Avril 1938
– Dans la Vita Italiana (n° de février), à propos de ce que certains appellent Bolscevismo culturale, réunissant sous ce vocable toutes les formes « décadentes » de l’art contemporain, M. J. Evola insiste sur l’insignifiance de toute tentative de « réaction » qui ne serait en réalité qu’un retour à quelque stade moins avancé de la même déviation ; la seule solution valable serait celle qui consisterait au contraire à revenir aux principes véritables, « à ce qui est vraiment original sur le plan de l’esprit, et qui s’identifie avec la Tradition », entendue non comme le font les simples « traditionalistes » et les « conservateurs », mais « au sens supérieur, universel, métaphysique et transcendant du mot ».
– Dans le Lotus Bleu (n° de décembre et janvier), un article est consacré à la Renaissance de la controverse Bacon-Shakespeare, à propos d’un livre paru récemment en Angleterre sur ce sujet, et où sont donnés de nouveaux arguments en faveur de la thèse suivant laquelle Bacon serait le véritable auteur des œuvres publiées sous le nom de Shakespeare, et même aussi sous un certain nombre d’autres. En admettant que les interprétations sur lesquelles se fonde cette assertion soient exactes, il y aurait, à vrai dire, une autre explication beaucoup plus simple et plus plausible : pourquoi ces œuvres, vraiment un peu trop nombreuses pour avoir pu être écrites par un seul homme, ne seraient-elles pas réellement des auteurs dont elles portent les noms, ceux-ci ayant été seulement dirigés et inspirés par Bacon ? Quoi qu’il en soit, il semble que l’auteur du livre en question, dans les multiples « cryptogrammes » qu’il a déchiffrés, n’ait guère trouvé que l’affirmation réitérée de la naissance royale de Bacon et de ses droits méconnus au trône d’Angleterre ; ces revendications toutes « personnelles », fussent-elles d’ailleurs légitimes, donnent de lui, il faut bien le dire, une idée qui n’est pas précisément celle du « haut initié » que certains veulent qu’il ait été, et qui eût dû envisager toutes ces contingences avec plus de détachement. Il y a encore autre chose qui est peut-être plus singulier : Bacon ne serait pas mort réellement en 1626, mais se serait alors réfugié en Hollande, où il aurait encore vécu de longues années ; nous savons depuis longtemps déjà que, dans le monde théosophiste, on attache beaucoup d’importance à ces histoires de « morts simulée » ; mais, même si elles sont vraies, nous ne voyons pas très bien en quoi elles peuvent être une preuve de « pouvoirs » transcendants, car, après tout, ce sont là des choses qui, en elles-mêmes et toute question d’intention mise à part, sont aussi à la portée de simples imposteurs…
Апрель 1938 г.
(перевод на русский язык отсутствует)