Paris, le 24 février 1916
Mon cher ami,
J’ai bien reçu vos deux cartes, et je suis un peu embarrassé pour répondre à ce que vous me demandez dans la dernière. Malgré toute la bonne volonté possible, je ne peux pas vous dire quel est le n° qui est presque épuisé, ni combien il en reste d’exemplaires. Si Ch. a l’intention de faire réimprimer quelques nos pour faire des collections complètes, il aurait pu, il me semble, en offrir un peu plus que le chiffre dont vous parlez. Cependant, si vous voyez qu’il est décidé à le prendre pour ce prix-là, dites-lui qu’il vienne le chercher le plus tôt possible, et qu’il n’en soit plus question ; naturellement, je pense qu’il règlera en l’enlevant.
J’ai enfin les nos de la France Antimaçonnique et je les ai mis de côté pour vous, mais il y en a de si gros que je ne sais pas comment vous les envoyer. Pensez-vous venir ici bientôt, aux vacances de Pâques par exemple ? Dans ce cas, je les déposerais chez Mme de Ch. pour que vous les y trouviez, car je ne serai pas là à cette époque.
Les extraits de Bosc que vous m’envoyez sont véritablement stupéfiants, mais il ne faut s’étonner de rien de la part de ce vieux fou qui a trouvé le moyen de confondre Drach avec Esdras ! J’ai même relevé la chose dans la France Antimaçonnique ; vous trouverez cela dans un des nos en question.
Voici l’adresse que vous me demandez :
“Astrological Magazine”
Suryalaya,
Madras, N. E.
Je crois du moins que c’est celle-là que je vous avais déjà donnée ; quant au travail sur le zodiaque dont vous me parlez, c’est bien possible qu’il existe en effet, mais je ne m’en souviens pas et je n’en retrouve pas l’indication. En tout cas, je pense que vous reconnaîtrez probablement l’adresse ; dites-moi donc dans votre prochaine lettre si c’est bien celle-là que vous vouliez.
Ma femme vous envoie ses compliments, et moi je vous serre bien cordialement la main.
René Guénon