Chapitre XL La fin D’un monde
Tout ce que nous avons décrit au cours de cette étude constitue en somme, d’une façon générale, ce qu’on peut appeler les « signes des temps », suivant l’expression évangélique, c’est-à-dire les signes précurseurs de la « fin d’un monde » ou d’un cycle, qui n’apparaît comme la « fin du monde », sans restriction ni spécification d’aucune sorte, que pour ceux qui ne voient rien au delà des limites de ce cycle même, erreur de perspective très excusable assurément mais qui n’en a pas moins des conséquences fâcheuses par les terreurs excessives et injustifiées qu’elle fait naître chez ceux qui ne sont pas suffisamment détachés de l’existence terrestre ; et bien entendu, ce sont justement ceux-là qui se font trop facilement cette conception erronée en raison de l’étroitesse même de leur point de vue. À la vérité, il peut y avoir ainsi bien des « fins du monde » puisqu’il y a des cycles de durée très diverse contenus en quelque sorte les uns dans les autres, et que la même notion peut toujours s’appliquer analogiquement à tous les degrés et à tous les niveaux ; mais il est évident qu’elles sont d’importance fort inégale, comme les cycles mêmes auxquels elles se rapportent et, à cet égard, on doit reconnaître que celle que nous envisageons ici a incontestablement une portée plus considérable que beaucoup d’autres puisqu’elle est la fin d’un Manvantara tout entier, c’est-à-dire de l’existence temporelle de ce qu’on peut appeler proprement une humanité, ce qui, encore une fois, ne veut nullement dire qu’elle soit la fin du monde terrestre lui-même, puisque, par le « redressement » qui s’opère au moment ultime, cette fin même deviendra immédiatement le commencement d’un autre Manvantara.
À ce propos, il est encore un point sur lequel nous devons nous expliquer d’une façon plus précise : les partisans du « progrès » ont coutume de dire que l’« âge d’or » n’est pas dans le passé, mais dans l’avenir ; la vérité, au contraire, est que, en ce qui concerne notre Manvantara, il est bien réellement dans le passé, puisqu’il n’est pas autre chose que l’« état primordial » lui-même. En un sens, cependant, il est à la fois dans le passé et dans l’avenir, mais à la condition de ne pas se borner au présent Manvantara et de considérer la succession des cycles terrestres car, en ce qui concerne l’avenir, c’est de l’« âge d’or » d’un autre Manvantara qu’il s’agit nécessairement ; il est donc séparé de notre époque par une « barrière » qui est véritablement infranchissable pour les profanes qui parlent ainsi et qui ne savent ce qu’ils disent quand ils annoncent la prochaine venue d’une « ère nouvelle » en la rapportant à l’humanité actuelle. Leur erreur, portée à son degré le plus extrême, sera celle de l’Antéchrist lui-même prétendant instaurer l’« âge d’or » par le règne de la « contre-tradition » et en donnant même l’apparence, de la façon la plus trompeuse et aussi la plus éphémère, par la contrefaçon, de l’idée traditionnelle du Sanctum Regnum ; on peut comprendre par là pourquoi, dans toutes les « pseudo-traditions » qui ne sont encore que des « préfigurations » bien partielles et bien faibles de la « contre-tradition » mais qui tendent inconsciemment à la préparer plus directement sans doute que toute autre chose, les conceptions « évolutionnistes » jouent constamment le rôle prépondérant que nous avons signalé. Bien entendu, la « barrière » dont nous parlions tout à l’heure, et qui oblige en quelque sorte ceux pour qui elle existe à tout renfermer à l’intérieur du cycle actuel, est un obstacle plus absolu encore pour les représentants de la « contre-initiation » que pour les simples profanes car, étant orientés uniquement vers la dissolution, ils sont vraiment ceux pour qui rien ne saurait plus exister au delà de ce cycle, et ainsi c’est pour eux surtout que la fin de celui-ci doit être réellement la « fin du monde » dans le sens le plus intégral que l’on puisse donner à cette expression.
Ceci soulève encore une autre question connexe dont nous dirons quelques mots, bien que, à vrai dire, quelques-unes des considérations précédentes y apportent déjà une réponse implicite : dans quelle mesure ceux mêmes qui représentent le plus complètement la « contre-initiation » sont-ils effectivement conscients du rôle qu’ils jouent, et dans quelle mesure ne sont-ils au contraire que des instruments d’une volonté qui les dépasse, et qu’ils ignorent d’ailleurs par là même, tout en lui étant inévitablement subordonnés ? D’après ce que nous avons dit plus haut, la limite entre ces deux points de vue sous lesquels on peut envisager leur action est forcément déterminée par la limite même du monde spirituel dans lequel ils ne peuvent pénétrer en aucune façon ; ils peuvent avoir des connaissances aussi étendues qu’on voudra le supposer quant aux possibilités du « monde intermédiaire » mais ces connaissances n’en seront pas moins toujours irrémédiablement faussées par l’absence de l’esprit qui seul pourrait leur donner leur véritable sens. Évidemment, de tels êtres ne peuvent jamais être des mécanistes ni des matérialistes, ni même des « progressistes » ou des « évolutionnistes » au sens vulgaire de ces mots et, quand ils lancent dans le monde les idées que ceux-ci expriment, ils le trompent sciemment ; mais ceci ne concerne en somme que l’« antitradition » négative, qui n’est pour eux qu’un moyen et non un but, et ils pourraient, tout comme d’autres, chercher à excuser cette tromperie en disant que « la fin justifie les moyens ». Leur erreur est d’un ordre beaucoup plus profond que celle des hommes qu’ils influencent et « suggestionnent » par de telles idées, car elle n’est pas autre chose que la conséquence même de leur ignorance totale et invincible de la vraie nature de toute spiritualité ; c’est pourquoi il est beaucoup plus difficile de dire exactement jusqu’à quel point ils peuvent être conscients de la fausseté de la « contre-tradition » qu’ils visent à constituer puisqu’ils peuvent croire très réellement qu’en cela ils s’opposent à l’esprit, tel qu’il se manifeste dans toute tradition normale et régulière, et qu’ils se situent au même niveau que ceux qui le représentent en ce monde ; et en ce sens, l’Antéchrist sera assurément le plus « illusionné » de tous les êtres. Cette illusion a sa racine dans l’erreur « dualiste » dont nous avons parlé ; et le dualisme, sous une forme ou sous une autre, est le fait de tous ceux dont l’horizon s’arrête à certaines limites, fût-ce celles du monde manifesté tout entier et qui, ne pouvant ainsi résoudre, en la ramenant à un principe supérieur, la dualité qu’ils constatent en toutes choses à l’intérieur de ces limites, la croient vraiment irréductible et sont amenés par là même à la négation de l’Unité suprême, qui en effet est pour eux comme si elle n’était pas. C’est pourquoi nous avons pu dire que les représentants de la « contre-initiation » sont finalement dupes de leur propre rôle et que leur illusion est même véritablement la pire de toutes, puisque, en définitive, elle est la seule par laquelle un être puisse, non pas être simplement égaré plus ou moins gravement, mais être réellement perdu sans retour ; mais évidemment, s’ils n’avaient pas cette illusion, ils ne rempliraient pas une fonction qui, pourtant, doit nécessairement être remplie comme toute autre pour l’accomplissement même du plan divin en ce monde.
Nous sommes ainsi ramenés à la considération du double aspect « bénéfique » et « maléfique » sous lequel se présente la marche même du monde, en tant que manifestation cyclique, et qui est vraiment la « clef » de toute explication traditionnelle des conditions dans lesquelles se développe cette manifestation, surtout quand on l’envisage, comme nous l’avons fait ici, dans la période qui mène directement à sa fin. D’un côté, si l’on prend simplement cette manifestation en elle-même, sans la rapporter à un ensemble plus vaste, sa marche tout entière, du commencement à la fin, est évidemment une « descente » ou une « dégradation » progressive, et c’est là ce qu’on peut appeler son sens « maléfique » ; mais d’un autre côté, cette même manifestation, replacée dans l’ensemble dont elle fait partie, produit des résultats qui ont une valeur réellement « positive » dans l’existence universelle, et il faut que son développement se poursuive jusqu’au bout, y compris celui des possibilités inférieures de l’« âge sombre », pour que l’« intégration » de ces résultats soit possible et devienne le principe immédiat d’un autre cycle de manifestation, et c’est là ce qui constitue son sens « bénéfique ». Il en est encore ainsi quand on considère la fin même du cycle : au point de vue particulier de ce qui doit alors être détruit, parce que sa manifestation est achevée et comme épuisée, cette fin est naturellement « catastrophique » au sens étymologique où ce mot évoque l’idée d’une « chute » soudaine et irrémédiable ; mais d’autre part, au point de vue où la manifestation, en disparaissant comme telle, se trouve ramenée à son principe dans tout ce qu’elle a d’existence positive, cette même fin apparaît au contraire comme le « redressement » par lequel, ainsi que nous l’avons dit, toutes choses sont non moins soudainement rétablies dans leur « état primordial ». Ceci peut d’ailleurs s’appliquer analogiquement à tous les degrés, qu’il s’agisse d’un être ou d’un monde : c’est toujours, en somme, le point de vue partiel qui est « maléfique », et le point de vue total, ou relativement tel par rapport au premier, qui est « bénéfique », parce que tous les désordres possibles ne sont tels qu’en tant qu’on les envisage en eux-mêmes et « séparativement », et que ces désordres partiels s’effacent entièrement devant l’ordre total dans lequel ils rentrent finalement et dont, dépouillés de leur aspect « négatif », ils sont des éléments constitutifs au même titre que toute autre chose ; en définitive, il n’y a de « maléfique » que la limitation qui conditionne nécessairement toute existence contingente, et cette limitation n’a elle-même en réalité qu’une existence purement négative. Nous avons parlé tout d’abord comme si les deux points de vue, « bénéfique » et « maléfique », étaient en quelque sorte symétriques ; mais il est facile de comprendre qu’il n’en est rien, et que le second n’exprime que quelque chose d’instable et de transitoire, tandis que ce que représente le premier a seul un caractère permanent et définitif, de sorte que l’aspect « bénéfique » ne peut pas ne pas l’emporter finalement, alors que l’aspect « maléfique » s’évanouit entièrement, parce que, au fond, il n’était qu’une illusion inhérente à la « séparativité ». Seulement, à vrai dire, on ne peut plus alors parler proprement de « bénéfique », non plus que de « maléfique », en tant que ces deux termes sont essentiellement corrélatifs et marquent une opposition qui n’existe plus car, comme toute opposition, elle appartient exclusivement à un certain domaine relatif et limité ; dès qu’elle est dépassée, il y a simplement ce qui est, et qui ne peut pas ne pas être, ni être autre que ce qu’il est ; et c’est ainsi que, si l’on veut aller jusqu’à la réalité de l’ordre le plus profond, on peut dire en toute rigueur que la « fin d’un monde » n’est jamais et ne peut jamais être autre chose que la fin d’une illusion.
Глава XL Конец мира
Все то, что мы описали в ходе этого исследования, составляет в сумме то, что вообще можно назвать «знамениями времени», согласно евангельскому выражению, то есть знамениями, предшествующими «концу мира» или цикла, который только представляется «концом мира», без какого-нибудь ограничения или спецификации, а именно, для тех, кто ничего не видит по ту сторону границ этого самого цикла; конечно, это очень извинительная ошибка перспективы, имеющей не менее пагубные последствия в неоправданных и чрезмерных страхах, которые она рождает у тех, кто в недостаточной мере отрешился от земного существования; и разумеется, это как раз те, кто слишком легко творит для себя эту ошибочную концепцию по причине узости самой их точки зрения. На самом деле, можно насчитать, таким образом, множество «концов мира», поскольку существуют циклы очень различной длительности, неким образом друг в друге заключающиеся, так что одно и то же понятие всегда можно аналогичным образом приложить ко всем степеням и на всех уровнях; но очевидно, что они обладают весьма неравной значительностью, так же, как и сами циклы, с которыми они соотносятся, и в этом отношении следует признать, что тот, который мы здесь рассматриваем, несомненно, обладает большей важностью, чем многие другие, поскольку он есть конец манвантары в целом, то есть временного существования того, что собственно можно назвать человечеством, что, повторим ещё раз, никоим образом не означает, что это будет конец земного мира самого по себе, поскольку через «восстановление», которое осуществится в последний момент, сам этот конец непосредственно станет началом другой манвантары.
В связи с этим есть ещё один пункт, который мы должны разъяснить более точным образом: сторонники «прогресса» привыкли говорить, что «золотой век» не в прошлом, а в будущем; что касается нашей манвантары, то истина, напротив, состоит в том, что он, конечно же, реально был в прошлом, поскольку он есть не что иное, как само «первоначальное состояние». В одном смысле, однако, он сразу и в прошлом и в будущем, но при условии, если мы не будем ограничиваться настоящей манвантарой и рассматривать последовательность земных циклов, так как относительно будущего речь с необходимостью идёт о «золотом веке» другой манвантары; он, следовательно, отделен от нашей эпохи «барьером», поистине непроницаемым для профанов, которые об этом говорят и которые не ведают того, что они говорят, когда возвещают близкий приход «новой эры», относя его к современному человечеству. Их ошибка, доведенная до самого крайнего предела, будет ошибкой самого Антихриста, претендующею установить «золотой век» через воцарение «контртрадиции» к создать самым обманчивым и самым эфемерным способом его видимость через подделку традиционной идеи Священного царства, (Sanctum Regnum); исходя из этого, можно понять, почему во всех «псевдотрадициях», которые суть ещё только весьма частные и слабые «прообразы контртрадиции», но которые бессознательно стремятся её подготовить более непосредственно, чем что-либо другое, «эволюционистские» концепции постоянно играют преобладающую роль, о чем мы упоминали. Разумеется, «барьер», о котором мы только что говорили и который в некотором роде должен тех, для кого он существует, совершенно закрыть внутри настоящего цикла, является препятствием ещё более абсолютным для представителей «контртрадиции»,чем для простых профанов, так как будучи устремленными исключительно к распаду, они поистине суть те, для кого ничего не будет существовать по ту сторону цикла, и таким образом, для них, в особенности, его конец должен быть реально «концом мира» в самом полном смысле, какой только можно придать этому выражению.
Это поднимает ещё один смежный вопрос, о чём мы скажем несколько слов, хотя, по правде говоря, некоторые из предшествующих наблюдений уже содержат имплицитный ответ на них: в какой мере те, кто полнее всего представляют «контринициацию», действительно осознают ту роль, которую они играют, а. в какой мере они суть лишь инструменты превосходящей их воли, о которой они, тем не менее, не знают, вопреки тому, что они совершенно неизбежно ей подчинены? Согласно сказанному выше, граница между этими двумя точками зрения, с которых можно рассматривать их деятельность, с необходимостью определена границей духовного мира, в который они не могут проникнуть никоим образом; они могут иметь познания, касающиеся возможностей «промежуточного мира», настолько обширные, насколько захотят, но эти познания всегда будут неисцелимо фальшивыми, из-за отсутствия духа, который один только может им придать истинный смысл. Очевидно, что такие человеческие существа никогда не могут быть ни механицистами, ни материалистами, ни даже «прогрессистами» или «эволюционистами» в вульгарном смысле слова, и если они забрасывают в мир выражающие это идеи, то они его умышленно обманывают; но в целом это касается лишь негативной «антитрадиции», являющейся для них лишь средством, а не целью, и они могли бы вместе с другими сказать, что «цель оправдывает средства». Их ошибка гораздо более глубокого порядка, чем ошибка людей, которых они подвергают «внушению» и влиянию со стороны таких идей, так как она есть не что иное, как следствие их тотального и непобедимого незнания истинной природы всякой духовности; вот почему гораздо труднее сказать в точности, до какой степени они осознают ложность «контртрадиции», которую они намереваются установить, поскольку они на самом деле могут верить в то, что тем самым противостоят духу, каким он проявляется во всякой нормальной и регулярной традиции, и что они располагаются на том же уровне, что и те, кто её представляет в этом мире; и в этом смысле, Антихрист будет, конечно, иллюзией, самым «обольщенным» из всех существ. Эта иллюзия укоренена в «дуалистической» ошибке, о которой мы говорили; а дуализм, в той или иной форме, есть дело всех тех, чей горизонт остаётся в определённых границах, пусть это будет граница мира, полностью проявленного, и кто, не будучи таким образом способным разрешить дуальность, сводя её к высшему принципу, констатирует её во всех вещах внутри этих границ, полагает её поистине несводимой и приходит тем самым к отрицанию высшего единства, которое для них есть, на деле, как если бы его и вовсе не было. Вот почему мы можем сказать, что представители «контринициации» окончательно обмануты своей собственной ролью и что их иллюзия есть поистине худшая из всех, поскольку, в конце концов, она является единственной, через которую человек может не только более или менее сильно отклоняться, но и реально пропасть безвозвратно; но очевидно, что если бы у них не было этой иллюзии, то они бы не исполняли функцию, которую, однако, необходимо должны исполнять, как и все остальные, ради самого выполнения божественного плана в этом мире.
Таким образом, мы достигли рассмотрения двойного, «благотворного» и «пагубного», аспекта, в котором предстаёт сам ход этого мира в качестве циклического проявления и который, поистине, есть «ключ» любого традиционного объяснения условий, в которых развертывается это проявление, в особенности, когда его рассматривают, как это мы и делали здесь, в период, который прямо ведет к его концу. С одной стороны, если брать просто это проявление само по себе, не соотнося с более обширным ансамблем, то его ход в целом, от начала до конца, есть, очевидно, «спуск» или «прогрессивная» деградация, и в этом состоит то, что можно назвать его «зловещим» смыслом; но с другой стороны, то же самое проявление, помещенное в ансамбле, часть которого оно составляет, производит результаты, обладающие реальной «позитивной» ценностью во всеобщем существовании, и надо, чтобы его развертывание дошло до конца, включая низшие возможности «темного времени», чтобы «интеграция» этих результатов стала возможной и явилась непосредственным принципом другого цикла проявления, и как раз это составляет его «благотворный» смысл. Так же обстоит дело, когда рассматривают сам конец цикла: с частной точки зрения того, что должно быть разрушено, поскольку его проявление закончено и как бы исчерпано, этот конец, естественно, «катастрофичен» в этимологическом смысле этого слова, который указывает на идею внезапного и непоправимого «падения»; но с другой стороны, с точки зрения, при которой проявление, исчезая как таковое, оказывается приведенным к своему принципу во всем том, что оно имело от позитивного существования, тот же самый конец обнаружится, напротив, как «восстановление», через которое, как мы уже говорили, все вещи не менее внезапно будут вновь поставлены в их «первоначальное состояние». Впрочем, это может применяться ко всем ступеням, идёт ли речь об одном существе или о мире: в сумме, частная точка зрения всегда «пагубна», а точка зрения «тотальная», по крайней мере, в большей степени, чем первая, «благотворна», потому что всякий возможный беспорядок таков лишь постольку, поскольку его рассматривают сам по себе и «отдельно», и потому что эти частные беспорядки полностью исчезают перед лицом всеобщего порядка, в который они, в конечном счёте, входят и которого они, лишённые своего «негативного» аспекта, суть составные элементы, как и всякое другое; в результате, «пагубным» является лишь ограничение, необходимо обуславливающее любое случайное существование, а это ограничение само, в действительности, имеет лишь чисто негативное существование. Мы говорили сначала, как если бы обе точки зрения, «благотворная» и «пагубная», были бы в некотором роде симметричны; но легко понять, что это вовсе не так, и что вторая точка зрения выражает лишь нечто нестабильное и переходное, тогда как то, что представляет первую, одно лишь обладает постоянным и определённым характером, так что, в конечном счёте, «благотворный» аспект не может не одолеть его, тогда как «пагубный» аспект полностью исчезает, потому что, по существу, он был лишь иллюзией, присущей «разделению». Только, по правде говоря, тогда уже нельзя говорить собственно о «благотворном», а тем более о «пагубном», поскольку эти два термина существенным образом коррелятивны и обозначают оппозицию, которая больше не существует, потому что, как и всякая оппозиция, она принадлежит к относительной и ограниченной сфере; как только она превзойдена, тогда просто есть то, что есть, и что не может не быть или же быть иным, чем оно есть; и таким образом, если хотят дойти до реальности самого глубокого порядка, можно сказать со всей строгостью, что «конец мира» никогда не есть и никогда не может быть чем-нибудь другим, кроме как концом иллюзии.