жара, и она держится дольше, чем обычно; по крайней мере, нужно было бы иметь возможность провести некоторое время в Александрии, как это делают многие люди с тех пор, как кризис не позволяет им оплачивать поездку в Европу летом; но со своей стороны я все ещё никуда не езжу, и сейчас как никогда не время тратить лишние деньги. Дело в том, что я решил поступить так же, как и вы: я женат уже месяц, и должен сказать, что во всех отношениях я очень счастлив от этой перемены в жизни. Мне становилось всё труднее жить так одному; даже мое здоровье уже намного лучше; и я наверняка смогу организоваться гораздо лучше, чтобы работать. Возможно, вскоре я наконец смогу приступить к новой книге; но сначала мне нужно ликвидировать задолженность, и я вас уверяю, что она есть: переписка, чтение, я должен был пренебречь всем этим в последнее время, и только начинаю понемногу в этом разбираться...
А как дела у вас? Надеюсь, ваше пребывание в Бретани пошло на пользу всем вам; вы можете рассказать мне о нем в следующем письме, а также о том, видели ли вы что-нибудь интересное в этом году.
Я получил 2-ё номер астрологического журнала; на этот раз в нём нет ничего сенсационного; но Шакорнак говорит, что всё, что касается астрологии, сейчас продается лучше, чем что-то ещё; эта мода действительно очень любопытна, и я задаюсь вопросом, что может её объяснить; у вас есть какие-нибудь идеи на этот счёт?
Клавель, должно быть, рассказал вам об истории Шамюэля и о возрождении Initiation, объявленном на октябрь; я не буду к этому возвращаться и не знаю, осуществится ли этот проект лучше, чем многие другие... Несмотря на его заверения в дружественности к Voile, намерение конкурировать с ним вряд ли вызывает сомнения; но, по правде, я не думаю, что эта конкуренция будет очень серьёзной.
Вы также должны были видеть последнюю книгу Пувурвиля; как это прискорбно, и как грустно видеть, что он дошел до этого!...
Шакорнак прислал мне книгу Папюса о числах, но у меня ещё не было времени её прочитать; Клавель действительно сказал мне, как много проблем у него было с тем, чтобы привести этот беспорядок в порядок; но в итоге именно Шакорнак проделал эту работу!
Вы будете очень любезны если, когда у вас появится возможность, ещё раз напомните Тамосу об обещании выяснить то, что я просил вас о Святом Граале, потому что иначе, боюсь, придется долго ждать... Что касается книги Юше, если она стоит не более 30 франков, вы можете попросить Шакорнака от моего имени приобрести её и отправить мне; он возьмет это из того, что осталось на счёте Gnose.
Что касается вашей последней статьи в Voile, позволю себе высказать примерно ту же критику, что и в отношении вашей работы о Камне: во всем этом есть очень интересные вещи, но они нуждаются в большей упорядоченности и ясности; впрочем, я признаю, что это, должно быть, не очень легко, поскольку, похоже, сами данные более или менее противоречивы в некоторых моментах. Всё же любопытно, что всё, что касается западных традиций, так неясно; можно подумать, что всё это было намеренно запутано; но когда и кем?
Ваш взгляд на несовместимость эзотеризма и мистицизма совершенно верен; что же касается утверждения Седира о том, что христианство обязательно должно быть мистическим, это настоящая нелепость; даже не выходя за рамки экзотеризма, я задаюсь вопросом, что в таком случае станет со всем богословием!
По поводу Синая я недавно видел кое-что довольно любопытное: Дионис – это «бог Нисы»; Диодор Сицилийский помещает Нису между Финикией и Египтом; следовательно, это был бы Синай, название которого, кстати, является анаграммой Нисы; и это в некотором роде сделало бы Синай одной из «локализации» Меру; что вы об этом думаете?
Отвечая на ваш вопрос о Масонстве и компаньонаже, можно сказать следующее: передача инициации обеспечивается ритуалами; в этом отношении не имеет значения, совершаются ли они невеждами, которые ничего в них не понимают или даже не верят в их силу; присущая ритуалам сила от этого не исчезает, и «духовное влияние» всегда сможет оказать своё действие, когда оно достигнет таким образом кого-то, кто «квалифицирован» для его получения. Это точно так же, как и с религиозной точки зрения, для таинств, действительность которых не зависит от точки зрения священника, который их совершает; в сущности, это всегда история «осла, несущего святыни» ...
В Англии ещё существуют 4 LL∴, работающие from time immemorial [издревле] и всегда отказывавшиеся присоединяться к G∴ L∴; но во Франции ничего подобного нет.
«Деруш» на иврите – то же самое, что «дарс» на арабском, то есть «урок» или «изучение»; я не думаю, что можно найти смысловую связь между этими словами и санскритским корнем dṛś, означающим «видеть, от которого производно «даршана».
То, что наиболее точно соответствует Адаму Кадмону в индуистской доктрине, – Маха-Пуруша, о котором говорится, в частности, в Пуруша-сукте Ригведы; но его нельзя просто приравнять к Ишваре, хотя, несомненно, можно сказать, что он представляет один из его аспектов.
Я не очень понимаю, как можно было бы провести параллель между ашкенази и сефардами с одной стороны, и палестинскими и александрийскими евреями с другой; не могли бы вы сказать мне, что навело вас на эту мысль?
Эта история о горах выше Эвереста на юго-востоке Индии, кажется мне весьма неправдоподобной; где вы это видели? – В связи с этим я подумал о другом: что это за «Лунные горы», которые на старых картах изображались в центре Африки и которые, похоже, с тех пор полностью исчезли? Помню, что видел это раньше, но не могу точно сказать, к чему это относится и откуда взялась эта история...
Я вижу, что бедный Фожерон всё ещё в том же положении, и, к сожалению, очень вероятно, что теперь он никогда из него не выйдет. Что касается его опытов, я очень сомневаюсь, что он когда-нибудь достигнет результата; я знаю, даже здесь, людей, которые, занимаясь подобными вещами, лишь ввергли себя в величайшие страдания, что, впрочем, не мешает им продолжать, потому что, как только эта страсть овладевает ими, они действительно становятся неисправимыми!
Нет, я не знал, что мартинистская L. Шамюэля и Мишле проводила свои собрания у Polaires, но это меня не удивляет. Кстати, похоже, что Bulletin des Polaires перестал выходить, и мы задаемся вопросом, не рассчитывает ли Шамюэль на то, что эта среда привлечет подписчиков к Initiation.
Снижение числа подписок на Voile всё же не так ощутимо, как можно было опасаться в начале года; по словам Шакорнака в его последнем письме, сейчас мы близки к тому, чтобы достичь 500.
Я вижу, что вы как раз намекаете на историю Пувурвиля в конце своего письма (я не заметил этого, когда начал вам писать); действительно, вполне возможно, что это не лишено связи с собраниями у Гари. Я ничего не знал о его смерти; об этом мне сообщил Клавель после размышления, которое я высказал по поводу отрывка из письма Шамюэля, который из-за этого был для меня непонятен; вероятно, вы забыли рассказать мне об этом в тот момент. – Возвращаясь к Пувурвилю, я заметил одну действительно странную вещь: его предпоследняя книга заканчивалась рекламой индокитайских финансовых компаний; последняя заканчивается призывом к подписке на строительство базилики в Лизье; всё это, увы, кажется не совсем бескорыстным...
Я никогда не слышал об этом Наварре; что это такое? Интересно, что думать о том, что он рассказал вам о кард. V.; что касается изменённых или изъятых работ, мне кажется, это можно было бы довольно легко проверить, и это действительно стоило бы того... В этом есть только одна приятная вещь: отказ идти на уступки современным экзегетам; сегодня католики отравлены этим точно так же, как и все, свидетельством чему являются труды Иерусалимской библейской школы.
Вы, наверное, слышали об исчезновении г-жи Бритт; интересно, каковы будут последствия... Это должно было так или иначе закончиться: все эти люди эксплуатировали её, пока могли, но они зашли слишком далеко, и она в конце концов это поняла; бедной женщине действительно не повезло, и это показывает, что такое состояние, как у неё, не всегда завидно; но всё же, как «замеательга» вся эта банда Бр., Р. и компании!
Я наконец вышел из своих хлопот с делом о банкротстве Bossard; почти через год и после всяческих трудностей, вызванных недоброжелательностью управляющего, мне удалось вытащить оттуда свои книги, что стало для меня настоящим облегчением, потому что я начинал серьёзно опасаться, что они потеряны; их забрали Деноэль и Стил.
На сегодня я больше ничего интересного не вижу; надеюсь, что вы не поступите как я и скоро дадите мне о себе знать; впрочем, я думаю, что причины, по которым я опоздал, будут достаточным оправданием для того, чтобы вы не держали на меня зла...
Искренне ваш,
Рене Генон