Chapitre XXXII Le néo-spiritualisme
Nous venons de parler de ceux qui, voulant réagir contre le désordre actuel, mais n’ayant pas les connaissances suffisantes pour pouvoir le faire d’une manière efficace, sont en quelque sorte « neutralisés » et dirigés vers des voies sans issue ; mais, à côté de ceux-là, il y a aussi ceux qu’il n’est que trop facile de pousser au contraire plus loin sur le chemin qui mène à la subversion. Le prétexte qui leur est donné, dans l’état présent des choses, est le plus souvent celui de « combattre le matérialisme », et assurément la plupart y croient sincèrement ; mais, tandis que les autres, s’ils veulent aussi agir dans ce sens, en arrivent simplement aux banalités d’une vague philosophie « spiritualiste » sans aucune portée réelle, mais du moins à peu près inoffensive, ceux-ci sont orientés vers le domaine des pires illusions psychiques, ce qui est bien autrement dangereux. En effet, alors que les premiers sont tous plus ou moins affectés à leur insu par l’esprit moderne, mais non pas assez profondément cependant pour être tout à fait aveuglés, ceux dont il s’agit maintenant en sont entièrement pénétrés et se font d’ailleurs généralement gloire d’être « modernes » ; la seule chose qui leur répugne, parmi les manifestations diverses de cet esprit, c’est le matérialisme, et ils sont tellement fascinés par cette idée unique qu’ils ne voient même pas que bien d’autres choses, comme la science et l’industrie qu’ils admirent, sont étroitement dépendantes, par leurs origines et par leur nature même, de ce matérialisme qui leur fait horreur. Il est dès lors facile de comprendre pourquoi une telle attitude doit maintenant être encouragée et diffusée : ceux-là sont les meilleurs auxiliaires inconscients qu’il soit possible de trouver pour la seconde phase de l’action antitraditionnelle ; le matérialisme ayant à peu près fini de jouer son rôle, ce sont eux qui répandront dans le monde ce qui doit lui succéder ; et ils seront même utilisés pour aider activement à ouvrir les « fissures » dont nous parlions précédemment car, dans ce domaine, il ne s’agit plus seulement d’« idées » ou de théories quelconques, mais aussi, en même temps, d’une « pratique » qui les met en rapport direct avec les forces subtiles de l’ordre le plus inférieur ; ils s’y prêtent d’ailleurs d’autant plus volontiers qu’ils sont complètement illusionnés sur la véritable nature de ces forces, et qu’ils vont même jusqu’à leur attribuer un caractère « spirituel ».
C’est là ce que nous avons appelé, d’une façon générale, le « néo-spiritualisme », pour le distinguer du simple « spiritualisme » philosophique ; nous pourrions presque nous contenter de le mentionner ici « pour mémoire », puisque nous avons déjà consacré par ailleurs des études spéciales à deux de ses formes les plus répandues ; mais il constitue un élément trop important, parmi ceux qui sont spécialement caractéristiques de l’époque contemporaine, pour que nous puissions nous abstenir de rappeler au moins ses traits principaux, réservant d’ailleurs pour le moment l’aspect « pseudo-initiatique » que revêtent la plupart des écoles qui s’y rattachent (à l’exception toutefois des écoles spirites qui sont ouvertement profanes, ce qui est d’ailleurs exigé par les nécessités de leur extrême « vulgarisation »), car nous aurons à revenir particulièrement là-dessus un peu plus tard. Tout d’abord, il convient de remarquer qu’il ne s’agit point là d’un ensemble homogène, mais de quelque chose qui prend une multitude de formes diverses, bien que tout cela présente toujours assez de caractères communs pour pouvoir être réuni légitimement sous une même dénomination ; mais ce qui est le plus curieux, c’est que tous les groupements, écoles et « mouvements » de ce genre sont constamment en concurrence et même en lutte les uns avec les autres, à tel point qu’il serait difficile de trouver ailleurs, à moins que ce ne soit entre les « partis » politiques, des haines plus violentes que celles qui existent entre leurs adhérents respectifs, alors que pourtant, par une singulière ironie, tous ces gens ont la manie de prêcher la « fraternité » à tout propos et hors de propos ! Il y a là quelque chose de véritablement « chaotique » qui peut donner, même à des observateurs superficiels, l’impression du désordre poussé à l’extrême ; et en fait, c’est bien là un indice que ce « néo-spiritualisme » représente une étape déjà assez avancée dans la voie de la dissolution.
D’autre part, le « néo-spiritualisme », en dépit de l’aversion qu’il témoigne à l’égard du matérialisme, lui ressemble cependant encore par plus d’un côté, si bien qu’on a pu employer assez justement, à ce propos, l’expression de « matérialisme transposé », c’est-à-dire, en somme, étendu au delà des limites du monde corporel ; ce qui le montre très nettement, ce sont ces représentations grossières du monde subtil et soi-disant « spirituel » auxquelles nous avons déjà fait allusion plus haut, et qui ne sont guère faites que d’images empruntées au domaine corporel. Ce même « néo-spiritualisme » tient aussi aux étapes antérieures de la déviation moderne, d’une façon plus effective, par ce qu’on peut appeler son côté « scientiste » ; cela encore, nous l’avons signalé en parlant de l’influence exercée sur ses diverses écoles par la « mythologie » scientifique du moment où elles ont pris naissance ; et il y a lieu de noter aussi tout spécialement le rôle considérable que jouent dans leurs conceptions, d’une façon tout à fait générale et sans aucune exception, les idées « progressistes » et « évolutionnistes » qui sont bien une des marques les plus typiques de la mentalité moderne et qui suffiraient ainsi, à elles seules, à caractériser ces conceptions comme un des produits les plus incontestables de cette mentalité. Ajoutons que celles mêmes de ces écoles qui affectent de se donner une allure « archaïque » en utilisant à leur façon des fragments d’idées traditionnelles incomprises et déformées, ou en déguisant au besoin des idées modernes sous un vocabulaire emprunté à quelque forme traditionnelle orientale ou occidentale (toutes choses qui, soit dit en passant, sont en contradiction formelle avec leur croyance au « progrès » et à l’« évolution »), sont constamment préoccupées d’accorder ces idées anciennes ou prétendues telles avec les théories de la science moderne ; un tel travail est d’ailleurs sans cesse à refaire à mesure que ces théories changent, mais il faut dire que ceux qui s’y livrent ont leur besogne simplifiée par le fait qu’ils s’en tiennent presque toujours à ce qu’on peut trouver dans les ouvrages de « vulgarisation ».
Outre cela, le « néo-spiritualisme », par sa partie que nous avons qualifiée de « pratique », est encore très conforme aux tendances « expérimentales » de la mentalité moderne » et c’est par là qu’il arrive à exercer peu à peu une influence sensible sur la science elle-même, et à s’y insinuer en quelque sorte au moyen de ce qu’on appelle la « métapsychique ». Sans doute, les phénomènes auxquels celle-ci se rapporte méritent, en eux-mêmes, d’être étudiés tout aussi bien que ceux de l’ordre corporel ; mais ce qui prête à objection, c’est la façon dont elle entend les étudier en y appliquant le point de vue de la science profane ; des physiciens (qui s’entêtent à employer leurs méthodes quantitatives jusqu’à vouloir essayer de « peser l’âme » !) et même des psychologues, au sens « officiel » de ce mot, sont assurément aussi mal préparés que possible à une étude de ce genre et, par là même, plus susceptibles que quiconque de se laisser illusionner de toutes les façons. Il y a encore autre chose : en fait, les recherches « métapsychiques » ne sont presque jamais entreprises d’une façon indépendante de tout appui de la part des « néo-spiritualistes », et surtout des spirites, ce qui prouve que ceux-ci entendent bien, en définitive, les faire servir à leur « propagande » ; et ce qui est peut-être le plus grave sous ce rapport, c’est que les expérimentateurs sont mis dans de telles conditions qu’ils se trouvent obligés d’avoir recours aux « médiums » spirites, c’est-à-dire à des individus dont les idées préconçues modifient notablement les phénomènes en question et leur donnent, pourrait-on dire, une « teinte » spéciale, et qui d’ailleurs ont été dressés avec un soin tout particulier (puisqu’il existe même des « écoles de médiums ») à servir d’instruments et de « supports » passifs à certaines influences appartenant aux « bas-fonds » du monde subtil, influences qu’ils « véhiculent » partout avec eux, et qui ne manquent pas d’affecter dangereusement tous ceux, savants ou autres, qui viennent à leur contact et qui, par leur ignorance de ce qu’il y a au fond de tout cela, sont totalement incapables de s’en défendre. Nous n’y insisterons pas davantage, car nous nous sommes déjà suffisamment expliqué ailleurs sur tout cela, et nous n’avons en somme qu’à y renvoyer ceux qui souhaiteraient plus de développements à cet égard ; mais nous tenons à souligner, parce que c’est là encore quelque chose de tout à fait spécial à l’époque actuelle, l’étrangeté du rôle des « médiums » et de la prétendue nécessité de leur présence pour la production de phénomènes relevant de l’ordre subtil ; pourquoi rien de tel n’existait-il autrefois, ce qui n’empêchait nullement les forces de cet ordre de se manifester spontanément, dans certaines circonstances, avec une tout autre ampleur qu’elles ne le font dans les séances spirites ou « métapsychiques » (et cela, bien souvent, dans des maisons inhabitées ou dans des lieux déserts, ce qui exclut l’hypothèse trop commode de la présence d’un « médium » inconscient de ses facultés) ? On peut se demander s’il n’y a pas réellement, depuis l’apparition du spiritisme, quelque chose de changé dans la façon même dont le monde subtil agit dans ses « interférences » avec le monde corporel, et ce ne serait là, au fond, qu’un nouvel exemple de ces modifications du milieu que nous avons déjà envisagées en ce qui concerne les effets du matérialisme ; mais ce qu’il y a de certain, en tout cas, c’est qu’il y a là quelque chose qui répond parfaitement aux exigences d’un « contrôle » exercé sur ces influences psychiques inférieures, déjà essentiellement « maléfiques » par elles-mêmes, pour les utiliser plus directement en vue de certaines fins déterminées, conformément au « plan » préétabli de l’œuvre de subversion pour laquelle elles sont maintenant « déchaînées » dans notre monde.
Глава XXXII Неоспиритуализм
Мы только что говорили о тех, кто, желая выступить против современного беспорядка, но не имея достаточных познаний для того, чтобы это сделать действенным образом, оказывается некоторым образом «нейтрализованным» и направленным по тупиковым путям; но наряду с ними есть ещё и такие, которых слишком легко подтолкнуть ещё дальше по той дороге, которая ведет к разрушению. При настоящем состоянии вещей чаще всего принимается предлог «битвы с материализмом», и разумеется, большинство этому искренне верит; тогда как другие, если они хотят действовать в этом направлении, просто приходят к банальностям туманной «спиритуалистской» философии, не имеющей никакого реального значения, но, по крайней мере, почти безопасной, – эти ориентированы на область чистых психических иллюзий, что гораздо более опасно. Действительно, тогда как первые все более или менее заражены помимо их воли современным духом, но при этом не настолько глубоко, чтобы быть совершенно ослепленными, то те, о которых сейчас идёт речь, им проникнуты совершенно и, в основном, даже почитают за славу быть «современными»; единственное, что их отталкивает среди различных проявлений этого духа, это материализм, и они так загипнотизированы этой единственной идеей, что даже не видят, что очень многие вещи, такие, как наука и промышленность, которыми они восхищаются, непосредственно зависят, по своему происхождению и по самой природе, от того самого материализма, который вызывает у них ужас. И тогда легко понять, почему такая установка теперь должна поощряться и распространяться: они являются её лучшими бессознательными помощниками, которых только можно найти во второй фазе для антитрадиционного действия; материализм почти закончил играть свою роль, и именно они будут распространять в мире то, что за ним последует; и их даже будут использовать для активной помощи при открытии «трещин», о которых мы выше говорили, так как в этой области речь уже идёт не только об «идеях» или каких-то теориях, но одновременно и о «практике», которая ставит их в прямое отношение с тонкими силами самого низшего порядка; впрочем, они предаются этому тем более охотно, что находятся в полнейшей иллюзии относительно подлинной природы этих сил и доходят даже до того, что придают им «духовный» характер.
Мы это вообще назвали «неоспиритуализмом», чтобы отличить от простого философского «спиритуализма»; мы могли бы здесь ограничиться лишь его упоминанием, поскольку уже посвятили специальные исследования двум из его наиболее распространенных форм; но он представляет собою слишком важный элемент среди особо характерных для современной эпохи, чтобы мы могли не напомнить о нем здесь, по крайней мере, в главных чертах, опуская, впрочем, на время аспект «псевдопосвящения», свойственный большинству связанных с этим школ (за исключением, однако, спиритических школ, открыто профанных, что, впрочем, вызвано их крайней «популяризацией»), так как мы специально вернемся к этому несколько позже. Прежде всего следует отметить, что речь здесь вовсе не идёт об однородном ансамбле, но о чем-то, имеющим множество различных форм, хотя все это обладает всегда достаточно общими чертами, чтобы было законно объединить это под одним наименованием; но самым любопытным является то, что все группы, школы и «движения» такого рода постоянно конкурируют и даже воюют друг с другом до такой степени, что трудно найти где-нибудь в другом месте, разве что среди политических «партий», ненависть столь же неистовую, как та, которая существует между их сторонниками, тогда как по странной иронии все эти люди, тем не менее, обладают манией проповедовать «братство» по любому поводу и без всякого повода! Поистине в этом есть что-то «хаотическое», что может производить впечатление доведенного до предела беспорядка даже на поверхностного наблюдателя; фактически, это есть знак того, что этот «неоспиритуализм» представляет собою этап, уже достаточно далеко продвинувшийся по пути распада.
С другой стороны, «неоспиритуализм», вопреки отвращению, выказываемому им по отношению к материализму, сходен с ним, однако, больше, чем одной только стороной, так что достаточно справедливо можно использовать по отношению к нему выражение «преобразованный материализм», то есть, по сути, распространенный за пределы телесного мира; особенно чётко это видно на его грубых представлениях тонкого и так называемого «духовного» мира, о чем мы уже выше упоминали, которые есть не что иное, как образы, заимствованные из телесной сферы. Тем, что можно называть его «сайентистской» стороной, этот самый «неоспиритуализм» также придерживается предшествующих этапов; и это мы уже отмечали, говоря о влиянии, осуществляемом на эти различные школы научной «мифологией» с момента их рождения; уместно совершенно особо отметить также ту важную роль, которую в их концепции играют, самым всеобщим образом и без всякого исключения, «прогрессистские» и «эволюционистские» идеи, являющиеся одними из наиболее типичных отметок современной ментальности и которых одних только было бы достаточно для характеристики этих концепций как одного из самых бесспорных продуктов этой ментальности. Добавим, что те самые из этих школ, которые стараются придать себе «архаический» вид, по-своему используя фрагменты плохо понятых и деформированных традиционных идей или одевая, в случае необходимости, современные идеи словами, заимствованными из какой-нибудь восточной или западной формы (все это, скажем по ходу дела, находится в полном противоречии с их верой в «прогресс» и в «эволюцию»), постоянно заняты согласованием этих древних или предполагаемых древними идей с теориями современной науки; эта работа, впрочем, без конца переделывается по мере того, как эти теории меняются, но надо сказать, что те, кто этим занят, имеют перед собой упрощенную работу, поскольку они почти всегда придерживаются того, что можно найти в «популярных» произведениях.
Кроме того, «неоспиритуализм» своей, согласно нашей квалификации, «практической» стороной также очень соответствует «экспериментальным» тенденциям современной ментальности; и именно этим ему мало-помалу удается осуществить заметное влияние на саму науку и проникать туда посредством того, что называется «метафизикой». Несомненно, феномены, к которым она имеет отношение, сами по себе заслуживают исследования, так же, как и феномены телесного порядка; но возражения вызывает тот способ, которым она думает их изучать, применяя к ним точку зрения профанной науки; физики (которые упорствуют в использовании своих количественных методов, вплоть до желания «взвесить душу») и даже «психологи» в официальном смысле этого слова, разумеется, настолько плохо подготовлены к изучению явлений такого рода, насколько возможно, и по этой самой причине более, чем кто-либо иной, подвержены всевозможным иллюзиям. К этому можно добавить, что, в действительности, «метафизические» исследования почти никогда не бывают независимыми от поддержки со стороны «неоспиритуалистов» и, в особенности, спиритов, что, в конечном счёте, свидетельствует об их намерении заставить служить своей «пропаганде»; но, может быть, самым серьёзным в этом отношении является то, что экспериментаторы оказываются в таких условиях, что они вынуждены прибегать к помощи спиритов – «медиумов», то есть индивидов, предвзятые идеи которых значительно изменяют рассматриваемые феномены и придают им, можно сказать, особую «окраску», и которые, к тому же, с особой заботой (поскольку существуют даже «школы медиумов») обрабатываются для того, чтобы служить инструментом и пассивной «поддержкой» определённых влияний, принадлежащих ко «дну» тонкого мира, влияний, которые они повсюду вместе с собою «перемещают» и не преминут опасно заразить ими всех тех, ученых и всяких других, кто вступает с ними в контакт и кто в силу своего незнания о том, что содержится в глубине всего этого, не способен защищаться от этого. Мы не будем больше останавливаться на этом, потому что уже в другом месте достаточно все это объяснили; мы можем отослать к этим разъяснениям всех тех, кто хотел бы узнать об этом подробнее; но, поскольку это совершенно особым образом характерно для современной эпохи, мы хотим подчеркнуть странность роли «медиумов» и предполагаемого необходимого их присутствия для произведения феноменов, относящихся к тонкому миру; почему в прошлом ничего подобного не существовало, что вовсе не мешало силам этого порядка спонтанно проявляться, смотря по обстоятельствам, совершенно в других размерах, чем это они осуществляют в спиритических или «метапсихических» сеансах (и довольно часто в необитаемых домах или в пустынных местах, что исключает гипотезу, слишком удобную, присутствия бессознательного «медиума» этих способностей)? Можно спросить себя, не изменилось ли в действительности что-либо со времени появления спиритизма в самом способе, которым тонкий мир действует в ходе своих «интерференции» в телесный мир, и не является ли это, по существу, лишь ещё одним новым примером изменений среды, которые мы уже рассматривали, касаясь результатов материализма; но, во всяком случае, можно с уверенностью сказать, что в этом есть нечто, в совершенстве отвечающее требованиям «контроля», осуществляемого над этими низшими психическими влияниями, «пагубными» по своей сути, чтобы их можно было бы использовать более непосредственно для каких-то определённых целей согласно с предустановленным «планом» разрушительной работы, для которой они теперь в нашем мире и «спущены с цепи».