Octobre 1930
– Dans le Symbolisme (n° de mai), un article de M. Armand Bédarride, intitulé Un problème de méthode, fait ressortir quelques-unes des différences qui existent entre l’enseignement initiatique et l’enseignement profane. – Dans le n° de juin, Oswald Wirth envisage un Dédoublement de la Franc-Maçonnerie : il y aurait « des Maçons selon la lettre et d’autres selon l’esprit » ; l’intention est assurément excellente, mais, étant donné l’état actuel de la Maçonnerie, elle nous paraît bien difficilement réalisable. – Dans le n° de juillet, autre article d’Oswald Wirth sur L’hérésie biblique (à propos de la Maçonnerie anglo-saxonne), qui procède d’un point de vue bien extérieur : la méconnaissance du véritable caractère des Livres sacrés, quels qu’ils soient d’ailleurs, chez des hommes qui se recommandent d’une tradition initiatique, nous cause toujours quelque étonnement.
– Le Grand Lodge Bulletin d’Iowa termine dans son n° de mai l’étude sur le symbolisme de la ruche. – Le n° de juin contient quelques indications intéressantes sur des livres anciens dans lesquels il est fait mention de la Maçonnerie.
– Dans la « partie occultiste » de la Revue Internationale des Société Secrètes (n° du 1er mai), M. de Guillebert, dans un article intitulé Science et Magie, s’imagine découvrir des intentions « ésotériques » dans les théories les plus « profanes » de la science contemporaine. Il continue dans un autre article intitulé Occultisme scientifique (n° du 1er juin) où il s’en prend plus spécialement à MM. Maxwell, Jollivet-Castelot et Paul Choisnard, en qui il voit les agents d’une tentative d’annexion de la science officielle par l’« occultisme » ! Il est d’ailleurs obligé, en ce qui concerne M. Choisnard, de se rétracter dans le numéro suivant (n° du 1er juillet), en post-scriptum à un article sur Jacob Boehme inspiré par le numéro spécial du Voile d’Isis, et rédigé de telle façon qu’il est à peu près impossible de distinguer ce qui est un compte rendu de celui-ci et ce qui est réflexions personnelles de l’auteur. Notons-y seulement l’extraordinaire affirmation que Jacob Boehme était Juif ; c’est une véritable hantise ! – Dans les nos du 1er mai et du 1er juillet, nous trouvons aussi la fin de l’étude sur Bô Yin Râ que nous avons mentionnée précédemment, et, dans celui du 1er juin, une réponse à une réponse de M. Henri Durville au sujet de L’Ordre Eudiaque. Au fond, M. Durville devrait être flatté de se voir considéré comme une « Autorité Supérieure », donnant une « Initiation Supérieure », et plus proche des « Hautes Puissances Occultes » que la Maçonnerie ! Cette querelle ne nous intéresse pas, mais nous devons relever une erreur de fait : les livres d’Éliphas Lévi n’ont jamais été « mis en interdit par l’Église » (cf. P. Chacornac, Éliphas Lévi, p. 184, où cette question est mise au point). – En dehors de la « partie occultiste », signalons un article intitulé Les Porte-lumière des Ténèbres (n° du 6 juillet), à propos d’un récent livre anglais consacré à la Stella Matutina, continuation de l’ancienne Golden Dawn, et à quelques autres organisations dépendant plus ou moins d’Aleister Crowley. – Enfin, pour terminer, une chose amusante que nous avons trouvée dans un article sur Un Congrès universel des religions contre la guerre (n° du 20 juillet) : décrivant la couverture du compte rendu des travaux du « Comité préparatoire », on y signale « une inscription espérantiste (ou ido, ou autre chose) : Santi Pax Salaam ». Or cette inscription, c’est tout simplement le mot « Paix » en sanscrit, en latin et en arabe ; quels admirables linguistes que les rédacteurs de la R.I.S.S. !
– Dans le Symbolisme (n° d’octobre), un article intitulé La Maçonnerie sacerdotale (mieux eût valu dire « pseudo-sacerdotale ») et signé Diogène Gondeau est une bonne critique des visions du T∴ Ill.∴ F∴ (et Mgr) Leadbeater et de la fantastique histoire du « Chef de tous les vrais Francs-Maçons ». Un autre article de M. A. Siouville, sur L’Oraison dominicale, n’est qu’un morceau d’exégèse moderniste : il paraît que le Pater a « un caractère très purement hébraïque » ; nous ne voyons pas en quoi tout cela peut aider à en pénétrer le sens profond. – Dans le n° de novembre, Oswald Wirth continue à s’en prendre à La Maçonnerie dogmatique, c’est-à-dire à la Maçonnerie anglo-saxonne, à propos des questions de « régularité ». Deux réponses à de précédents articles : Apologie de la Bible, par M. Elie Benveniste, qui ne veut d’ailleurs y voir que le Décalogue, ce qui est un point de vue bien restreint ; Plaidoyer pour l’Occultisme, par M. Marius Lepage, qui nous semble bien enthousiaste pour cet « occultisme » contemporain où l’on trouve un peu de tout, sauf la véritable connaissance initiatique (que la plupart de ses adversaires, d’ailleurs, ne possèdent pas davantage) ; la jeunesse qu’il avoue excuse ses illusions, que le temps se chargera sans doute de dissiper.
– Hain der Isis (nos d’août-septembre et d’octobre) continue à se présenter surtout comme l’organe de disciples ou de partisans d’Aleister Crowley. – Signalons à ce propos qu’on a annoncé la disparition de celui-ci, qui se serait noyé volontairement en Portugal, le 24 septembre dernier ; nous ne savons pas si cette nouvelle a été confirmée.
– Les Cahiers de l’Ordre, organe antimaçonnique, qui avaient interrompu leur publication au début de l’année, l’ont reprise en septembre. Nous y voyons l’annonce d’un « Parti national-populaire français anti-juif » qui, à l’imitation des « racistes » allemands, a pris pour emblème le swastika ; à quoi les symboles ne peuvent-ils servir quand on ne les comprend plus ?
– Le n° du 1er septembre de la Revue Internationale des Sociétés secrètes (« partie occultiste » débute par une étude de M. de Guillebert, intitulée Antisémitisme, moins « excentrique » que beaucoup d’autres du même auteur, mais où l’influence juive est, comme toujours, fort exagérée. Vient ensuite une revue des revues où nous devons relever le procédé appliqué notamment à quelques articles du Voile d’Isis de juin, qui consiste à mettre bout à bout des lambeaux de phrases isolées de leur contexte, ce qui permet évidemment d’y trouver le sens qu’on veut. Signalons aussi qu’on nous fait dire que la connaissance des « petits mystères » s’acquiert en parcourant les « noms des choses », ce qui n’a aucune signification ; nous avions écrit la « roue des choses ». – Toujours dans le même n° un article du Dr G. Mariani, intitulé : Les Doctrines Kaïnites dans la F∴ M∴ : un conte symbolique de Gérard de Nerval, attribue une importance bien excessive à une fantaisie dans laquelle son auteur a mêlé des éléments de provenances diverses au produit de sa propre imagination ; il est vrai que ce conte sur la reine de Saba est une « source » à laquelle ont puisé nombre d’antimaçons, qui n’ont pas hésité à le présenter comme l’authentique légende d’Hiram. Quant aux allusions au « Roi du monde » contenues dans l’article, nous nous bornons pour l’instant à en prendre note, en attendant la suite… s’il y en a une. – Dans le n° du 1er octobre (« partie occultiste » également), M. de Guillebert intitule son article Les Polaires ; nous aurons peut-être à parler bientôt de cette bizarre histoire, qui, d’ailleurs, n’est ici qu’un prétexte à des considérations très mêlées sur la « mystique occulte ». Le Dr Mariani étudie L’Occultisme dans les pays anglo-saxons, d’après « Light-Bearers of Darkness », par « Inquire Within » ; l’auteur de ce livre, dont il avait déjà été question précédemment, a largement utilisé notre propre ouvrage sur le Théosophisme ; mais, à côté de certains renseignements sérieux et exacts, il en donne beaucoup d’autres qui ne peuvent être acceptés que sous bénéfice d’inventaire. – Notons enfin, à propos de Diana Vaughan (n° du 12 octobre), un article intitulé Puissance dogmatique, dans lequel on s’efforce de prouver que ce qui est ainsi désigné dans la Maçonnerie écossaise serait autre chose que le Suprême Conseil de chaque pays ; l’argumentation ne tient pas debout… et pour cause.
Октябрь 1930 г.
(перевод на русский язык отсутствует)