Le Caire, 27 mars 1932
Mon cher ami,
J’ai reçu votre lettre du 13 mars, qui s’est croisée, cette fois encore, avec celle que je vous ai écrite le 14 pour répondre à la précédente. Je vous ai parlé de Vulliaud dans celle-là ; je vous avais demandé 2 fois la même chose sans m’en apercevoir ! Il est fâcheux qu’il ait fait des suppressions dans ses notes ; de là vient sans doute l’incohérence que je vous ai signalée ; en tout cas, il aurait bien dû revoir les épreuves... Dans le nº de mars, il y a encore quelques fautes ennuyeuses : p. 146, les mots latins sont mal séparés, et il faut lire in antiquo illo... ; dans la note, il y a Yewish pour Jewish ; p. 149, dans le titre du livre de Cudworth, il faut naturae au lieu de natura ; p. 152, extollere doit être en un seul mot ; et peut-être y en a-t-il encore d’autres que je ne retrouve pas. – Je connaissais l’existence des “Juifs chrétiens” en Bessarabie et, je crois, en quelques autres régions de l’Europe centrale ; je crois même avoir une brochure qui est une sorte d’exposé de leurs principes ; mais je ne savais pas qu’il y avait aussi quelque chose de semblable en Angleterre.
La fin de votre article sur les Albigeois me paraît éclaircir, autant qu’il est possible de le faire, cette question des origines qui est si embrouillée ; et je pense comme vous qu’une “extériorisation” comme celle-là n’a pu se faire qu’au détriment de la pureté de la doctrine.
Ce qui est moins bien, c’est l’article d’Auriger ; il y a cependant des choses intéressantes, mais que c’est confus et sans ordre ! Il faudra, en tout cas, rectifier la grossière erreur de chronologie qui se trouve à la p. 188, et que je suppose due à une distraction : c’est un demi-siècle après l’invasion romaine, et non pas avant. Quant à la disparition de l’Atlantide il y a 9188 ans, qu’est-ce encore que cette histoire ? Platon disait que le cataclysme avait eu lieu environ 10000 ans avant lui ; le temps aurait-il marché à reculons depuis ? Je me suis demandé s’il n’y aurait pas quelque rapport entre cette date fantaisiste et les élucubrations de Drayson sur la précession des équinoxes ; à ce propos, j’ai découvert dernièrement quelque chose d’intéressant : c’est que ledit Drayson est un théosophiste !
J’ai été assez ennuyé avec les pages de manuscrit que Chacornac m’a envoyées pour que je traduise certains mots, car la plupart sont inintelligibles ou indéchiffrables ; les mots arabes, en particulier, ont été en quelque sorte dessinés tant bien que mal par quelqu’un qui ne savait pas écrire l’arabe, de sorte que personne ne peut les lire ! Enfin, je lui ai indiqué ce que nous avons pu arriver à identifier à peu près, mais ce n’est pas bien satisfaisant...
Chacornac m’a envoyé la lettre qu’il a encore reçu du sieur Fleury, et une autre d’une sorte de “primaire” de Lyon, qui s’imagine avoir produit une œuvre extraordinaire, et qui me paraît d’ailleurs devoir être plus ou moins en relations avec Bricaud ; comme je le lui ai dit, il ne faut à aucune prix laisser tout cela s’introduire au “Voile”. – Il m’a envoyé aussi le manifeste du groupe “Tau” ; comme premier nº d’un bulletin, c’est plutôt maigre, et cela aussi sent son “primaire” d’une lieue ; que dites-vous du “Te-Tragramma-Ton” ? L’ignorance de tous ces gens est quelque chose de prodigieux !
Pour les articles de “Mystère et Destin”, j’avais bien pensé aussi tout d’abord à Jukanthor, puis, me rappelant l’article sur l’Agarttha paru dans cette revue qui n’a eu qu’un seul nº (comment cela s’appelait-il donc ?), j’ai pensé aussi à Meslin, de sorte que j’hésitais entre les deux ; mais les articles ne sont pas du tout du style de Jukanthor, qui se serait bien trahi par quelque pitrerie. – Il me semble en effet que vous m’aviez déjà dit que c’était Meslin qui avait traduit le livre de Randolph ; mais je me demande toujours sur quelle sorte de texte cette traduction a été faite.
Pour le rapprochement que je vous indiquais au sujet du mot “Gibelin”, cela m’est venu en lisant votre article, car je n’y avais pas pensé avant ; quant aux raisons qu’il pourrait y avoir à cela, j’ai pensé d’abord au symbolisme de la montagne, d’une façon générale, puis à la montagne au sommet de laquelle Dante situe le Paradis terrestre, où, d’après lui, le Saint-Empire a précisément pour rôle de ramener l’humanité, et enfin aux rapports des Templiers avec le “Vieux de la Montagne” (Sheikh El-Jebel) ; tout cela est au moins assez curieux...
Je n’en reviens pas de ce que Tamos a pu vous dire au sujet de Mariani ; comme naïveté, c’est à peine croyable ; espérons qu’il finira tout de même par mieux se rendre compte de la portée de certaines choses, et par comprendre que tout cela est très sérieux et très grave en réalité. – À propos de Mariani, Préau vous fera part des histoires de son ami P. M. ; cela est encore bien extraordinaire, et je crois de plus en plus que je n’avais pas tort d’avoir quelque méfiance de ce côté-là aussi !
Ce n’est pas une réédition du livre de Barbier qu’annoncent les “Cahiers de l’Ordre” ; ils prétendent seulement en avoir retrouvé des exemplaires en Belgique. Quoi qu’il en soit, comme vous savez que je n’ai jamais pu me procurer ce livre depuis qu’il m’a été volé, j’ai demandé à Chacornac de le prendre et de me l’envoyer ; j’espère qu’il n’oubliera pas. Je n’ai pas encore pu obtenir la brochure de Savoret, qu’il a cru m’avoir envoyée, ni celle de Louatron ; il devait aussi me parler de ce dernier, mais n’en a rien fait jusqu’ici. – À propos de Savoret, vous avez sans doute vu, dans le dernier nº de “Psyché”, qu’il prend la suite des attaques de Huan ; mais le malheureux ne sait même pas de quoi il parle, et, avec cela, il semble incapable de s’exprimer en français ! Il paraît aussi que Hengel lance une nouvelle revue intitulée S.O.S., consacrée spécialement à la “défense de l’Occident” ; j’ai demandé aussi à Chacornac de m’envoyer cela, car, naturellement, c’est encore une chose à surveiller ; toute cette offensive anti-orientale apparaît de plus en plus nettement comme une chose concertée !
Pour l’affaire des “Nouvelles critiques d’Ordre”, il est bien entendu que vais menacer, mais comment ferais-je pour poursuivre en justice d’ici ? Il faudrait passer par l’intermédiaire du consulat de France, avec lequel je ne peux avoir aucun rapport, surtout pour une chose comme celle-là : il est entièrement entre les mains des religieux de toutes catégories ; avec cela, il paraît qu’on y reçoit ouvertement les adhésions à l’Action Française ! Vous pensez bien que je ne vais pas aller me jeter dans les griffes de ces gens-là ; ce ne serait vraiment pas la peine de leur avoir échappé en m’éloignant de Paris !
Le P. Roure m’a joué exactement le même tour qu’à Vulliaud : pour “L’Erreur spirite”, il m’a fait dire sur plusieurs points le contraire de ce que j’avais dit ; je lui ai écrit pour le lui signaler ; il m’a répondu par une lettre très aimable, s’excusant d’avoir mal compris, mais il n’a jamais rien rectifié,... et il a recommencé la même chose pour “L’Homme et son devenir” ; cette fois, j’ai trouvé tout à fait inutile de lui écrire de nouveau...
Pour les histoires du Dr Favre et du Hiéron, je n’ai jamais pu arriver, moi non plus, à comprendre quelle sorte de rapports il pouvait bien y avoir là-dedans entre les Franciscains et les Jésuites, qui ne semblent pourtant pas précisément faits pour s’entendre (à moins que ce ne soit contre les Dominicains, mais cela est bien négatif). À propos, savez-vous quel est le Jésuite que Taxil avait chargé d’aller porter la queue du diable au Pape ? Il me semble que c’est un de ceux qui ont joué un rôle au Hiéron, mais je ne peux plus me rappeler exactement. – Quant à Noailhat, il paraît qu’il se serait fait prêtre à la suite de la mort mystérieuse de sa femme, mais je ne sais pas au juste ce qu’il est devenu. En tout cas, il semble qu’on ait bien fait ce qu’il fallait pour étouffer ce qui pouvait encore subsister de tout cela après Sarachaga ; mais quels sont les gens que cela pouvait gêner ?
Je ne connaissais pas l’existence de la brochure de Bergot dont vous me parlez ; je n’ai jamais vu de lui que ce qui a paru dans la “Voie”. – Le rapport entre Bergot et Guillebert est très net, mais je ne crois pas que cela puisse avoir un lien avec le Hiéron ; l’anti-judaïsme semble être le seul point commun, et cela ne constitue pas un indice suffisant ; en tout cas, les méthodes d’interprétation des deux écoles n’ont aucune ressemblance.
Qu’a-t-il donc bien pu y avoir entre de M. et Crowley ? De M. m’a parlé plusieurs fois de celui-ci, toujours d’une façon très défavorable, mais sans faire la moindre allusion à des questions personnelles.
J’ai dû oublier de vous dire que Chacornac m’avait réexpédié, il y a quelque temps, une lettre qui m’était adressée par Philipon, dont je n’avais plus entendu parler depuis bien longtemps, et qui me demandait tout simplement d’écrire une sorte de traité exposant une méthode pour la réalisation métaphysique ! Je lui ai répondu d’une façon plutôt décourageante ; mais je viens de recevoir de lui une nouvelle lettre qui est un peu extraordinaire : après s’être traité lui-même de “mendiant ingrat”, sans que je puisse savoir pourquoi (mais je crois qu’il a dû effectivement fréquenter Léon Bloy), il termine par ceci : “Il ne faut pas oublier que mon prénom est le vôtre, et que mon nom se termine, comme le vôtre aussi, sur la syllabe on.” Que dites-vous de cela ?
Tant mieux si le nº sur l’hermétisme s’annonce bien ; il faut espérer que Tamos va tout de même avoir pu terminer son travail à temps, car il vaudrait beaucoup mieux que cela puisse paraître dans ce même nº. – Pour août-septembre, Préau m’a en effet parlé de son idée d’un nº sur la Chine, et je dois dire que j’ai trouvé cela très bien ; je le lui ai d’ailleurs écrit, et à Chacornac aussi ; et il me semblait que ce serait très bien surtout si on pouvait enfin obtenir quelque chose de Matgioi pour la circonstance. Le plus difficile me paraissait, comme à Préau, la question des illustrations ; il faudrait donner des reproductions aussi exactes que possible (ce qui n’est déjà pas très commode), et ne pas faire de fantaisie ; mais, pour ce qui est des articles, je croyais bien que les uns et les autres pourraient toujours trouver moyen de faire quelque chose... Quant à votre idée d’un nº sur les sociétés secrètes, elle est sûrement intéressante aussi, mais le sujet est bien vaste, et il faudrait presque le diviser pour en faire toute une série ; et, d’un autre côté, je me demande si le moment est bien choisi pour cela, et si ce ne serait pas un peu dangereux dans les circonstances présentes. Réfléchissez donc encore sur ce dernier aspect de la question, et redites-moi ce que vous en pensez ; bien entendu, vous pouvez aussi en parler avec les autres.
Votre Louis me paraît un peu malade ; quel rapport peut-il bien voir entre Doinel et J. de Pauly, à part le fait que tous deux ont habité Orléans ?
Pour l’inscription du singe, si le
était un θ, on pourrait lire : Yios Enamonos θεoυ, Fils unique de Dieu ; mais... est-ce bien cela ? À vrai dire, l’objet ne paraît pas tellement ancien, et ce n’en est que plus bizarre. Je pense que le symbolisme du singe doit être rattaché à Mercure, ce qui pourrait donner lieu à des rapprochements avec certaines des choses que j’indique dans mon article d’avril (je crois même qu’il y a un rapport entre le singe et Quetzalcohuatl, mais je n’en étais pas assez sûr pour le mentionner). Je ne crois pas que Charbonneau ait rien trouvé là-dedans ; il faudra que je le lui demande à la prochaine occasion.
Je pense n’avoir rien oublié d’important ; cette lettre ne veut pas finir...
Pâques en mars, cela me rappelle un diction que j’ai entendu bien souvent autrefois : “Quand Pâques marsine (sic), peste, guerre ou famine”. Espérons pourtant que cela ne se vérifiera pas cette année !
Bien cordialement à vous.
René Guénon
Каир, 27 марта 1932 г.
Мой дорогой друг,
Я получил ваше письмо от 13 марта, и оно опять пересеклось с моим письмом, написанным в ответ на ваше от 14-го числа. Я упоминал в нём Вюльо; дважды попросил вас об одном и том же, даже не заметив этого! К сожалению, он вычеркнул некоторые части своих заметок: отсюда, вероятно, указанные несогласованности в тексте; в любом случае, ему следовало бы пересмотреть черновики... В мартовском номере есть ещё несколько досадных ошибок: на стр. 146 латинские слова разделены неправильно, нужно читать in antiquo illo...; в примечании написано Yewish вместо Jewish; на стр. 149 в названии книги Кадворта должно быть naturae вместо natura; на стр. 152 extollere должно быть написано одним словом; вероятно это не все ошибки, я заметил только эти. – Я знал о существовании «христианских евреев» в Бессарабии и, кажется, в некоторых других районах Центральной Европы; я даже думаю, что у меня есть брошюра, в которой как-то излагаются их принципы; но я не знал, что что-то подобное есть и в Англии.
Конец вашей статьи об альбигойцах, как мне кажется, проясняет, насколько это возможно, запутанный вопрос их происхождения; и я, как и вы, полагаю, что такая «экстериоризация» могла произойти только в ущерб чистоте учения.
Хуже обстоят дела со статьей Орье; там есть кое-что интересное, но насколько же она сумбурна и беспорядочна! В любом случае, нужно исправить грубую хронологическую ошибку на стр. 188, которая, я полагаю, возникла по рассеянности: речь о периоде через полвека после римского вторжения, а не до него. А что касается исчезновения Атлантиды 9188 лет назад, как это понимать? Платон говорил, что катаклизм произошел примерно за 10000 лет до него; неужели с тех пор время пошло вспять? Я задался вопросом, нет ли какой-то связи между этой фантастической датой и домыслами Дрейсона о прецессии равноденствий; в связи с этим я недавно обнаружил кое-что интересное: этот самый Дрейсон – теософист!
Мне порядком надокучили страницы рукописи, присланные Шакорнаком для перевода некоторых слов, потому что большинство из них неразборчивы или не поддаются расшифровке; арабские слова, в частности, были нарисованы как попало кем-то, кто писать по-арабски не умел, и никто не может их прочитать! В конце концов, я сообщил ему то, что мы смогли как-то прочитать, но это врядли хороший результат...
Шакорнак прислал мне письмо, которое он снова получил от некоего г-на Флери, и ещё одно от какого-то «простолюдина» из Лиона, воображающего, что создал нечто экстраординарное, и который, мне кажется, должен быть более или менее связан с Брико; как я ему и сказал, ни в коем случае нельзя допустить, чтобы это проникло в Voile. – Он также прислал мне манифест группы «Тау»; как первый номер бюллетеня, он довольно скуден, и также за версту разит вульгарностью; что вы скажете о «Te-Tragramma-Ton»? Невежество всех этих людей просто поразительно!
Что касается статей в Mystère et Destin [Тайна и судьба], то я тоже сначала подумал о Джуканторе, а потом, вспомнив статью об Агартхе, опубликованную в этом журнале, у которого был только один номер (как же он назывался?), я подумал о Масли, то есть я колебался между ними; но статьи совершенно не в стиле Джукантора, который обязательно выдал бы себя какой-нибудь выходкой. – Мне кажется, вы уже говорили, что именно Масли перевел книгу Рэндольфа; но я всё ещё задаюсь вопросом, с какого текста был сделан этот перевод.
Что касается связи, на которую я вам указал, по поводу слова «гибелин», то она пришла мне в голову при чтении вашей статьи, потому что раньше я об этом не думал; что касается причин, которые могли бы быть для этого, то я сначала подумал о символизме горы вообще, затем о горе, на вершине которой Данте помещает земной рай, где, по его мнению, Священная империя как раз и должна восстановить человечество, и, наконец, об отношениях тамплиеров со «Старцем горы» (Шейх Эль-Джебель); всё это по крайней мере довольно любопытно...
Я не могу поверить в то, что Тамос рассказал вам о Мариани; его наивность невозможно вообразить; будем надеяться, что он всё же, в конце концов, лучше усвоит значение некоторых вещей и поймет, что всё это на самом деле очень серьёзно и важно. – Кстати, о Мариани, Прео расскажет вам истории своего друга П. М.; это опять же очень необычно, и я всё больше и больше убеждаюсь, что был прав, испытывая некоторое недоверие и здесь!
Это не переиздание книги Барбье, о котором сообщают Cahiers de l’Ordre [Тетради ордена]; они утверждают, что просто нашли её экземпляры в Бельгии. Как бы то ни было, поскольку вы знаете, что я так и не смог достать эту книгу с тех пор, как её у меня украли, я попросил Шакорнака и прислать её мне; надеюсь, он не забудет. Я ещё не получил ни брошюру Саворе, которую он, как он думал, мне прислал, ни брошюру Луатрона; он также должен был рассказать мне об этом последнем, но пока этого не сделал. – Кстати, о Саворе, вы, без сомнения, видели в последнем номере Psyché, что он продолжает нападки Хуана; но этот несчастный даже не знает, о чём говорит, и при этом, кажется, не способен выражаться по-французски! Говорят также, что Хенгель выпускает новый журнал под названием S.O.S., посвященный исключительно «защите Запада»; я также попросил Шакорнака прислать мне это, потому что, естественно, это ещё один вопрос, за которым нужно следить; все эти нападки на Восток всё более и более явно проявляются как нечто согласованное!
По поводу вопроса «Nouvelles critiques d’Ordre» [Новой критики Ордена] я, конечно, буду угрожать, но как я могу отсюда подать в суд? Нужно пройти через французское консульство, с которым я не могу иметь никаких контактов, особенно по такому поводу: оно полностью в руках религиозных деятелей всех категорий; при этом там, как говорят, открыто принимают заявления о вступлении в «Аксьон Франсез»! Вы, конечно, понимаете, что я не собираюсь бросаться в лапы этим людям; тогда не стоило бы и уезжать из Парижа!
Отец Рур сыграл со мной точно такую же шутку, как и с Вульо: в «Заблуждение спиритизма» он выставилмои слова по нескольким пунктам противоположными тому, что я говорил ранее; я написал ему, чтобы указать на это; он ответил мне очень любезным письмом, извиняясь, что неправильно меня понял, но он так ничего и не исправил... и то же самое повторилось с «Человек и его осуществление»; на этот раз я счел совершенно бессмысленным писать ему снова...
Что касается историй с доктором Фавром и Иероном, я тоже никогда не мог понять, какие отношения могли быть между францисканцами и иезуитами, которые, как мне кажется, не созданы для того, чтобы понимать друг друга (если только не против доминиканцев, но это очень отрицательный момент). Кстати, знаете ли вы, какого иезуита Таксиль заставил носить хвост дьявола к Папе? Мне кажется, это один из тех, кто играл роль в Иероне, но я не могу вспомнить точно. – Что касается Ноайя, говорят, он стал священником после загадочной смерти своей жены, но я точно не знаю. В любом случае, похоже, все сделали всё возможное, чтобы подавить то, что могло ещё остаться после Сарачаги; но кому это могло помешать?
Я не знал о существовании упомянутой вами брошюры Берго; я никогда не видел от него ничего, кроме опубликованного в Voie. – Связь между Берго и Жильбером очень явная, но я не думаю, что это может иметь отношение к Иерону; антииудаизм, похоже, их единственная общая черта, и этого недостаточно для доказательства; во всяком случае, методы интерпретации двух школ совершенно разные.
Что же могло быть между де М. и Кроули? Де М. несколько раз говорил мне о нём, всегда очень неблагоприятно, но без малейших намёков на личные дела.
Я, должно быть, забыл сказать вам, что Шакорнак некоторое время назад вернул мне письмо, присланное Филипоном, о котором я давно ничего не слышал, и который просто-напросто попросил меня написать какой-то трактат, излагающий метод для метафизической реализации! Я ответил ему довольно обескураживающе; но я только что получил от него новое письмо, которое немного необычно: назвав себя «неблагодарным нищим», не знаю почему (но я думаю, что он действительно должен был часто общаться с Леоном Блуа), он заканчивает так: «Не забывайте, что мое имя – ваше, и что моя фамилия заканчивается, как и ваша, на слог -он». Как вам это?
Тем лучше, если номер по герметизму будет хорошо анонсирован; нужно надеяться, что Тамос всё же сможет вовремя закончить свою работу, потому что было бы намного лучше выпустить её в этом же номере. – На август-сентябрь Прео действительно говорил мне о своей идее номера о Китае, должен сказать, что мне это очень понравилось; я написал ему об этом, а также Шакорнаку; и мне показалось, что это было бы очень хорошо, особенно если бы мы наконец смогли получить что-нибудь от Матжиои по этому случаю. Самым сложным мне, как и Прео, кажется вопрос иллюстраций; нужно было дать максимально точные репродукции (что уже не очень удобно) и не фантазировать; но что касается статей, я думал, что все всегда смогут найти способ что-нибудь сделать... Что касается вашей идеи сделать номер о тайных обществах, она тоже, конечно, интересна, но тема очень обширная, и её пришлось бы скорее разделить, чтобы сделать целую серию; и, с другой стороны, я задаюсь вопросом, правильно ли выбран момент для этого, и не будет ли это немного опасно в нынешних обстоятельствах. Поэтому ещё раз подумайте над этим последним аспектом вопроса и скажите мне, что думаете; конечно, вы также можете поговорить об этом с другими.
Ваш Луи мне кажется немного больным; какую связь он может видеть между Дойнелем и Ж. де Поли, кроме того, что оба жили в Орлеане?
Что касается надписи на обезьяне, если
заменить на θ, можно было бы прочитать: Yios Enamonos θεoυ, Единственный Сын Божий; но... так ли это? По правде говоря, предмет не кажется таким уж старым, что ещё более странно. Я думаю, что символизм обезьяны должен быть связан с Меркурием, что может привести к сопоставлению с некоторыми вещами, о которых я говорю в своей статье за апрель (я даже думаю, что есть связь между обезьяной и Кетцалькоатлем, но не достаточно уверен, чтобы упоминать об этом). Не думаю, что Шарбонно что-то в этом нашёл; я спрошу его при первой же возможности.
Кажется, я не забыл ничего важного; это письмо всё не заканчивается...
Пасха в марте напоминает мне поговорку, которую я часто слышал в прошлом: «Когда Пасха марсится (sic), [будет] чума, война или голод». Будем надеяться, что в этом году это не сбудется!
С наилучшими пожеланиями.
Рене Генон