Le Corpus minskois de René Guénon

Chapitre III Le centre vital de l’être humain, séjour de Brahma

Le « Soi » comme nous l’avons vu dans ce qui précède, ne doit pas être distingué d’Âtmâ ; et, d’autre part, Âtmâ est identifié à Brahma même : c’est ce que nous pouvons appeler l’« Identité Suprême », d’une expression empruntée à l’ésotérisme islamique, dont la doctrine, sur ce point comme sur bien d’autres, et malgré de grandes différences dans la forme, est au fond la même que celle de la tradition hindoue. La réalisation de cette identité s’opère par le Yoga, c’est-à-dire l’union intime et essentielle de l’être avec le Principe Divin ou, si l’on préfère, avec l’Universel ; le sens propre de ce mot Yoga, en effet, est « union » et rien d’autre1, en dépit des interprétations multiples et toutes plus fantaisistes les unes que les autres qu’ont proposées les orientalistes et les théosophistes. Il faut remarquer que cette réalisation ne doit pas être considérée proprement comme une « effectuation », ou comme « la production d’un résultat non préexistant », suivant l’expression de Shankarâchârya, car l’union dont il s’agit, même non réalisée actuellement au sens où nous l’entendons ici, n’en existe pas moins potentiellement, ou plutôt virtuellement ; il s’agit donc seulement, pour l’être individuel (car ce n’est que par rapport à celui-ci qu’on peut parler de « réalisation »), de prendre effectivement conscience de ce qui est réellement et de toute éternité.

C’est pourquoi il est dit que c’est Brahma qui réside dans le centre vital de l’être humain, et ceci pour tout être humain quel qu’il soit, et non pas seulement pour celui qui est actuellement « uni » ou « délivré », ces deux mots désignent en somme la même chose envisagée sous deux aspects différents, le premier par rapport au Principe, le second par rapport à la manifestation ou à l’existence conditionnée. Ce centre vital est considéré comme correspondant analogiquement au plus petit ventricule (guhâ) du cœur (hridaya), mais ne doit cependant pas être confondu avec le cœur au sens ordinaire de ce mot, nous voulons dire avec l’organe physiologique qui porte ce nom, car il est en réalité le centre, non pas seulement de l’individualité corporelle, mais de l’individualité intégrale, susceptible d’une extension indéfinie dans son domaine (qui n’est d’ailleurs qu’un degré de l’Existence), et dont la modalité corporelle ne constitue qu’une portion, et même une portion très restreinte, ainsi que nous l’avons déjà dit. Le cœur est considéré comme le centre de la vie, et il l’est en effet, au point de vue physiologique, par rapport à la circulation du sang, auquel la vitalité même est essentiellement liée d’une façon toute particulière, ainsi que toutes les traditions s’accordent à le reconnaître ; mais il est en outre considéré comme tel, dans un ordre supérieur, et symboliquement en quelque sorte, par rapport à l’Intelligence universelle (au sens du terme arabe El-Aqlu) dans ses relations avec l’individu. Il convient de noter à ce propos que les Grecs eux-mêmes, et Aristote entre autres, attribuaient le même rôle au cœur, qu’ils en faisaient aussi le siège de l’intelligence, si l’on peut employer cette façon de parler, et non du sentiment comme le font d’ordinaire les modernes ; le cerveau, en effet, n’est véritablement que l’instrument du « mental », c’est-à-dire de la pensée en mode réfléchi et discursif ; et ainsi, suivant un symbolisme que nous avons déjà indiqué précédemment, le cœur correspond au soleil et le cerveau à la lune. Il va de soi, d’ailleurs, que, quand on désigne comme le cœur le centre de l’individualité intégrale, il faut bien prendre garde que ce qui n’est qu’une analogie ne doit pas être regardé comme une assimilation, et qu’il n’y a là proprement qu’une correspondance, qui n’a du reste rien d’arbitraire, mais qui est parfaitement fondée, bien que nos contemporains soient sans doute portés par leurs habitudes à en méconnaître les raisons profondes.

« Dans ce séjour de Brahma (Brahma-pura) », c’est-à-dire dans le centre vital dont nous venons de parler, « est un petit lotus, une demeure dans laquelle est une petite cavité (dahara) occupée par l’Éther (Âkâsha) ; on doit rechercher Ce qui est dans ce lieu, et on Le connaîtra »2.

Ce qui réside en ce centre de l’individualité, en effet, ce n’est pas seulement l’élément éthéré, principe des quatre autres éléments sensibles, comme pourraient le croire ceux qui s’arrêteraient au sens le plus extérieur, c’est-à-dire à celui qui se réfère uniquement au monde corporel, dans lequel cet élément joue bien le rôle de principe, mais dans une acception toute relative, comme ce monde lui-même est éminemment relatif, et c’est cette acception qu’il s’agit précisément de transposer analogiquement. Ce n’est même qu’à titre de « support » pour cette transposition que l’Éther est ici désigné, et la fin même du texte l’indique expressément, puisque, s’il ne s’agissait pas d’autre chose en réalité, il n’y aurait évidemment rien à rechercher ; et nous ajouterons encore que le lotus et la cavité dont il est question doivent être aussi envisagés symboliquement, car ce n’est point littéralement qu’il faut entendre une telle « localisation », dès lors qu’on dépasse le point de vue de l’individualité corporelle, les autres modalités n’étant plus soumises à la condition spatiale.

Ce dont il s’agit véritablement, ce n’est pas même seulement l’« âme vivante » (jîvâtmâ), c’est-à-dire la manifestation particulière du « Soi » dans la vie (jîva), donc dans l’individu humain, envisagé plus spécifiquement sous l’aspect vital qui exprime une des conditions d’existence définissant proprement son état, et qui d’ailleurs s’applique à tout l’ensemble de ses modalités. En effet, métaphysiquement, cette manifestation ne doit pas être considérée séparément de son principe, qui est le « Soi » ; et, si celui-ci apparaît comme jîva dans le domaine de l’existence individuelle, donc en mode illusoire, il est Âtmâ dans la réalité suprême.

« Cet Âtmâ, qui réside dans le cœur, est plus petit qu’un grain de riz, plus petit qu’un grain d’orge, plus petit qu’un grain de moutarde, plus petit qu’un grain de millet, plus petit que le germe qui est dans un grain de millet ; cet Âtmâ, qui réside dans le cœur, est aussi plus grand que la terre (le domaine de la manifestation grossière), plus grand que l’atmosphère (le domaine de la manifestation subtile), plus grand que le ciel (le domaine de la manifestation informelle), plus grand que tous ces mondes ensemble (c’est-à-dire au delà de toute manifestation, étant l’inconditionné) »3.

C’est que, en effet, l’analogie devant s’appliquer en sens inverse comme nous l’avons déjà signalé, de même que l’image d’un objet dans un miroir est inversée par rapport à l’objet, ce qui est le premier ou le plus grand dans l’ordre principiel est, du moins en apparence, le dernier ou le plus petit dans l’ordre de la manifestation4. Pour prendre des termes de comparaison dans le domaine mathématique, afin de rendre la chose plus compréhensible, c’est ainsi que le point géométrique est nul quantitativement et n’occupe aucun espace, bien qu’il soit le principe par lequel est produit l’espace tout entier, qui n’est que le développement de ses propres virtualités5 ; c’est ainsi également que l’unité arithmétique est le plus petit des nombres si on l’envisage comme située dans leur multiplicité, mais qu’elle est le plus grand en principe, puisqu’elle les contient tous virtuellement et produit toute leur série par la seule répétition indéfinie d’elle-même. Le « Soi » n’est que potentiellement dans l’individu, tant que l’« Union » n’est pas réalisée6, et c’est pourquoi il est comparable à une graine ou à un germe ; mais l’individu et la manifestation tout entière ne sont que par lui et n’ont de réalité que par participation à son essence, et il dépasse immensément toute existence, étant le Principe unique de toutes choses.

Si nous disons que le « Soi » est potentiellement dans l’individu, et que l’« Union » n’existe que virtuellement avant la réalisation, il va de soi que cela ne doit s’entendre que du point de vue de l’individu lui-même. En effet, le « Soi » n’est affecté par aucune contingence, puisqu’il est essentiellement inconditionné ; il est immuable dans sa « permanente actualité », et ainsi il ne saurait avoir en soi rien de potentiel. Aussi faut-il avoir bien soin de distinguer « potentialité » et « possibilité » : le premier de ces deux mots implique l’aptitude à un certain développement, il suppose une « actualisation » possible, et il ne peut donc s’appliquer qu’à l’égard du « devenir » ou de la manifestation ; au contraire, les possibilités, envisagées dans l’état principiel et non-manifesté, qui exclut tout « devenir », ne sauraient aucunement être regardées comme potentielles. Seulement, pour l’individu, toutes les possibilités qui le dépassent apparaissent comme potentielles, parce que, en tant qu’il se considère en mode « séparatif », comme s’il avait par lui-même son être propre, ce qu’il peut en atteindre n’est proprement qu’un reflet (âbhâsa), et non ces possibilités mêmes ; et, bien que ce ne soit là qu’une illusion, on peut dire que celles-ci demeurent toujours potentielles pour l’individu, puisque ce n’est pas en tant qu’individu qu’il peut les atteindre, et que, dès qu’elles sont réalisées, il n’y a véritablement plus d’individualité, comme nous l’expliquerons plus complètement quand nous aurons à parler de la « Délivrance ». Mais, ici, nous devons nous placer au delà du point de vue individuel, auquel, tout en le déclarant illusoire, nous n’en reconnaissons pas moins la réalité dont il est susceptible dans son ordre ; alors même que nous considérons l’individu, ce ne peut être qu’en tant qu’il dépend essentiellement du Principe, unique fondement de cette réalité, et en tant que, virtuellement ou effectivement, il s’intègre à l’être total ; métaphysiquement, tout doit être en définitive rapporté au Principe, qui est le « Soi ».

Ainsi, ce qui réside dans le centre vital, au point de vue physique, c’est l’Éther ; au point de vue psychique, c’est l’« âme vivante », et, jusque-là, nous ne dépassons pas le domaine des possibilités individuelles ; mais aussi, et surtout, au point de vue métaphysique, c’est le « Soi » principiel et inconditionné. C’est donc vraiment l’« Esprit Universel » (Âtmâ), qui est, en réalité, Brahma même, le « Suprême Ordonnateur » ; et ainsi se trouve pleinement justifiée la désignation de ce centre comme Brahma-pura. Or Brahma, considéré de cette manière dans l’homme (et on pourrait le considérer semblablement par rapport à tout état de l’être), est appelé Purusha, parce qu’il repose ou habite dans l’individualité (il s’agit, redisons-le encore, de l’individualité intégrale, et non pas seulement de l’individualité restreinte à sa modalité corporelle) comme dans une ville (puri-shaya), car pura, au sens propre et littéral, signifie « ville »7.

Dans le centre vital, résidence de Purusha,

« le soleil ne brille point, ni la lune, ni les étoiles, ni les éclairs ; bien moins encore ce feu visible (l’élément igné sensible, ou Têjas, dont la visibilité est la qualité propre). Tout brille après le rayonnement de Purusha (en réfléchissant sa clarté) ; c’est par sa splendeur que ce tout (l’individualité intégrale considérée comme « microcosme ») est illuminé »8.

Et on lit de même dans la Bhagavad-Gîtâ9 :

« Il faut rechercher le lieu (symbolisant un état) d’où il n’y a pas de retour (à la manifestation), et se réfugier dans le Purusha primordial de qui est issue l’impulsion originelle (de la manifestation universelle)... Ce lieu, ni le soleil, ni la lune, ni le feu ne l’éclaire : c’est là mon séjour suprême »10.

Purusha est représenté comme une lumière (jyotis), parce que la lumière symbolise la Connaissance ; et il est la source de toute autre lumière, qui n’est en somme que sa réflexion, toute connaissance relative ne pouvant exister que par participation, si indirecte et si lointaine soit elle, à l’essence de la Connaissance suprême. Dans la lumière de cette Connaissance, toutes choses sont en parfaite simultanéité, car, principiellement, il ne peut y avoir qu’un « éternel présent », l’immutabilité excluant toute succession ; et ce n’est que dans l’ordre du manifesté que se traduisent en mode successif (ce qui ne veut pas dire forcément temporel) les rapports des possibilités qui, en soi, sont éternellement contenues dans le Principe.

« Ce Purusha, de la grandeur d’un pouce, (angushtha-mâtra, expression qui ne doit pas être entendue littéralement comme lui assignant une dimension spatiale, mais qui se réfère à la même idée que la comparaison avec une graine)11, est d’une luminosité claire comme un feu sans fumée (sans aucun mélange d’obscurité ou d’ignorance) ; il est le maître du passé et du futur (étant éternel, donc omniprésent, de sorte qu’il contient actuellement tout ce qui apparaît comme passé et comme futur par rapport à un moment quelconque de la manifestation, ceci pouvant d’ailleurs être transposé en dehors du mode spécial de succession qui est proprement le temps) ; il est aujourd’hui (dans l’état actuel qui constitue l’individualité humaine) et il sera demain (et dans tous les cycles ou états d’existence) tel qu’il est (en soi, principiellement, de toute éternité) »12.

  1. 1. La racine de ce mot se retrouve, à peine altérée, dans le latin jungere et ses dérivés.⁠ ↑
  2. 2. Chhândogya Upanishad, 8e Prapâthaka, 1er Khanda, shruti 1.⁠ ↑
  3. 3. Chhândogya Upanishad, 3e Prapâthaka, 14e Khanda, shruti 3. – Il est impossible de ne pas se souvenir ici de cette parabole de l’Évangile : « Le Royaume des Cieux est semblable à un grain de sénevé qu’un homme prend et sème dans son champ ; ce grain est la plus petite de toutes les semences, mais, lorsqu’il est crû, il est plus grand que tous les autres légumes, et il devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent se reposer sur ses branches » (St Matthieu, XIII, 31 et 32). Bien que le point de vue soit assurément différent, on comprendra facilement comment la conception du « Royaume des Cieux » peut être transposée métaphysiquement : la croissance de l’arbre est le développement des possibilités ; et il n’est pas jusqu’aux « oiseaux du ciel », représentant alors les états supérieurs de l’être, qui ne rappellent un symbolisme similaire employé dans un autre texte des Upanishads : « Deux oiseaux, compagnons inséparablement unis, résident sur un même arbre ; l’un mange le fruit de l’arbre, l’autre regarde sans manger » (Mundaka Upanishad, 3e Mundaka, 1er Khanda, shruti 1 ; Shwêtâshwatara Upanishad, 4e Adhyâya, shruti 6). Le premier de ces deux oiseaux est jîvâtmâ, qui est engagé dans le domaine de l’action et de ses conséquences ; le second est l’Âtmâ inconditionné, qui est pure Connaissance ; et, s’ils sont inséparablement unis, c’est que celui-là ne se distingue de celui-ci qu’en mode illusoire.⁠ ↑
  4. 4. Ici aussi, nous trouvons la même chose exprimée très nettement dans l’Évangile : « Les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers » (St Matthieu, XX, l6).⁠ ↑
  5. 5. Même à un point de vue plus extérieur, celui de la géométrie ordinaire et élémentaire, on peut faire remarquer ceci : par déplacement continu, le point engendre la ligne, la ligne engendre la surface, la surface engendre le volume ; mais, en sens inverse, la surface est l’intersection de deux volumes, la ligne est l’intersection de deux surfaces, le point est l’intersection de deux lignes.⁠ ↑
  6. 6. En réalité, d’ailleurs, c’est l’individu qui est dans le « Soi », et l’être en prend effectivement conscience quand l’« Union » est réalisée ; mais cette prise de conscience implique l’affranchissement des limitations qui constituent l’individualité comme telle, et qui, plus généralement, conditionnent toute manifestation. Quand nous parlons du « Soi » comme étant d’une certaine façon dans l’individu, c’est au point de vue de la manifestation que nous nous plaçons, et c’est là encore une application du sens inverse.⁠ ↑
  7. 7. Cette explication du mot Purusha ne doit sans doute pas être regardée comme une dérivation étymologique ; elle relève du Nirukta, c’est-à-dire d’une interprétation qui se base principalement sur la valeur symbolique des éléments dont les mots sont composés, et ce mode d’explication, généralement incompris des orientalistes, est assez comparable à celui qui se rencontre dans la Qabbalah hébraïque ; il n’était même pas entièrement inconnu des Grecs, et l’on peut en trouver des exemples dans le Cratyle de Platon. – Quant à la signification de Purusha, on pourrait faire remarquer aussi que puru exprime une idée de « plénitude ».⁠ ↑
  8. 8. Katha Upanishad, 2e Adhyâya, 5e Vallî, shruti 15 ; Mundaka Upanishad, 2e Mundaka, 2e Khanda, shruti 10 ; Shwêtâshwatara Upanishad, 6e Adhyâya, shruti 14.⁠ ↑
  9. 9. On sait que la Bhagavad-Gîtâ est un épisode du Mahâbhârata, et nous rappellerons à ce propos que les Itihâsas, c’est-à-dire le Râmâyana et le Mahâbhârata, faisant partie de la Smriti, sont tout autre chose que de simples « poèmes épiques » au sens « profane » où l’entendent les Occidentaux.⁠ ↑
  10. 10. Bhagavad-Gîtâ, XV, 4 et 6. – Il y a dans ces textes une similitude intéressante à signaler avec ce passage de la description de la « Jérusalem Céleste » dans l’Apocalypse, XXI, 23 : « Et cette ville n’a pas besoin d’être éclairée par le soleil ou par la lune, parce que c’est la gloire de Dieu qui l’éclaire, et que l’Agneau en est la lampe. » On voit par là que la « Jérusalem Céleste » n’est pas sans rapports avec la « ville de Brahma » ; et, pour ceux qui connaissent la relation qui unit l’« Agneau » du symbolisme chrétien à l’Agni vêdique, le rapprochement est encore plus significatif. – Sans pouvoir insister sur ce dernier point, nous dirons, pour éviter toute fausse interprétation, que nous ne prétendons nullement établir une relation étymologique entre Agnus et Ignis (équivalent latin d’Agni) ; mais des rapprochements phonétiques comme celui qui existe entre ces deux mots jouent souvent un rôle important dans le symbolisme ; et d’ailleurs, pour nous, il n’y a là rien de fortuit, tout ce qui est ayant une raison d’être, y compris les formes du langage. Il convient encore de noter, sous le même rapport, que le véhicule d’Agni est un bélier.⁠ ↑
  11. 11. On pourrait aussi, à ce propos, établir une comparaison avec l’« endogénie de l’Immortel », telle qu’elle est enseignée par la tradition taoïste, ainsi qu’avec le luz ou « noyau d’immortalité » de la tradition hébraïque.⁠ ↑
  12. 12. Katha Upanishad, 2e Adhyâya, 4e Vallî, shrutis 12 et 13. – Dans l’ésotérisme islamique, la même idée est exprimée, en des termes presque identiques, par Mohyiddin ibn Arabi dans son Traité de l’Unité (Risâlatul-Ahadiyah) : « Il (Allah) est maintenant tel qu’il était (de toute éternité) tous les jours en l’état de Créateur Sublime. » La seule différence porte sur l’idée de « création », qui n’apparaît que dans les doctrines traditionnelles qui, partiellement au moins, se rattachent au Judaïsme ; ce n’est d’ailleurs, au fond, qu’une façon spéciale d’exprimer ce qui se rapporte à la manifestation universelle et à sa relation avec le Principe.⁠ ↑

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