Le Corpus minskois de René Guénon

Roger Glardon, «Le Spiritisme en face de l’histoire, de la science, de la religion»

Roger Glardon. Le Spiritisme en face de l’histoire, de la science, de la religion. (P. Rouge et Cie, Lausanne, et Librairie Fischbacher, Paris). – L’auteur est un pasteur protestant, et son livre a été présenté comme thèse à la Faculté de théologie de l’Église libre du canton de Vaud ; c’est dire que le point de vue auquel il se place pour combattre le spiritisme est forcément assez spécial. La partie historique contient de fâcheuses confusions, qui tendraient à donner raison à ceux des spirites qui veulent faire remonter leurs théories et leurs pratiques jusqu’à l’Antiquité ; la documentation en est d’ailleurs bien peu sûre, puisque, pour l’Inde par exemple, l’auteur va jusqu’à accepter certains racontars de Jacolliot. On peut voir là à combien d’équivoques se prête le mot d’« esprits », qui ne signifie rien au fond ; et, d’autre part, prétendre assimiler au spiritisme jusqu’au culte catholique des saints témoigne d’assez singuliers préjugés. L’exposé des faits, qui vient ensuite, vaut certainement mieux ; mais ce n’est pas là qu’est le plus important, car, en réalité, il n’y a pas « de phénomènes spirites », il n’y a de spirite qu’une certaine explication de ces phénomènes. À cet égard, l’auteur s’attache à montrer que les diverses autres hypothèses qu’on peut envisager suivant les cas suffisent pour expliquer tous les faits constatés, de sorte qu’il n’y a aucune nécessité de recourir à l’hypothèse spirite ; cependant, comme il semble malgré tout considérer celle-ci comme une hypothèse possible au même titre que les autres, et qu’en tout cas il n’en montre pas l’absurdité, sa réfutation demeure en somme bien insuffisante et n’a rien de définitif. Quant à la partie proprement religieuse, à part certaines réflexions qui relèvent du simple bon sens et qui font assez bien ressortir le côté ridicule de la soi-disant « religion spirite », il va de soi qu’elle ne peut guère convaincre que les coreligionnaires de l’auteur. Enfin, une dernière partie est consacrée aux dangers du spiritisme ; ici du moins, nous ne pouvons qu’approuver entièrement ; et peut-être même l’auteur aurait-il dû insister un peu plus sur ces considérations, puisque le but même de son étude est, dit-il, « de décourager ceux qui seraient tentés de s’engager sur cette voie, funeste à tous les points de vue ».

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