Chapitre VII Remarques sur la production des nombres1
« Au commencement, avant l’origine de toutes choses, était l’Unité », disent les théogonies les plus élevées de l’Occident, celles qui s’efforcent d’atteindre l’Être au-delà de sa manifestation ternaire, et qui ne s’arrêtent point à l’universelle apparence du Binaire. Mais les théogonies de l’Orient et de l’Extrême-Orient disent : « Avant le commencement, avant même l’Unité primordiale, était le Zéro », car elles savent qu’au-delà de l’Être il y a le Non-Être, qu’au-delà du manifesté il y a le non-manifesté qui en est le principe, et que le Non-Être n’est point le Néant, mais qu’il est au contraire la Possibilité infinie, identique au Tout universel, qui est en même temps la Perfection absolue et la Vérité intégrale.
D’après la Kabbale, l’Absolu, pour se manifester, se concentra en un point infiniment lumineux, laissant les ténèbres autour de lui ; cette lumière dans les ténèbres, ce point dans l’étendue métaphysique sans bornes, ce rien qui est tout dans un tout qui n’est rien, si l’on peut s’exprimer ainsi, c’est l’Être au sein du Non-Être, la Perfection active dans la Perfection passive. Le point lumineux, c’est l’Unité, affirmation du Zéro métaphysique, qui est représenté par l’étendue illimitée, image de l’infinie Possibilité universelle. L’Unité, dès qu’elle s’affirme, pour se faire le centre d’où émaneront comme de multiples rayons les manifestations indéfinies de l’Être, est unie au Zéro qui la contenait en principe, à l’état de non-manifestation ; ici déjà apparaît en potentialité le Dénaire, qui sera le nombre parfait, le complet développement de l’Unité primordiale.
La Possibilité totale est en même temps la Passivité universelle, car elle contient toutes les possibilités particulières, dont certaines seront manifestées, passeront de la puissance à l’acte, sous l’action de l’Être-Unité. Chaque manifestation est un rayon de la circonférence qui figure la manifestation totale ; et cette circonférence, dont les points sont en nombre indéfini, est encore le Zéro par rapport à son centre qui est l’Unité. Mais la circonférence n’était point tracée dans l’Abyme du Non-Être, et elle marque seulement la limite de la manifestation, du domaine de l’Être au sein du Non-Être ; elle est donc le Zéro réalisé, et, par l’ensemble de sa manifestation suivant cette circonférence indéfinie, l’Unité parfait son développement dans le Dénaire.
D’autre part, dès l’affirmation de l’Unité, avant même toute manifestation, si cette Unité s’opposait au Zéro qui la contient en principe, on verrait apparaître le Binaire au sein de l’Absolu même, dans la première différenciation qui aboutit à la distinction du Non-Être et de l’Être ; mais nous avons vu dans notre étude sur le Démiurge ce qu’est cette distinction. Nous avons montré alors que l’Être, ou la Perfection active, Khien, n’est point réellement distinct du Non-Être, ou de la Perfection passive, Khouen, que cette distinction, point de départ de toute manifestation, n’existe que dans la mesure où nous la créons nous-mêmes, parce que nous ne pouvons concevoir le Non-Être qu’à travers l’Être, le non-manifesté qu’à travers le manifesté ; la différenciation de l’Absolu en Être et Non-Être n’exprime donc que la façon dont nous nous représentons les choses, et rien de plus.
En outre, si on envisage les choses sous cet aspect, on peut dire que l’Absolu est le principe commun de l’Être et du Non-Être, du manifesté et du non-manifesté, bien qu’en réalité il se confonde avec le Non-Être, puisque celui-ci est le principe de l’Être, qui est lui-même à son tour le principe premier de toute manifestation. Donc, si l’on voulait considérer ici le Binaire, on se trouverait immédiatement en présence du Ternaire ; mais, pour qu’il y eût véritablement là un Ternaire, c’est-à-dire déjà une manifestation, il faudrait que l’Absolu fût l’Unité primordiale, et nous avons vu que l’Unité représente seulement l’Être, affirmation de l’Absolu. C’est cet Être-Unité qui se manifestera dans la multiplicité indéfinie des nombres, qu’il contient tous en puissance d’être, et qu’il émanera comme autant de sous-multiples de lui-même ; et tous les nombres sont compris dans le Dénaire, réalisé par le parcours du cycle de la manifestation totale de l’Être, et dont nous allons avoir à considérer la production à partir de l’Unité primordiale.
Dans une étude précédente, nous avons vu que tous les nombres peuvent être considérés comme émanant par couples de l’Unité ; ces couples de nombres inverses ou complémentaires, que l’on peut regarder comme symbolisant les syzygies des Éons au sein du Plérôme, existent dans l’Unité à l’état indifférencié ou non manifesté :
1 = 1⁄2 × 2 = 1⁄3 × 3 = 1⁄4 × 4 = 1⁄5 × 5 = … = 0 × ∞.
Chacun de ces groupes, 1⁄n × n, n’est point distinct de l’Unité, ni distinct des autres dans l’Unité, et il ne le devient qu’en tant que l’on considère séparément les deux éléments qui le constituent ; c’est alors que naît la Dualité, distinguant l’un de l’autre deux principes, non point opposés comme on le dit d’ordinaire à tort, mais complémentaires ; actif et passif, positif et négatif, masculin et féminin. Mais ces deux principes coexistent dans l’Unité, et leur indivisible dualité est elle-même une unité secondaire, reflet de l’Unité primordiale ; ainsi, avec l’Unité qui les contient, les deux éléments complémentaires constituent le Ternaire, qui est la première manifestation de l’Unité, car deux, étant issu de un, ne peut pas être sans que trois soit aussitôt par là même :
1 + 2 = 3.
Et, de même que nous ne pouvons concevoir le Non-Être qu’à travers l’Être, nous ne pouvons concevoir l’Être-Unité qu’à travers sa manifestation ternaire, conséquence nécessaire et immédiate de la différenciation ou de la polarisation que notre intellect crée dans l’Unité. Cette manifestation ternaire, quel que soit l’aspect sous lequel on l’envisage, est toujours une indissoluble Trinité, c’est-à-dire une Tri-Unité, puisque ses trois termes ne sont point réellement distincts, qu’ils ne sont que la même Unité conçue comme contenant en elle-même les deux pôles par lesquels se produira toute manifestation.
Cette polarisation se retrouve aussitôt dans le Ternaire, car, si l’on considère les trois termes de celui-ci comme ayant une existence indépendante, on obtiendra par là même le nombre sénaire, impliquant un nouveau ternaire qui est le reflet du premier :
1 + 2 + 3 = 6.
Ce second ternaire n’a point d’existence réelle par lui-même ; il est au premier ce que le Démiurge est au Logos émanateur, une image ténébreuse et inversée, et nous verrons en effet par la suite que le Sénaire est le nombre de la Création. Contentons-nous, pour le moment, de remarquer que ce nombre est réalisé par nous, en tant que nous distinguons entre eux les trois termes de la Tri-Unité, au lieu d’envisager synthétiquement l’Unité principielle, indépendamment de toute distinction, c’est-à-dire de toute manifestation.
Si l’on regarde le Ternaire comme manifestation de l’Unité, il faut envisager en même temps l’Unité en tant que non manifestée, et alors cette Unité, jointe au Ternaire, produit le Quaternaire, qui peut être figuré ici par le centre et les trois sommets d’un triangle. On peut dire aussi que le Ternaire, symbolisé par un triangle dont les trois sommets correspondent aux trois premiers nombres, suppose nécessairement le Quaternaire, dont le premier terme, non exprimé, est alors le Zéro, qui en effet ne peut pas être représenté. On peut ainsi, dans le Quaternaire, envisager le premier terme, soit comme le Zéro, soit comme l’Unité primordiale ; dans le premier cas, le second terme sera l’Unité en tant qu’elle se manifeste, et les deux autres constitueront sa double manifestation ; au contraire, dans le second cas, ces deux derniers, les deux éléments complémentaires dont nous avons parlé plus haut, devront précéder logiquement le quatrième terme, qui n’est autre que leur union, réalisant entre eux l’équilibre dans lequel se reflète l’Unité principielle. Enfin, si l’on considère le Ternaire, sous son aspect le plus inférieur, comme formé par les deux éléments complémentaires et le terme équilibrant, ce dernier, étant l’union des deux autres, participe de l’un et de l’autre, de sorte qu’on peut le regarder comme double, et, ici encore, le Ternaire implique immédiatement un Quaternaire qui est son développement.
Quelle que soit la façon dont on envisage le Quaternaire, on peut dire qu’il contient tous les nombres, car, si on regarde ses quatre termes comme distincts, on voit qu’il contient le Dénaire :
1 + 2 + 3 + 4 = 10.
C’est pourquoi toutes les traditions disent : un a produit deux, deux a produit trois, trois a produit tous les nombres ; l’expansion de l’Unité dans le Quaternaire réalise immédiatement sa manifestation totale, qui est le Dénaire.
Le Quaternaire est représenté géométriquement par le carré, si on l’envisage à l’état statique, et par la croix, si on l’envisage à l’état dynamique ; lorsque la croix tourne autour de son centre, elle engendre la circonférence, qui, avec le centre, représente le Dénaire. C’est là ce qu’on appelle la circulation du quadrant, et c’est la représentation géométrique du fait arithmétique que nous venons d’énoncer ; inversement, le problème hermétique de la quadrature du cercle sera représenté par la division du cercle en quatre parties égales au moyen de deux diamètres rectangulaires, et il s’exprimera numériquement par l’équation précédente écrite en sens inverse :
10 = 1 + 2 + 3 + 4.
Le Dénaire, considéré comme formé par l’ensemble des quatre premiers nombres, est ce que Pythagore appelait la Tétraktys ; le symbole qui la représentait était dans son ensemble de forme ternaire, chacun de ses côtés extérieurs comprenant quatre éléments, et se composait en tout de dix éléments ; nous en avons donné la figure, en note, dans la traduction du chapitre des Philosophumena relatif à Pythagore.
Si le Ternaire est le nombre qui représente la première manifestation de l’Unité principielle, le Quaternaire en figure l’expansion totale, symbolisée par la croix dont les quatre branches sont formées par deux droites indéfinies rectangulaires ; elles s’étendent ainsi définitivement, orientées vers les quatre points cardinaux de l’indéfinie circonférence plérômatique de l’Être, points que la Kabbale représente par les quatre lettres du Tétragramme יהוה. Le quaternaire est le nombre du Verbe manifesté, de l’Adam Kadmon, et l’on peut dire qu’il est essentiellement le nombre de l’Émanation, car l’Émanation est la manifestation du Verbe ; de lui dérivent les autres degrés de la manifestation de l’Être, en succession logique, par le développement des nombres qu’il contient en lui-même, et dont l’ensemble constitue le Dénaire.
Si l’on considère l’expansion quaternaire de l’Unité comme distincte de cette Unité même, elle produit, en s’y ajoutant, le nombre cinq ; c’est ce que symbolise encore la croix par son centre et ses quatre branches. D’ailleurs, il en sera de même pour chaque nouveau nombre, lorsqu’on le regardera comme distinct de l’Unité, bien qu’il ne le soit point réellement, puisqu’il n’en est qu’une manifestation ; ce nombre, en s’ajoutant à l’Unité primordiale, donnera naissance au nombre suivant ; ayant signalé une fois pour toutes ce mode de production successive des nombres, nous n’aurons plus à y revenir par la suite.
Si le centre de la croix est envisagé comme le point de départ des quatre branches, il représente l’Unité primordiale ; si au contraire il est envisagé seulement comme leur point d’intersection, il ne représente que l’équilibre, reflet de cette Unité. À ce second point de vue, il est marqué kabbalistiquement par la lettre ש, qui, se plaçant au centre du Tétragramme יהוה dont les quatre lettres figurant sur les quatre branches de la croix, forme le nom pentagrammatique יהשוה, sur la signification duquel nous n’insisterons pas ici, n’ayant voulu que signaler ce fait en passant. Les cinq lettres du Pentagramme se placent aux cinq pointes de l’Étoile Flamboyante, figure du Quinaire, qui symbolise plus particulièrement le Microcosme ou l’homme individuel. La raison en est la suivante : si l’on considère le quaternaire comme l’Émanation ou la manifestation totale du Verbe, chaque être émané, sous-multiple de cette Émanation, sera également caractérisé par le nombre quatre ; il deviendra un être individuel dans la mesure où il se distinguera de l’Unité ou du centre émanateur, et nous venons de voir que cette distinction du quaternaire d’avec l’Unité est précisément la genèse du Quinaire.
Nous avons dit, dans notre étude sur le Démiurge, que la distinction qui donne naissance à l’existence individuelle est le point de départ de la Création ; en effet, celle-ci existe dans la mesure où l’ensemble des êtres individuels, caractérisés par le nombre cinq, se considère comme distinct de l’Unité, ce qui donne naissance au nombre six. Ce nombre peut, ainsi que nous l’avons vu précédemment, être regardé comme formé de deux ternaires dont l’un est le reflet inversé de l’autre ; c’est ce que représentent les deux triangles du Sceau de Salomon, symbole du Macrocosme ou du Monde créé.
Les choses sont distinctes de nous dans la mesure où nous les en distinguons ; c’est dans cette même mesure qu’elles nous deviennent extérieures, et qu’en même temps elles deviennent aussi distinctes entre elles ; elles apparaissent alors comme revêtues de formes, et cette Formation, qui est la conséquence immédiate de la Création, est caractérisée par le nombre qui suit le Sénaire, c’est-à-dire par le Septénaire. Nous ne ferons qu’indiquer la concordance de ce qui précède avec le premier chapitre de la Genèse : les six lettres du mot בדאשיה, les six phases de la Création, et le rôle formateur des sept Élohim, représentant l’ensemble des forces naturelles, et symbolisés par les sept sphères planétaires, que l’on pourrait aussi faire correspondre aux sept premiers nombres, la sphère la plus inférieure, qui est celle de la Lune, étant désignée comme le Monde de la Formation.
Le Septénaire, tel que nous venons de le considérer, peut être figuré, soit par le double triangle avec son centre, soit par une étoile à sept pointes, autour de laquelle sont inscrits les signes des sept planètes ; c’est le symbole des forces naturelles, c’est-à-dire du Septénaire à l’état dynamique. Si on l’envisageait à l’état statique, on pourrait le regarder comme formé par la réunion d’un Ternaire et d’un Quaternaire, et il serait alors représenté par un carré surmonté d’un triangle ; il y aurait beaucoup à dire sur la signification de toutes ces formes géométriques, mais ces considérations nous entraîneraient trop loin du sujet de la présente étude.
La Formation aboutit à ce qu’on peut appeler la réalisation matérielle, qui marque pour nous la limite de la manifestation de l’Être, et qui sera alors caractérisée par le nombre huit. Celui-ci correspond au Monde terrestre, compris à l’intérieur des sept sphères planétaires, et qui doit être considéré ici comme symbolisant l’ensemble du Monde matériel tout entier ; il est d’ailleurs bien entendu que chaque Monde n’est point un lieu, mais un état ou une modalité de l’être. Le nombre huit correspond aussi à une idée d’équilibre, parce que la réalisation matérielle est, comme nous venons de le dire, une limitation, un point d’arrêt en quelque sorte dans la distinction que nous créons dans les choses, distinction dont le degré mesure ce qui est désigné symboliquement comme la profondeur de la chute ; nous avons déjà dit que la chute n’est pas autre chose qu’une façon d’exprimer cette distinction elle-même, qui crée l’existence individuelle en nous séparant de l’Unité principielle.
Le nombre huit est représenté, à l’état statique, par deux carrés dont l’un est inscrit dans l’autre, de façon que ses sommets soient les milieux des côtés de celui-ci. À l’état dynamique, il est figuré par deux croix ayant même centre, de telle sorte que les branches de l’une soient les bissectrices des angles droits formés par les branches de l’autre.
Si le nombre huit s’ajoute à l’Unité, il forme le nombre neuf, qui, limitant ainsi pour nous la manifestation de l’Être, puisqu’il correspond à la réalisation matérielle distinguée de l’Unité, sera représenté par la circonférence, et désignera la Multiplicité. Nous avons dit d’autre part que cette circonférence, dont les points en nombre indéfini sont toutes les manifestations formelles de l’Être (nous ne disons plus ici toutes les manifestations, mais seulement les manifestations formelles), peut être regardée comme le Zéro réalisé. En effet, le nombre neuf, en s’ajoutant à l’Unité, forme le nombre dix, qui résulte aussi de l’union du Zéro avec l’Unité et qui est figuré par la circonférence avec son centre. D’autre part, le Novénaire peut encore être envisagé comme un triple Ternaire ; à ce point de vue, qui est le point de vue statique, il est représenté par trois triangles superposés, de telle sorte que chacun soit le reflet de celui qui lui est immédiatement supérieur, d’où il résulte que le triangle intermédiaire est inversé. Cette figure est le symbole des trois Mondes et de leurs rapports ; c’est pourquoi le Novénaire est souvent considéré comme le nombre de la hiérarchie.
Enfin, le Dénaire, correspondant à la circonférence avec son centre, est la manifestation totale de l’Être, le développement complet de l’Unité ; on peut donc le regarder comme n’étant pas autre chose que cette Unité réalisée dans la Multiplicité. À partir de là, la série des nombres recommence pour former un nouveau cycle :
11 = 10 + 1, 12 = 10 + 2, … 20 = 10 + 10 ;
puis vient un troisième cycle, et ainsi de suite indéfiniment. Chacun de ces cycles peut être envisagé comme reproduisant le premier, mais à un autre stade, ou, si l’on veut, dans une autre modalité ; on les symbolisera donc par autant de cercles placés parallèlement les uns au-dessus des autres, dans des plans différents ; mais, comme en réalité il n’y a point de discontinuité entre eux, il faut que ces cercles ne soient point fermés, de façon que la fin de chacun d’eux soit en même temps le commencement du suivant. Ce ne sont plus alors des cercles, mais les spires successives d’une hélice tracée sur un cylindre, et ces spires sont en nombre indéfini, le cylindre lui-même étant indéfini ; chacune de ces spires se projette sur un plan perpendiculaire à l’axe du cylindre suivant un cercle, mais, en réalité, son point de départ et son point d’arrivée ne sont pas dans le même plan. Nous aurons d’ailleurs à revenir sur ce sujet lorsque, dans une autre étude, nous envisagerons la représentation géométrique de l’évolution.
Il nous faudrait maintenant considérer un autre mode de production des nombres, la production par multiplication, et plus particulièrement par la multiplication d’un nombre par lui-même, donnant naissance successivement aux diverses puissances de ce nombre. Mais ici la représentation géométrique nous entraînerait à des considérations sur les dimensions de l’espace, qu’il est préférable d’étudier séparément ; nous aurons alors à considérer en particulier les puissances successives du Dénaire, ce qui nous conduira à envisager sous un nouvel aspect la question des limites de l’indéfini, et du passage de l’indéfini à l’Infini.
Dans les remarques précédentes, nous avons simplement voulu indiquer comment la production des nombres à partir de l’Unité symbolise les différentes phases de la manifestation de l’Être dans leur succession logique à partir du principe, c’est-à-dire de l’Être lui-même, qui est identique à l’Unité ; et même, si l’on fait intervenir le Zéro comme précédant l’Unité primordiale, on peut remonter ainsi au-delà de l’Être, jusqu’au Non-Être, c’est-à-dire jusqu’à l’Absolu.
- 1. Paru dans La Gnose, juin-juillet-août 1910. ↑