Février 1934
Gabriel Trarieux. La Lumière d’Asie (Éditions Eugène Figuière, Paris). – C’est une traduction du poème d’Edwin Arnold, The Light of Asia, bien connu de tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin au Bouddhisme. Nous n’avons aucune compétence pour en apprécier la forme ; en principe, nous nous méfions toujours quelque peu d’une traduction versifiée, car il nous paraît difficile qu’elle soit exacte ; mais, dans le cas présent, l’auteur a prévu lui-même cette objection, car il déclare qu’il a « voulu rendre le sens et le rythme, plutôt que le texte littéral ». Quant à l’œuvre elle-même, M. Trarieux reconnaît qu’elle renferme une part de fantaisie, et qu’« aucune des Écoles bouddhistes n’y retrouverait exactement sa doctrine » ; mais, pour l’en justifier, il assure que « l’imagination, chez les vrais poètes, est une faculté de connaissance », ce qui ne nous semble pas convaincant du tout ; et, quand il ajoute qu’elle est « une clairvoyance qui s’ignore », cela l’est encore moins, car nous pensons qu’il conviendrait de renverser la proposition : cette trop fameuse « clairvoyance » n’est elle-même, dans la plupart des cas, que l’illusion d’une imagination qui, dans une sorte de « rêve éveillé », prend ses propres constructions pour des réalités extérieures et indépendantes.
Dynan-V. Fumet. La Divine Oraison (Cahiers de la Quinzaine, Paris). – Ce petit livre est un commentaire du Pater, curieux à certains égards, mais passablement obscur ; nous avons quelques raisons de penser que l’auteur a voulu y mettre une intention plus on moins « ésotérique »… Malheureusement, les étrangetés de langage ne constituent pas l’ésotérisme, pas plus que la difficulté de comprendre une chose ne la rend « hermétique », en dépit du sens que le vulgaire attache à ce mot. En fait, nous ne voyons pas qu’il y ait là rien qui sorte du point de vue religieux, lequel est exotérique par définition ; peut-être y prend-il une nuance un peu spéciale, mais ceci même ne semble pas dépasser le domaine ouvert aux discussions des théologiens.
Февраль 1934 г.
(перевод на русский язык отсутствует)