Octobre 1937
W. Rivier. Le Problème de la Vie (Librairie philosophique J. Vrin, Paris). – C’est une suite de trois dialogues dans lesquels l’auteur, bien que les raisons n’en apparaissent d’ailleurs pas très clairement, remet en scène les personnages de ceux de Berkeley, Hylas et Philonoüs ; il s’agit là de réflexions de « philosophie scientifique », inspirées par les théories des physiciens contemporains, et notamment par celles d’Einstein. Ce qu’il y a de plus curieux là-dedans, c’est que l’auteur est amené à envisager une certaine possibilité de sortir de l’espace ; par contre, il n’admet rien de tel pour le temps, comme si ces deux conditions n’étaient pas exactement du même ordre. Du reste, ces vues, par la façon même dont elles sont présentées, demeurent simplement philosophiques et hypothétiques ; encore sont-elles exprimées trop souvent sous une forme assez confuse ; et, s’il est effectivement possible de s’affranchir de l’espace, nous ne voyons pas en quoi cela autorise à déclarer celui-ci purement illusoire. Dans la mesure où tout cela s’écarte des conceptions « classiques », il semble que ce soit bien plutôt pour se rapprocher du psychisme et de l’occultisme que pour revenir à des idées réellement traditionnelles ; et ceci correspond à une tendance qui, malheureusement, paraît aujourd’hui se répandre de plus en plus…
Joseph Iwanicki. Morin et les démonstrations mathématiques de l’Existence de Dieu (Librairie philosophique J. Vrin, Paris). – Quoique le titre ne permette guère de sen douter, il s’agit de l’astrologue J.-B. Morin de Villefranche, assurément beaucoup moins connu sous l’aspect où il apparaît ici, c’est-à-dire comme philosophe et comme adversaire de Descartes. Son argumentation mise en forme mathématique peut avoir inspiré Leibnitz dans une certaine mesure, et lui-même avait eu des prédécesseurs à cet égard, notamment Raymond Lulle et Lefèvre d’Etaples ; il va sans dire, d’ailleurs, que ces recherches et ces comparaisons de textes n’ont guère en somme qu’un intérêt de pure curiosité.
Georges Barbarin. Le Livre de la Mort douce (Éditions Adyar, Paris). – L’auteur a réuni dans ce livre un grand nombre d’observations concernant tous les genres possibles de mort, ainsi que des témoignages de personnes qui ont été sur le point de mourir, le tout tendant à prouver que, contrairement à ce qu’on pense d’ordinaire, la mort elle-même n’est nullement douloureuse, quelles que soient d’ailleurs les souffrances dues à la maladie et qui ont pu la précéder. Peut-être ne faut-il pas tant généraliser, car il doit y avoir bien des cas différents ; et il nous semble assez imprudent d’affirmer, conformément aux préjugés médicaux, que la conscience doit être entièrement abolie dès lors qu’elle n’a plus la possibilité de se manifester extérieurement. Il est vrai que l’auteur a bien soin de faire remarquer qu’il a entendu se borner ici strictement à considérer le côté « physique » de la mort ; mais celui-ci peut-il être ainsi isolé de tout le reste quand il s’agit de savoir, non ce que sont les symptômes physiologiques pour l’observateur « du dehors », mais ce que l’être qui meurt éprouve réellement ? – Le même M. Georges Barbarin a adressé à la direction des Études Traditionnelles une lettre dans laquelle il déclare que, contrairement à ce que nous avions dit à propos d’une publication intitulée La Clé mensuelle, il ne fait plus partie du « Groupe du Prieuré de Bazainville » et a même rompu toutes relations avec celui-ci ; nous lui en donnons acte bien volontiers, mais, comme cette « scission » semble n’avoir été annoncée nulle part, il devra reconnaître qu’il nous eût été plutôt difficile de la deviner… Quant à ce que nous avons écrit au sujet de son précédent livre, et sur quoi il revient à cette occasion, il est mal venu à s’en plaindre : c’est un fait, auquel nous ne pouvons rien, que quiconque contribue à propager les « prophéties pyramidales » fait par là le jeu de certaines « influences » suspectes ; ceux qui sont de bonne foi, et nous n’avons jamais douté que ce soit le cas de M. Barbarin, le font inconsciemment, mais le résultat est le même ; M. Barbarin pourra d’ailleurs se consoler à la pensée qu’il en est bien d’autres que lui, et certainement de plus « forts » à tout point de vue, qui agissent ainsi sans se douter le moins du monde des « influences » qu’ils subissent ! Enfin, nous prierons M. Barbarin de vouloir bien noter que nous n’avons absolument rien d’un « mystique », et que nous n’avons pas la moindre raison de nous solidariser avec ceux qui, tout en parlant sans cesse de « spiritualité », s’en font une idée qui n’a certes rien de commun avec la seule vraie spiritualité que nous puissions reconnaître, conformément aux enseignements traditionnels authentiques qui seuls comptent pour nous.
Октябрь 1937 г.
(перевод на русский язык отсутствует)