Gabriel Trarieux d’Egmont, «Que sera 1938 ?»
Gabriel Trarieux d’Egmont. Que sera 1938 ? (Flammarion, Paris). – Les prévisions pour la prochaine année ne sont point de notre ressort, d’autant plus qu’elles touchent forcément à un domaine, celui de la politique, que nous ne voulons aborder en aucune façon. On sait d’ailleurs assez ce que nous pensons de l’état actuel de l’astrologie ; le plus étonnant dans ces conditions, c’est qu’elle donne parfois malgré tout des résultats justes, et peut-être convient-il de les attribuer pour une bonne part, comme le reconnaît l’auteur de ce livre, aux facultés spéciales de l’astrologue qui les obtient, à une sorte d’« intuition », si l’on veut, mais qu’il faudrait bien se garder de confondre avec la véritable intuition intellectuelle, qui est assurément d’un tout autre ordre. Quoi qu’il en soit, nous trouvons ici, à côté de ces prévisions, certaines considérations d’une portée plus générale, parmi lesquelles il en est qui se rapportent encore à la fameuse « Ère du Verseau » (l’auteur annonce même son intention de faire paraître un ouvrage portant ce titre, en quoi il a été devancé par M. paul le cour) : il paraîtrait que nous sommes déjà dans cette ère depuis 1793, alors que d’autres affirment pourtant qu’elle n’est pas encore commencée, voire même qu’elle ne commencera que dans quelques siècles ; il est vraiment singulier qu’on ne puisse tout au moins se mettre d’accord sur ce point ! Naturellement, il est question aussi des soi-disant « prophéties » qui ont cours à notre époque ; mais l’auteur, plus raisonnable en cela que bien d’autres, reconnaît qu’on ne doit pas les accepter toutes sans discernement, et encore bien moins les multiples commentaires qui sont venus s’y ajouter ; au sujet des « prophètes de la Grande Pyramide », en particulier, il fait preuve d’un certain scepticisme dont nous ne pouvons que le féliciter. Il consacre son dernier chapitre à Nostradamus qui, dit-il, « n’est pas uniquement astrologue », ce qui est tout à fait exact, mais en qui il veut voir surtout un « clairvoyant », ce qui l’est beaucoup moins ; en fait, il s’agit dans ce cas de la connaissance de certaines sciences traditionnelles autres que l’astrologie, bien qu’appartenant également à l’ordre cosmologique, et encore plus complètement perdues pour nos contemporains…