Le Corpus minskois de René Guénon

Le Caire, 29 décembre 1937

[…] J’avoue que j’avais perdu de vue ce que vous citez dans votre livre au sujet des tempéraments, m’étant surtout attaché à ce qui concerne directement la question des cycles. Il s’agit bien réellement des quatre tempéraments traditionnels ; il y aurait sans doute des réserves à faire sur certains points de la description, mais, pour le moment du moins, je ne veux pas m’arrêter aux détails, et je me bornerai à la question des correspondances dont vous me parlez plus spécialement. Ce qui est vraiment curieux, c’est que, partout où j’ai vu de telles correspondances indiquées, je les ai toujours trouvées « brouillées » d’une façon ou d’une autre ; on ne voit d’ailleurs pas bien quelle raison il pourrait y avoir eu de les brouiller à dessein… En réalité, ces correspondances s’établissent ainsi :

Nord- hiver- enfance- lymphatique- race blanche- eau
Orient- printemps- jeunesse- nerveux- race jaune- air
Sud- été- âge mûr- sanguin- race noire- feu
Occident- automne- vieillesse- bilieux- race rouge- terre

[…] Je doute qu’on puisse établir une correspondance stricte avec les facultés. D’autre part, je laisse de côté la relation des éléments avec les « états physiques », qui n’a pas grand intérêt, et derrière laquelle il y a souvent, sur la nature des éléments, une de ces méprises qu’amènent trop facilement les essais de rapprochements avec les sciences modernes ; en tout cas le feu et l’éther sont deux éléments différents ; l’éther ne paraît pas ici parce qu’il se place au centre, correspondant à un état d’équilibre indifférencié. Enfin il n’y a aucune conséquence à tirer de là quant à une supériorité prétendue de telle ou telle race ; elles sont simplement différentes et ont leurs possibilités propres ; et chacune a ou a eu sa période de suprématie ou de prédominance, conformément aux lois cycliques… […]

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