Septembre 1937
– Dans la Vita Italiana (numéro de juin), un article de M. Gherardo Maffei, sur les rapports du Judaïsme et de la Maçonnerie, témoigne d’une attitude comparable à celle qui s’affirmait déjà dans l’article de M. J. Evola dont nous avons parlé précédemment. L’auteur fait remarquer très justement que, en ce qui concerne l’origine de la Maçonnerie, la présence de nombreux éléments hébraïques dans son symbolisme ne prouve rien, d’autant plus que, à côté de ceux-là, il s’en trouve aussi beaucoup d’autres qui se rattachent à des traditions toutes différentes ; en outre, ces éléments hébraïques se rapportent à un côté ésotérique qui n’a assurément rien à voir avec les aspects politiques ou autres que visent ceux qui combattent le Judaïsme actuel, et dont beaucoup prétendent lui associer étroitement la Maçonnerie. Naturellement, tout cela est sans rapport avec la question des influences qui, en fait, peuvent s’exercer à notre époque dans la Maçonnerie aussi bien qu’ailleurs, mais c’est précisément cette distinction que, par ignorance ou par parti pris, on oublie trop souvent ; et nous ajouterons plus nettement encore, quant à nous, que l’action des Maçons et même des organisations maçonniques, dans toute la mesure où elle est en désaccord avec les principes initiatiques, ne saurait en aucune façon être attribuée à la Maçonnerie comme telle. – Dans la même revue (n° de juillet), M. Massimo Scaligero étudie la signification de l’attitude « antimoderne », à propos des ouvrages de M. J. Evola, et plus spécialement du Mistero del Graal dont nous avons rendu compte récemment.
– Dans le Mercure de France (numéro du 1er juin), M. Gabriel Louis-Laray examine, d’après quelques ouvrages récents sur la Maçonnerie française au XVIIIe siècle, le rôle que celle-ci a pu jouer dans les rapports de la France avec l’Angleterre et les États-Unis. Tout cela se limite à un point de vue beaucoup trop exclusivement politique pour aller jusqu’au fond des choses, et n’est d’ailleurs pas exempt de certaines erreurs, parmi lesquelles il en est une que nous avons déjà rencontré ailleurs, mais qui n’en est pas moins véritablement étonnante : c’est la confusion de la Maçonnerie exclusivement « symbolique » issue de la Grande Loge d’Angleterre avec la Maçonnerie « écossaise », c’est-à-dire des hauts grades, laquelle, par surcroît, était alors résolument opposée aux tendances « orangistes » dont la première était pénétrée. Malgré cela, il y a un point qui nous paraît présenter un certain intérêt : c’est ce qui concerne le rôle étrange de Franklin, qui, tout en étant Maçon (quoique la qualification de « grand patriarche », qui lui est ici attribuée ne réponde d’ailleurs à rien de réel), était fort probablement aussi tout autre chose, et qui semble bien avoir été surtout, dans la Maçonnerie et en dehors d’elle, l’agent de certaines influences extrêmement suspectes. La Loge Les Neuf Sœurs, dont il fut membre et même Vénérable, constitue, par la mentalité spéciale qui y régnait, un cas tout à fait exceptionnel dans la Maçonnerie de cette époque ; elle y fut sans doute l’unique centre où les influences dont il s’agit trouvèrent alors la possibilité d’exercer effectivement leur action destructrice et antitraditionnelle, et, suivant ce que nous disions plus haut, ce n’est certes pas à la Maçonnerie elle-même qu’on doit imputer l’initiative et la responsabilité d’une telle action.
– Dans les Archives de Trans (numéros de mai, juin et juillet), M. J. Barles, poursuivant ses recherches sur les origines de la Grande Loge d’Angleterre, examine plus particulièrement certains détails de la biographie de Desaguliers : ses ouvrages scientifiques et autres aspects de son activité profane, la réception qui lui fut faite à la Loge d’Édimbourg en 1721 (signalons en passant que deacon est « diacre », et non pas « doyen » qui se dit en anglais dean), et sa visite à la Loge de Bussy, à Paris, en 1735. Peut-être ne faut-il pas chercher à tirer de tout cela des conséquences excessives ; surtout, le savoir profane et les associations destinées à le développer ou à le répandre relèvent d’un domaine entièrement différent de celui où se situent les questions d’ordre proprement maçonnique, et, à part le fait que les mêmes individualités peuvent parfois se retrouver de part et d’autre, ce qui n’engage évidemment qu’elles, nous ne voyons pas bien quel rapport plus ou moins direct il peut y avoir entre ces deux choses. Quant au sens réel des termes « opératif » et « spéculatif », sur lequel M. Barles semble encore perplexe, nous ne pouvons mieux faire, pour l’aider à élucider cette importante question, que de le prier de vouloir bien se reporter aux explications précises que nous avons données ici sur ce sujet, auquel nous avons même consacré un article spécial.
– Dans le Speculative Mason (numéro de juillet), un article est consacré au symbolisme du rituel de Royal Arch ; un autre apporte, sur les origines antiques des outils employés par les constructeurs, des renseignements intéressants au point de vue documentaire, mais est malheureusement quelque peu affecté du préjugé « progressiste » habituel à nos contemporains.
– Dans le Grand Lodge Bulletin d’Iowa (numéro de mai), signalons une brève étude sur les « chiffres » ou alphabets cryptographiques qui furent en usage dans la Maçonnerie, et qui présentent une ressemblance frappante avec certains alphabets kabbalistiques ; il en existe plusieurs variantes, mais la « clef » en est toujours la même, et il y aurait sans doute bien davantage à dire sur celle-ci et sur les rapprochements auxquels elle peut donner lieu.
– Dans le Symbolisme (numéro de juin), Oswald Wirth, tout en affirmant l’unité de La Tradition des Sages sous ses diverses expressions symboliques, s’efforce une fois de plus d’en restreindre la portée, de la façon que nous ne connaissons déjà que trop bien ; ajoutons seulement que, contrairement à sa tentative d’interprétation « évolutionniste », l’« état d’innocence édénal » n’a certes rien à voir avec l’instinct ni avec l’animalité ! – Dans le numéro de juillet, au sujet de la question du Rituel féminin, tout en déclarant que le symbolisme des Loges d’Adoption « n’est pas précisément d’une très haute valeur initiatique », il estime qu’il peut cependant servir tout au moins de préparation et de point de départ ; mais la véritable question n’est pas là : ce rituel ayant été inventé artificiellement de toutes pièces et ne contenant pas trace d’une « transmission » authentique, il ne pourra jamais, en réalité, représenter rien de plus qu’un simple simulacre d’initiation. – Albert Lantoine intitule Paroles pour les Égarés un rappel à la règle suivant laquelle « la Maçonnerie doit écarter de ses travaux toute discussion politique ou religieuse », qui en effet ne peut s’y introduire que par une déplorable confusion des domaines les plus différents. – Dans les deux numéros, suite des études de G. Persigout, cette fois sur La « Pierre brute » et la « Pierre cachée des Sages » ; l’auteur continue à faire preuve d’un « éclectisme » vraiment excessif, et les rêveries de feu Leadbeater voisinent ici avec les théories « officielles » sur les époques de la préhistoire ; ne vaudrait-il pas beaucoup mieux s’en tenir uniquement à des « sources » plus autorisées au point de vue traditionnel et initiatique ?
Сентябрь 1937 г.
– В июньском номере Vita Italiana статья г-на Герардо Маффеи о иудаизме и масонстве демонстрирует позицию, сопоставимую с той, что уже была выражена в упомянутой статье г-на Ю. Эволы. Автор совершенно справедливо отмечает, что в вопросе происхождения масонства наличие многочисленных еврейских элементов в его символизме ничего не доказывает, тем более что наряду с ними существует и множество других, связанных с совершенно иными традициями; кроме того, эти еврейские элементы относятся к эзотерической составляющей, которая, безусловно, не имеет ничего общего с политическими или другими аспектами, на которых нацелены борцы с иудаизмом сегодня, многие из которых утверждают, что тесно связывают его с масонством. Разумеется, всё это не имеет никакого отношения к вопросу о влияниях, которые, на самом деле, могут быть оказаны в нашу эпоху как в масонстве, так и в других областях, но именно это различие слишком часто забывается по незнанию или предвзятости; со своей стороны подчеркнём, что действия масонов и даже масонских организаций в той части, в какой они противоречат инициатическим принципам, никоим образом не могут быть связаны с самим масонством.
– В Mercure de France (номер от 1 июня) г-н Габриэль Луи-Ларэ на основе ряда недавних работ о французском масонстве в XVIII веке рассматривает роль, которую оно могло сыграть в отношениях Франции с Англией и США. Всё сказанное оказалось очень ограничено почти исключительно политической точкой зрения, чтобы раскрыть вопрос более полно, и не свободно от некоторых ошибок, включая одну, с которой мы уже сталкивались в других работах, но она тем не менее удивительна: смешение исключительно «символического» масонства Великой ложи Англии с «шотландским» масонством, то есть масонством высших градусов, которое, к тому же, в то время решительно противостояло «оранжистским» тенденциям, которыми было проникнуто первое. Несмотря на это, есть один момент, который, как нам кажется, представляет определенный интерес, а именно: странная роль Франклина, который, будучи масоном (хотя квалификация «великий патриарх», которую ему здесь приписывают, не соответствует ничему реальному), был, весьма вероятно, и кем-то ещё, а именно агентом некоторых крайне подозрительных влияний в масонстве и не только. Ложа Девяти сестёр, в которой он был членом и даже досточтимым мастером, представляет собой, в силу особого царившего там менталитета, совершенно исключительный случай в масонстве того периода; она была, без сомнения, единственным центром, где влияния, о которых идёт речь, нашли тогда возможность осуществлять своё разрушительное и антитрадиционное действие, и, согласно сказанному выше, инициативу и ответственность за эти действия следует, разумеется, возлагать не на само масонство.
– В журнале Archives de Trans (номера за май, июнь и июль), г-н Ж. Барле, продолжая свои исследования о происхождении Великой ложи Англии, более подробно рассматривает некоторые детали биографии Дезагюлье: его научные труды и другие аспекты его светской деятельности, приём, который ему был оказан в ложе Эдинбурга в 1721 году (заметим, к слову, что deacon означает «дьякон», а не «декан», что по-английски dean), и его визит в ложу Бюсси, в Париже, в 1735 году. В то же время, возможно, не стоит делать из этого чрезмерных выводов; В частности, мирское знание и объединения, предназначенные для его развития или распространения, относятся к совершенно иной области, чем та, в которой находятся вопросы чисто масонского порядка, что, очевидно, касается только их, мы не очень хорошо понимаем, какая более или менее прямая связь может быть между этими двумя этими областями. Что касается реального смысла терминов «оперативный» и «спекулятивный», относительно которого г-н Барлес, похоже, всё ещё пребывает в замешательстве, мы не можем сделать ничего лучшего, чтобы помочь ему прояснить этот важный вопрос, чем попросить его обратиться к точным объяснениям, которые мы дали здесь по этому вопросу, которому мы даже посвятили отдельную статью.
– В Speculative Mason (июльский номер) опубликована статья, посвящённая символизму ритуала Королевской арки; другая статья содержит интересную документальную информацию об античных истоках инструментов, используемых строителями, но, к сожалению, в ней присутствует несколько «прогрессистских» предрассудков, характерных для наших современников.
– В Grand Lodge Bulletin Айовы (майский выпуск) есть краткое исследование «шифров» или криптографических алфавитов, используемых в масонстве, которые имеют поразительное сходство с некоторыми каббалистическими алфавитами; существует несколько вариантов, но «ключ» всегда один и тот же, и, несомненно, о нём самом и о возможных сопоставлениях можно сказать гораздо больше.
– В Symbolisme (июньский номер) Освальд Вирт, утверждая единство Традиции Мудрецов в её различных символических выражениях, вновь пытается ограничить её значимость способом, который нам уже слишком хорошо знаком; добавим лишь, что, вопреки его попытке «эволюционистской» интерпретации, «состояние эдемской невинности», конечно, не имеет ничего общего с ни инстинктами ни с животностным состоянием! – В июльском номере, посвященном женскому ритуалу, он утверждает, что символизм адаптивных (женских) лож «точно не имеет высокой инициатической ценности», но считает, что он, всё же может стать подготовкой и отправной точкой; но главный вопрос не в этом: поскольку этот ритуал был искусственно изобретен с нуля и не содержит никаких следов подлинной «передачи», в действительности он не может представлять собой ничего большего, чем простой симулякр инициации. – Альбер Лантуан назвал книгу Paroles pour les Égarés [Слова для заблудших] напоминанием о правиле, согласно которому «масонство должно исключить из своей работы любые политические или религиозные дискуссии», которые могут проникнуть в неё только в результате прискорбного смешения полностью разных областей. – В двух номерах Г. Персигу продолжает свои исследования, на этот раз о «Необработанном камне» и «Сокрытом камне мудрецов»; автор демонстрирует всё тот же поистине чрезмерный «эклектизм»: здесь иллюзии покойного Лидбитера соседствуют с «официальными» теориями о доисторических временах. Не лучше ли было бы придерживаться более авторитетных «источников» с традиционной и инициатической точки зрения?