Paul Brunton, «A Search in secret Egypt»
Paul Brunton. A Search in secret Egypt. (Rider and Co., London). – L’auteur, ayant publié précédemment A Search in secret India, dont nous avons rendu compte en son temps, a voulu écrire un livre semblable sur l’Égypte ; mais nous devons dire franchement que ce nouveau volume est sensiblement inférieur à l’autre, et que la tendance « journalistique » que nous avions déjà remarquée dans certaines parties de celui-ci y est beaucoup plus fâcheusement accentuée. Comme presque tous les étrangers, il s’est visiblement intéressé plus à l’Égypte ancienne qu’à l’Égypte actuelle ; et, vraiment, les contacts qu’il a eus avec cette dernière n’ont pas tous été des plus heureux. Ainsi, on pourra s’étonner de la place qu’il accorde aux « phénomènes » produits par le « fakir » Tahra Bey, trop connu par ses exhibitions dans les music-halls d’Europe et d’Amérique ; cela n’est guère en harmonie avec le titre du livre… Il y a aussi un chapitre consacré à un « magicien » qui n’est pas nommé, mais que nous n’avons eu aucune peine à identifier, et qui, en dépit de ses extraordinaires prétentions (Es-sâher min janbi’ Llah…), n’est en somme qu’un assez habile charlatan. Dans un autre chapitre encore, il est question d’un hypnotiseur opérant par les méthodes les plus vulgairement occidentales ; c’est d’ailleurs malgré cela, un Israélite authentiquement égyptien, quoique l’auteur, par une méprise assez amusante, l’ait pris pour un Français, croyant même reconnaître en lui « la manière animée de parler de sa race »… suivant l’idée conventionnelle que s’en font les Anglais ! Ce qui se rapporte aux charmeurs de serpents est peut-être plus intéressant, bien que ces faits, à vrai dire, soient d’un ordre tout à fait courant, et qu’il soit véritablement excessif de vouloir en tirer des considérations sur la survivance possible d’un prétendu « culte du serpent »… Si nous passons à ce qui concerne l’Égypte ancienne, nous ne pouvons nous empêcher de trouver que les visions et les rêves y ont un peu trop d’importance ; cela n’était pourtant pas nécessaire pour avoir, par exemple, l’idée d’une origine antédiluvienne et « atlantéenne » du Sphinx et des Pyramides, car il nous semble bien qu’une telle idée a déjà été exprimée dans d’assez nombreux livres. L’auteur a voulu passer seul une nuit à l’intérieur de la Grande Pyramide, et, là aussi, il a eu une vision se rapportant à l’initiation ; mais, sans doute par un effet de ses études antérieures, celle-ci a pris une forme qui rappelle un peu trop le « dédoublement astral » cher aux occultistes, que la Grande Pyramide ait pu être en fait un lieu d’initiation, nous n’y contredirons certes pas, d’autant plus que cette hypothèse est tout au moins plus vraisemblable qu’un certain nombre d’autres, que l’auteur critique d’ailleurs avec beaucoup de bon sens (y compris, ce qui est assez méritoire de la part d’un Anglais, la théorie « prophétique » sur laquelle nous allons avoir à revenir à propos d’un autre livre) ; mais, même si la chose était prouvée, nous n’en serions encore pas plus avancés quant à la connaissance des modalités particulières de l’initiation égyptienne, et les allusions des auteurs anciens sont certainement bien insuffisantes pour que nous puissions nous en faire une idée tant soit peu précise. – À la fin du volume, l’auteur raconte sa rencontre avec un « Adepte » (?), dont les discours sur le danger de certaines fouilles dans les tombeaux antiques n’ont rien de particulièrement « transcendant » ; nous ne voulons certes pas mettre sa bonne foi en doute, mais nous nous demandons s’il n’aurait pas été tout simplement mystifié.