Avril 1936
Guido Cavalluci. L’Intelligenza come forza rivoluzionaria (Biblioteca del Secola Fascista, Libreria Angelo Signorelli, Roma). – Il est curieux de constater que le mot « révolutionnaire » a pris actuellement, en Italie, un sens presque diamétralement opposé à celui qu’il avait toujours eu et qu’il a encore partout ailleurs, à tel point que certains vont jusqu’à l’appliquer à des idées de restauration traditionnelle ; si l’on n’en était averti, on comprendrait assurément fort mal un titre comme celui du présent livre. Ce que celui-ci contient d’intéressant à notre point de vue, ce n’est pas, bien entendu, ce qui touche plus ou moins à la politique ou à l’« administration », mais ce qui se rapporte à des questions de principe ; et, tout d’abord, nous y trouvons une fort bonne critique de la conception moderne de l’« intellectuel », qui n’a certes rien de commun avec la véritable intellectualité. À cette conception toute profane, rationaliste et démocratique, s’oppose celle du « sage » antique, revêtu d’un caractère sacré au sens rigoureux de ce mot, et dont la place, dans l’organisation sociale, doit être proprement au « centre » ; l’auteur le déclare expressément, mais peut-être n’en dégage-t-il pas assez nettement la conséquence, à savoir que le « sage », de là, exerce son influence par une sorte d’« action de présence », sans avoir aucunement à se mêler aux activités plus ou moins extérieures. Quoi qu’il en soit, c’est bien ce rôle et ce caractère du « sage » qu’il s’agirait de rétablir effectivement ; mais, malheureusement, quand on en vient à envisager l’application possible, il y a une étrange disproportion entre ce résultat et les moyens proposés pour y parvenir : on risque fort, nous semble-t-il, de retomber en fait dans le domaine de la pseudo-intellectualité, en descendant jusqu’à prendre en considération la « culture » universitaire, qui en est bien le type le plus accompli ; ou bien si l’on veut réellement assurer aux seuls représentants de l’intellectualité véritable, ou, ce qui est la même chose, de la spiritualité pure, leur place au sommet de la hiérarchie, n’est-il pas à craindre que cette place reste vide ? L’auteur reconnaît qu’elle l’est présentement, et il pose à ce propos le problème de l’« élite » spirituelle, mais d’une façon qui ne montre que trop combien il est difficile de le résoudre dans les conditions actuelles : comme on le comprendra sans peine par les considérations que nous avons exposées récemment, la formation de l’« élite » ne saurait être une simple affaire d’« éducation », celle-ci fût-elle « intégrale » ; et d’autre part, en supposant cette « élite » constituée, nous ne la voyons pas bien se groupant dans une « académie », ou dans toute autre institution s’affichant pareillement aux yeux du public ; avec de telles vues, nous voilà, hélas ! bien loin du « centre » qui régit toutes choses invisiblement…
Апрель 1936 г.
(перевод на русский язык отсутствует)