Seconde lettre de Palingénius à M. Alhaiza1
Lettre à M. Alhaiza, Directeur de « La Rénovation »
Paris, 15 novembre 1910..
Monsieur le Directeur,
Je vous remercie d’avoir bien voulu insérer dans votre numéro de septembre-octobre ma lettre rectificative, et je viens encore recourir à votre obligeance pour y ajouter quelques mots qui, je l’espère, mettront fin, cette fois, à des discussions toujours ennuyeuses.
Je ne connais pas l’auteur de l’article qui a donné lieu à la rectification, mais, quel qu’il soit, gnostique ou non, il ne peut pas prétendre substituer ses « vues personnelles » à la doctrine ; et d’ailleurs, s’il est gnostique, il ne peut que reconnaître les inexactitudes que j’ai signalées. Il ne saurait donc être question d’une divergence quelconque entre lui et moi, d’autant plus que je ne suis intervenu que d’une façon purement impersonnelle, comme il était de mon devoir de le faire : devant la Doctrine, les hommes n’ont qu’à s’incliner.
Vous voyez par là combien peu nous intéressent les « questions de personnes » ; ainsi, que M. Bricaud ou d’autres fassent ce qu’ils veulent en dehors de nous, cela ne nous importe nullement et ne nous gêne pas davantage. M. Bricaud veut instituer une nouvelle religion, c’est parfaitement son droit, et je n’y vois pour ma part aucun inconvénient (quoique, à mon humble avis, il y ait déjà beaucoup trop de religions dans le monde) ; seulement, je ne comprends pas pourquoi il persiste à se dire Gnostique, alors que, d’autre part, il déclare à qui veut l’entendre, qu’il n’a rien de commun avec la Gnose. Quant à nous, nous ne voulons faire aucune sorte d’innovation, car nous nous rattachons à une Tradition qui est beaucoup plus ancienne que toutes les religions, et qui n’a point à se plier aux exigences de la mentalité spéciale de chaque siècle et de chaque pays.
Les « progrès de la science moderne » ne nous regardent en rien, puisque le monde matériel n’existe pas pour la Gnose, et nous écartons également toute considération sentimentale, pour nous tenir sur le terrain de la métaphysique pure. Nous ne voulons en aucune façon mélanger des choses qui ne sont pas du même domaine, et qui n’ont aucun point de contact ; ce serait renouveler une des plus graves erreurs que les religions aient commises.
Désintéressés de toute action sociale, nous n’entendons point rendre la Gnose « accessible à tous », nous pensons que la Vérité ne peut pas être mise à la portée de la masse sans en subir quelque déformation, et nous regarderions comme une sacrilège d’abaisser la Doctrine au niveau des intellectualités vulgaires.
Cette simple déclaration suffira, je pense, à montrer ce que nous ne sommes pas, et à éviter de fâcheuses confusions qui auraient pu se produire dans l’esprit de vos lecteurs.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments distingués.
Τ PALINGÉNIUS,
Secrétaire Général de l’Église Gnostique de France.
- 1. [Lettre publiée dans La France Chrétienne Antimaçonnique, le 24 novembre 1910.] ↑
Второе письмо Палангениуса г-ну Альхайзе
(перевод на русский язык отсутствует)