Mai 1939
– Le Grand Lodge Bulletin d’Iowa (numéro de février) contient diverses considérations relatives à la façon dont pourrait être formulée une « déclaration de principes maçonniques » ; ce qui est le plus remarquable là-dedans, c’est que l’essentiel y est complètement passé sous silence, car il ne s’y trouve pas même la moindre allusion au caractère proprement initiatique de la Maçonnerie. Cette constatation amène logiquement à se demander si, dans l’intention de ceux qui la croient utile, une telle déclaration ne s’adresserait pas surtout au public profane ; mais c’est là une chose qui n’a pas de raison d’être et que, par définition, une organisation initiatique réellement fidèle à ses principes ne devrait même pas envisager. Si au contraire elle était plutôt destinée à l’instruction des Maçons eux-mêmes, c’est là un rôle qu’elle remplirait fort mal, et en quelque sorte inévitablement ; elle serait, en effet, nettement contraire à la méthode traditionnelle d’enseignement par les symboles, sans même parler de l’impossibilité (qui d’ailleurs rend précisément cette méthode indispensable) d’enfermer les véritables principes dans des formules verbales. Donc, de toutes façons, le fait même que cette question puisse être posée et discutée par des « autorités » témoigne d’une fâcheuse incompréhension du point de vue initiatique ; et, si certains Maçons se plaignent d’ignorer « la nature essentielle de la Maçonnerie », ce n’est certes pas par des moyens de ce genre que leur ignorance pourra jamais être dissipée.
– Dans le Symbolisme (numéro de mars), G. Persigout étudie Le Symbolisme du crâne et de la mort ; il fait à ce sujet un certain nombre de remarques intéressantes, dont quelques-unes sont d’ailleurs inspirées par ce que nous avons dit nous-même ici à propos du symbolisme de la caverne et de celui du dôme ; mais pourquoi y mêle-t-il des vues « préhistoriques » dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles sont étrangement confuses, en dépit de réserves fort justes sur l’« évolutionnisme » et le « naturalisme » qui dominent les explications « scientifiques » modernes ? D’autre part, parmi les points auxquels l’auteur touche en passant et qui mériteraient d’être examinés de plus près, nous noterons plus particulièrement ce qui concerne la « danse des morts » ; il y a là quelque chose d’assez énigmatique, qui ne relève point de l’« histoire profane », comme il semble le croire (et d’ailleurs cette histoire ne saurait jamais rien expliquer véritablement), mais qui, au contraire, est en relation directe avec certaines organisations initiatiques de la fin du moyen âge ; il semble qu’on n’ait jamais cherché à préciser le rôle et la nature de ces organisations, ce à quoi l’on serait peut-être aidé dans une certaine mesure par la considération du rapport ésotérique existant entre l’« amour » et la « mort ». Signalons incidemment que le mot « macabre », n’est pas autre chose que l’arabe maqbarah, « cimetière » (ou plus exactement son pluriel maqâbir), et que son origine n’a certainement rien à voir avec le nom de saint Macaire, même s’il est arrivé que celui-ci en ait été rapproché après coup, du fait d’une de ces rencontres phonétiques qui ont parfois de si curieux effets.
Май 1939 г.
(перевод на русский язык отсутствует)